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19/07/2019 15:09 EDT | Actualisé 22/07/2019 13:29 EDT

Que font les supermarchés pour l'environnement?

Petit bilan des plus récentes initiatives écologiques des grandes bannières au Québec.

d3sign via Getty Images

Dans cette course vers l’écoresponsabilité, plusieurs grandes chaînes d’alimentation se sont engagées à trouver des solutions environnementales dans la quête visant non seulement à réduire leur empreinte écologique, mais aussi à permettre aux consommateurs de faire des choix écologiques.  

Voici donc un bilan des grandes chaînes telles que Metro (incluant aussi les épiceries Super C et Adonis), Sobeys (IGA, Rachelle-Béry, Bonichoix et Tradition) ainsi que Loblaws (Provigo, Maxi et Maxi&Cie). Pour leur part, les magasins Costco n’ont pas souhaité discuter d’initiatives écolos avec HuffPost Québec, nous renvoyant à leur site web.

► De nouvelles applications

Chaque année au Canada, plus de 11 millions de tonnes d’aliments consommables sont directement jetées à la poubelleDans l’objectif de contrer le gaspillage alimentaire, Loblaws et Sobeys ont mis à disposition des applications destinées aux consommateurs afin de favoriser la récupération d’aliments qui approchent de leur date d’expiration.  

Les applications Flashfood et FoodHero, respectivement chez Maxi, Maxi&Cie et Provigo ainsi que chez IGA, vous offrent des rabais sur des produits alimentaires qui arrivent à expiration. Aucun aliment n’est exempté, qu’il s’agisse de la viande, du fromage, des fruits et légumes ou des produits surgelés. Il vous suffit de choisir le magasin de votre choix, d’ajouter vos articles dans votre panier, de payer en ligne et d’aller récupérer vos emplettes à l’épicerie sélectionnée. 

L’application Flashfood offre un rabais de 50% sur tous ses produits mis en ligne. Le projet a été déployé à travers les 114 Maxi et Maxi&Cie ainsi que les 25 Provigo. Depuis la sortie de l’application, en début d’année, Loblaws a permis d’éviter le gaspillage de plus de 163 000 kg de nourriture, a souligné Geneviève Poirier, spécialiste des affaires corporatives et des communications chez Loblaws.  

Application Flashfood

De son côté, l’application FoodHero offre des rabais variant généralement entre 30 à 60%, mais le système n’est implanté qu’à travers six magasins. À compter du 12 aout l’application sera disponible dans 21 nouveaux IGA. Éventuellement, Sobeys et FoodHero veulent rendre le système disponible à travers les 300 IGA du Québec. Environ 200 produits alimentaires sont disponibles chaque jour dans les épiceries participantes.  

Application FoodHero


► Réduire le gaspillage alimentaire 

Dans les succursales IGA, en collaboration avec le Jour de la Terre et La Tablée des Chefs, le fond éco-IGA offre les ateliers «À vos frigos» et des conférences gratuites pour les consommateurs ou les entreprises. Ces activités ont pour objectif de sensibiliser les gens sur le gaspillage alimentaire. 

«Souvent on pointe du doigt les supermarchés et les restaurants, mais disons qu’en tant que consommateur on en fait beaucoup à la maison [du gaspillage alimentaire]», a expliqué Anne-Hélène Lavoie, aux communications chez Sobeys. Ainsi, les ateliers qui sont donnés questionnent les individus sur les solutions possibles avant de jeter directement la nourriture à la poubelle, a-t-elle ajouté. 

Que vous soyez citoyen ou chef d’entreprise, vous pouvez vous informer sur ce projet dans l’onglet À vos frigos du site du Jour de la Terre. Toutefois, les dates pour la prochaine année ne sont pas encore dévoilées.

De son côté, Loblaws envisage de réduire considérablement la perte de nourriture consommable. «Il est inadmissible à nos yeux qu’il y ait encore tant de gaspillage alimentaire quand tant de gens souffrent de la faim, ici même», a souligné Geneviève Poirier. C’est pourquoi la bannière a entrepris de réduire ses envois de matières résiduelles dans les sites d’enfouissement de 50% d’ici 2025. 

Pour ce faire, la bannière collabore avec les Banques alimentaires du Québec afin de leur donner les aliments qui approchent de leur date d’expiration. «Nous faisons ainsi une pierre deux coups, puisque nous contribuons à lutter contre la faim et le gaspillage alimentaire», a-t-elle ajouté. L’an dernier, plus de 150 000 kg de nourriture ont été redistribués à travers diverses banques alimentaires de partout au Québec. 

Pour sa part, Metro effectue un projet-pilote dans vingt-cinq de ses magasins. Des rabais de 30% sont offerts sur les produits qui approchent de leur date d’expiration. Pour les aliments qui n’auront pas été vendus, ils seront remis aux banques alimentaires chez les épiceries desservies par un organisme participant. S’il connait une popularité auprès des consommateurs, le projet-pilote pourrait s’étendre à d’autres magasins. 

