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27/04/2020 08:35 EDT | Actualisé 01/05/2020 14:49 EDT

L'océan Arctique subit d'importants changements

Le sommet du monde est en train de se renverser, selon la première évaluation générale de l'océan Arctique canadien.

Tom Jaksztat / 500px via Getty Images

Un nouveau rapport sur l’océan Arctique canadien décrit un vaste écosystème dans une fluctuation sans précédent: des courants océaniques jusqu’aux habitudes et aux types d’animaux qui y nagent. C’est le fruit du travail de dizaines de scientifiques fédéraux et d’observateurs Inuit.

L’océan Arctique, où les changements climatiques ont créé le plus d’impacts, pourrait bien changer plus rapidement que n’importe quelle autre étendue d’eau sur la Terre, selon Andrea Niemi, chercheure en chef chez Pêches et Océans Canada.

Les fluctuations sont si rapides que les scientifiques n’ont même pas eu la chance de comprendre ce qu’il s’y passe.

Au fur et à mesure que l’Arctique évoluera, le reste de l’écosystème va suivre avec ces changements. Il n’y aura aucun délai.Andrea Niemi, chercheure en chef chez Pêches et Océans Canada

Soixante pour cent des espèces dans le Bassin Canada - comme les vers retrouvés vivants dans des volcans de boue sous-marins - n’ont toujours pas été découvertes, selon l’étude.

“Qui sait ce qui se trouve d’autres là-bas?, s’est demandé Mme Niemi. Il y a tant de choses dans l’Arctique, nous en sommes toujours au premier pas.”

La première estimation des espèces de poissons dans la mer de Beaufort n’a pas été faite avant 2014, a-t-elle fait remarquer.

Pourtant, les changements sont difficiles à rater, jusqu’à la composition de l’eau. Les rivages bougent. L’érosion a plus que doublé au cours des récentes décennies.

La variété des espèces change

Les épaulards deviennent si communs qu’ils altèrent le comportement d’autres espèces comme les narvals et les bélugas desquelles dépendent les Inuits. Les saumons du Pacifique, les capelans et les phoques du Groënland migrent du sud.

“Dans certains cas, les communautés sortent leurs filets et n’attrapent que du saumon”, a fait remarquer Mme Niemi.

Les effets du saumon sur d’autres espèces est inconnu.

Les espèces côtières de poisson sont trouvées de plus en plus fréquemment beaucoup plus loin au large. Les phoques annelés ne peuvent pas compléter leur période de mue avant que la glace ne casse et les températures élevées dans l’océan semblent les rendre léthargiques et susceptibles de devenir des proies des ours polaires.

Les êtres humains font également sentir leur présence. La navigation accrue dans l’Arctique rend l’océan plus bruyant et étouffe les sons que les animaux comme les phoques et les baleines utilisent pour communiquer.

CORRECTION: Dans cette dépêche transmise le 26 avril au sujet d’une étude sur l’océan Arctique, La Presse canadienne a erronnément rapporté que l’eau y était 33 pour cent moins salée qu’en 2003. En réalité, cette donnée ne concernait que le gyre de Beaufort situé dans la partie occidentale de l’océan.

Nous écrivions aussi que l’eau était également 30 pour cent plus acide. Il s’agit en fait d’une moyenne mondiale, mais les recherches laissent entendre que l’océan Arctique est plus affecté par ce phénomène que les autres étendues d’eau salée.