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Aux États-Unis la tendance est au double masque, mais qu'en dit la science?

Pour se protéger contre les nouveaux variants du coronavirus, de plus en plus d'Américains portent deux masques. Mais quelle protection offrent-ils réellement?

Deux valent-ils toujours mieux qu’un seul? Pour se protéger du coronavirus, le port du double masque devient une véritable tendance aux États-Unis. Est-ce un simple effet de mode afin de cacher le triste masque chirurgical, ou ce choix vestimentaire propose-t-il un véritable avantage face à la COVID-19?

Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont notamment été aperçus avec un double masque à plusieurs reprises.

Pour ses partisans, le port du double masque se justifie par l’arrivée de nouveaux variants beaucoup plus contagieux de la COVID-19. Le variant britannique est arrivé sur le territoire américain fin décembre et il serait entre 30 et 70% plus transmissible que la souche d’origine.

En conséquence, de nombreux Américains et certains experts ont estimé que les masques actuels n’étaient plus suffisants pour faire barrière au virus, en particulier les masques monocouches en tissu.

Ceux-ci n’arrêtent en effet qu’une partie des aérosols, ces microparticules de salive de susceptibles de transmettre la COVID-19. Et si ces virus mutés contaminent plus facilement, il faut limiter le nombre qui peut passer à travers les mailles du filet.

Une solution de «bon sens»

Les masques N95, plus efficaces, sont bien plus chers et moins disponibles. Pour rendre plus protecteurs les masques grand public, les doubler est alors apparu comme une solution aisée à mettre en oeuvre.

Linsey Marr et Monica Gandhi, professeures de l’Université de Californie et de Virginia Techn défendent notamment cette idée. Pour une “protection maximale”, expliquent les professeurs dans un commentaire publié mi-décembre, la population pourrait porter un masque en tissu au-dessus d’un masque chirurgical. Dans cette combinaison, le masque chirurgical agirait comme un filtre. Le masque en tissu, quant à lui, fournirait une couche supplémentaire de filtration tout en permettant un meilleur ajustement.

L’initiative a dans un premier temps reçu l’approbation du professeur Anthony Fauci, conseiller scientifique à la Maison-Blanche. Doubler les masques fonctionne comme “une couverture physique qui empêche les gouttelettes et le virus de passer” a expliqué Faucy à l’émission Today le 25 janvier. “Si vous ajoutez une autre couche, c’est du bon sens que cela sera plus efficace”, analysait le conseiller.

Une efficacité en cours d’évaluation

La communauté scientifique se veut toutefois prudente quant à l’efficacité du port du double masque.

“Les doubles masques sont une intention louable, mais ils n’ont pas été encore étudiés” dans des études scientifiques rigoureuses, rappelle au Boston Globe le docteur William Schaffner, spécialiste en maladie infectieuse à la Vanderbilt University School of Medicine.

Un manque de recul qui a poussé le professeur Anthony Fauci à revenir en partie sur ses propos lors d’une interview à CNN le 28 janvier. “Le CDC (Center for Diseases Control) ne recommande pas de porter deux masques” précise le conseiller. Car “la chose plus importante c’est que tout le monde porte un masque”.

En effet, les recommandations du CDC relatives au port des masques n’ont pas été pour le moment modifiées. Mais cela pourrait changer. S’exprimant auprès de CNN, la directrice du CDC, Rochelle Walensky, a déclaré qu’une étude mesurant la “capacité de protection” des doubles masques était en cours. “Dans le contexte des nouveaux variants, de nouvelles données seront à venir” a prévenu la directrice du CDC.

Ce texte a initialement été publié sur le HuffPost France.

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