Depuis 2014, plus de 175 Metro et Super C collaborent avec les Banques alimentaires du Québec afin de redistribuer les aliments qui arrivent à expiration. «Pour nous, en 2018 seulement, c’est plus de 2,6 millions de kg de fruits, de légumes, de pain, de produits laitiers, et surtout de viande, qui ont évité les sites d’enfouissement; ça représente aussi plus de 5 232 000 repas à travers la province qui ont pu être mangés par des familles», a mentionné Isabelle Salesse. 

► Laisser la place au «vrac»

Le vrac, popularisé depuis quelques années déjà, est un bon choix qui s’offre aux consommateurs pour contrer le suremballage, une pratique très polluante. 

Depuis avril dernier, Metro offre la possibilité à ses clients d’apporter leurs plats réutilisables en plastique ainsi que des sacs à glissière aux comptoirs de la charcuterie, des mets cuisinés, de la viande, de la poissonnerie et des pâtisseries.  De leur côté, les marchés Maxi, Provigo, Adonis, Super C, IGA et Rachelle-Béry offrent aussi la possibilité du remplissage «en vrac», mais cette option n’est disponible que dans certaines succursales et que pour certains produits. 

Sobeys envisage de permettre l’apport de contenants recyclables, entre autres, dans la rangée des mets cuisinés. «Il y a beaucoup de consommateurs qui nous questionnent, des consommateurs qui sont interpellés par tout ce qui touche le développement durable, l’environnement et le gaspillage alimentaire, donc bien entendu on va regarder s’il y a des changements à faire en magasin», a expliqué Anne-Hélène Lavoie.

Or, le défi principal de l’entreprise demeure la sécurité alimentaire ce qui explique pourquoi le «projet-test» est actuellement sous évaluation. Avant que le programme ne soit mis en place dans l’ensemble des magasins, Sobeys veut s’assurer que les consommateurs sont prêts à faire la transition vers le vrac. 

«Il y a quinze ans, on avait produit des sacs réutilisables en coton et c’était une très bonne idée, sauf qu’on est resté avec une pile de sacs dans nos entrepôts parce que le consommateur n’était pas prêt», a-t-elle ajouté. 

Loblaws, pour sa part, mène présentement un projet pilote d’une durée de trois mois sur l’utilisation de contenants recyclables. «Nous avons été très prudents avec ce dossier, puisqu’il est question de la santé et du bien-être de nos clients et que nous ne voulons prendre aucun risque», a souligné Genevière Poirier. 

Pour les aliments en vrac, 60% de l’ensemble des supermarchés Provigo offrent ce service pour divers aliments depuis la fin de l’année 2016. Le vrac commence aussi à s’installer dans les Maxi. 

► Moins de plastique 

Les sacs, les sacs, on entend beaucoup parler d’eux ces temps-ci. Les sacs en plastique à la caisse sont déjà interdits dans certaines municipalités, selon les règlements en vigueur. Et avec le plan du gouvernement Trudeau de bannir les sacs de plastique à usage unique d’ici 2021, plusieurs politiques environnementales adoptées par les entreprises risquent d’être accélérées. D’ici là, en voici quelques-unes mises en vigueur par les supermarchés. 

Metro envisage de réduire de moitié son utilisation de sacs de plastique à usage unique d’ici 2023 ainsi que de réduire le suremballage et le plastique dans sa section des produits frais. Le dossier fédéral sur les politiques encadrant l’utilisation des déchets de plastique sera suivi de près par la bannière, a souligné Isabelle Salesse, conseillère aux communications chez Metro. Des sacs réutilisables pour les fruits et légumes sont disponibles dans la majorité de ses épiceries. 

Chez Sobeys, en ce qui concerne la section des fruits et légumes, des sacs en filet sont mis à la disposition des consommateurs. «C’est sûr qu’il y a du progrès à faire là-dessus, mais on regarde la situation de près. Les demandes viennent du consommateur et on est là pour travailler avec eux», a soulevé Anne-Hélène Lavoie. 

HuffPost Québec
Les épiceries IGA offrent un ensemble de quatre sacs faits de plastique recyclé pour 7,99$.

En ce qui concerne les politiques sur les sacs de plastique, Loblaws travaille sur le projet, mais n’a pas encore mis en place un plan d’action. Le dossier sera suivi de près. En début d’été, la bannière s’est associée avec la compagnie Loop qui permettra aux consommateurs, dès 2020, de recevoir des plats préparés des grandes chaines nationales telles que le Choix du Président dans des contenants réutilisables livrés à la maison. «Une fois vide, Loop reprend les contenants consignés, les nettoie et les remplit de nouveau», a expliqué Geneviève Poirier.  

Rappelons que près de 8 millions de déchets de plastique se retrouvent dans les océans chaque année. «Si la tendance actuelle continue, il y aura en 2050 plus de plastiques que de poissons dans les océans», a déclaré Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, lors de la Journée mondiale de l’environnement. Difficile de contrer l’industrie du plastique, qui constitue l’un des enjeux environnementaux les plus alarmants, et qui est devenue vingt fois plus importante, entre 1996 et 2014.

 

Mise à jour: Les paragraphes faisant mention de la collaboration entre la bannière Metro et les Banques alimentaires du Québec ont été ajoutés ultérieurement. 

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