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«Big Brother Célébrités»: «J’ai vraiment compris c’était quoi les petits lapins», confie Emmanuel Auger

Le père de famille qui dit haïr profondément la chicane avoue avoir été malheureux à plusieurs moments en raison de la bisbille et des rumeurs circulant dans la maison.
Emmanuel Auger
Emmanuel Auger

Les joueurs le savaient. Les téléspectateurs le savaient. Les dernières semaines dans le manoir de Big Brother Célébrités ont été difficiles pour Emmanuel Auger, pour qui l’éloignement de sa famille représentait un poids de plus en plus lourd à porter.

Le participant qui avait mis au clair son désir de quitter la partie avoue tout de même avoir eu une petite frousse à la suite de la réaction de Kevin, frustré «de ne jamais rien gagner». Les joueurs qui avaient trouvé sa réaction inacceptable allaient-ils déroger du plan et voter pour le départ de Kevin à la place d’Emmanuel?

Tout est finalement rapidement rentré dans l’ordre pour Emmanuel.

S’il ne connaissait rien des règles de Big Brother au départ, il affirme aimer tous les gens rencontrés au milieu de ce groupe rempli de personnalités plus colorées les unes que les autres. Mais celui qui affirme détester la chicane aura toutefois été bien servi, un peu trop à son goût, d’ailleurs...

Comment s’est déroulée ta sortie?

Il faut être à jour dans les épisodes. Tu te tapes sept semaines en deux jours. Donc j’en avais [jusque-là] de Big Brother [rires]. Au début, je ne voulais pas tout regarder. Mais finalement, j’étais content. Parce qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne voit pas [de l’intérieur] et d’autres choses dont on a été témoin et on se dit «Ah, vous l’avez bien montré!»

Un exemple?

Il y a eu beaucoup de chicanes, de bisbilles, de chicanes de coq. Ça se chicanait dans cette maison-là! Un rien et on amenait de la bisbille. Et moi qui hais profondément la chicane, j’ai été très malheureux à plusieurs reprises. La production n’est pas là pour défaire ton image. Par contre, si tu crées une situation par toi-même, et que ça a une conséquence sur l’histoire, ils n’ont pas le choix de le montrer.

Est-ce que tu penses à l’épisode de Marie-Chantal Toupin en disant ça?

Entre autres. Il est arrivé des choses avec Camille et Kevin. Et il y a bien d’autres choses qu’ils auraient pu mettre.

«Ne me dites pas que personne savait que Varda et Marie-Chantal ça n’allait pas éclater. Juste dans le poster, elles ont l’air de se chicaner!»

- Emmanuel Auger

On a beaucoup parlé de clash des générations, de diversité, de santé mentale. Est-ce que tu t’attendais à ce que cette aventure fasse ressortir autant ces thèmes?

Sûr et certain. C’est un casting de 15 personnes. Tu veux provoquer. C’est sûr qu’il va y avoir des clashs. Il y en a beaucoup qui travaillaient là-dessus qui avaient aussi travaillé sur Occupation Double. C’est voulu de savoir que lui va se pogner avec lui, elle va se pogner avec elle. Ne me dites pas que personne ne savait que Varda et Marie-Chantal ça n’allait pas éclater. Juste dans le poster, elles ont l’air de se chicaner!

Dans cette maison, il y a des troublemakers professionnels qui se faisaient un malin plaisir à inventer des situations, des chicanes. «Il a dit ça… Il paraît qu’il a dit ça...» Ce n’était pas vrai et ils savaient que ce n’était pas vrai. Ils voulaient juste qu’un pogne les nerfs après l’autre. C’est un jeu bien bizarre, et ça, je m’en suis aperçu au fur et à mesure. Quand tu ne connais pas les règlements, que tu les apprends au cours du jeu, tu as quelques mauvaises surprises. J’en ai eu plusieurs.

Dans les chicanes que tu as pu avoir, ce qui nous vient en tête est d’abord l’opposition avec Camille…

Camille, je l’admire comme comédienne. C’est une grande comédienne. On fait le même métier, mais on a 27 ans de différence. J’ai l’âge de son père et j’ai une fille qui est plus vieille qu’elle. Un moment donné je me disais: «Camille, tu n’es pas obligée d’être mon amie. On peut se respecter.»

Par exemple, moi, jouer au loup-garou, ça ne me tentait pas. Elle disait: «Oui, mais c’est super le fun, on jouait à ça au camp de vacances.» Oui, mais ton camp de vacances, ça fait cinq ans que tu l’as fait! Moi mon camp de vacances, ça fait quarante ans! Ça n’existait pas le loup-garou. Se mettre en ligne et chanter «Si tu aimes le soleil tape des mains» ça passe le temps, mais moi, je décroche.

Moi, je ne vais pas me faire des lulus, me faire des couettes. Je ne me maquille pas et je ne vais pas me mettre du cutex dans la chambre avec mes trois chums de filles qui ont 30, 25 et 21 ans. C’est normal, je ne leur en veux pas! Je les regardais dans la caméra elles étaient tout le temps en train de se coiffer et se maquiller. C’est correct! C’est leur âge de faire ça! Mais ce n’est pas le mien. Respecte le fait que moi j’aime mieux prendre la guitare de Claude et jouer de la guitare et chanter avec Max.

«La production m’a dit qu’ils sont allés regarder deux jours en arrière parce que eux aussi cherchaient les propos inacceptables.»

- Emmanuel Auger

Pour toi, c’était normal que ça se passe comme ça.

Oui, il y a eu ce clash. Mais que je ne comprenais pas. C’était normal. Elle a eu une réaction complètement disproportionnée dans une situation complètement ridicule [dans l’épisode où Camille a dénoncé le fait d’avoir été qualifiée de «gamine», NDLR]. Au début, c’était que j’avais insulté quelqu’un dans la maison avec des propos inacceptables. C’est ça que les gens disaient. Que j’avais tenu des propos inacceptables. Même moi, je me demandais c’était quoi les propos. La production m’a dit qu’ils sont allés regarder deux jours en arrière parce qu’eux aussi cherchaient les propos inacceptables. Avant qu’elle ne le dise au confessionnal: «Il m’a dit que j’avais des lulus et que j’avais l’air d’une gamine.» Je l’ai dit, et j’ai dit qu’elle était belle, super belle.

Quand j’ai vu ça, j’ai pensé à Richard Martineau dans le Journal de Montréal, qui parle de la «génération des petits lapins». Là, j’ai vu la génération des petits lapins. J’étais sidéré. Dans une autre situation, j’aurais tenu des propos homophobes envers Jean-François. Je suis allé tout de suite en haut pour le voir. Il m’a dit: «Je n’ai aucune idée de quoi tu me parles.» C’est encore un exemple de gens qui prenaient plaisir à transmettre des rumeurs.

Le confinement peut exacerber les passions...

Tu as juste ça à faire, bitcher. Moi, mon pire ennemi a été le temps, mais pas pour les mêmes raisons. Moralement, le temps a été dévastateur pour moi. De ruminer, de réfléchir. Douze heures à réfléchir, tu ne dors plus.

Tu t’étais fixé des objectifs?

Je savais, me connaissant, que je ne pouvais pas viser le mois d’avril. C’était beaucoup trop long. Je me suis dit, premier objectif, ne sors pas le premier. Deuxième objectif, j’espérais me rendre au 8 février. Il ne se passe rien, le gouvernement a dit qu’on est en confinement jusqu’au 8 février. Ensuite je me suis dit: «Je me donne ma fête, le 23 février.» Mais entre le 8 et le 23, ouf! Il est arrivé beaucoup de situations, la situation toxique dans la maison où je n’étais plus capable d’entendre les gens mentir entre eux. Être tellement méchants. L’être humain peut être très méchant. Et ça ne me tentait pas d’embarquer là-dedans, j’étais très triste de voir ça. Tout ça mélangé avec l’inquiétude par rapport à ma famille, comment ça se passe dehors, mes enfants ont besoin de moi, je suis père de famille.

On a vu ton épuisement lors de la discussion de groupe autour de la table et l’attitude de Kevin.

J’étais épuisé moralement, physiquement, psychologiquement. Mais j’ai eu peur, pour vrai. Je savais que les gens commençaient à en avoir ras-le-bol de ses pétages de coche. Quand c’est arrivé, j’ai été obligé d’aller voir les gens en disant «Ce n’est plus mon problème. Je ne veux pas payer pour lui. Ne me faites pas payer pour lui [en me gardant une semaine de plus à sa place]. Psychologiquement, je ne pouvais pas rester une journée de plus. Ils ont respecté ça parce qu’ils le voyaient.

On se rapproche tranquillement de la finale. As-tu déjà pensé à qui ton vote pourrait aller?

Jean. Thomas. Jobin. Sans l’ombre d’un doute s’il est encore là. C’est un joueur brillant, il a réussi à se rendre là sans faire de mal à personne. Il ne dénigre personne. Il a de l’empathie pour les gens. Il est brillant, il va toujours arriver à expliquer d’une façon logique sa décision. J’ai beaucoup de respect pour Jean-Thomas. J’en avais avant, j’en ai encore plus. Et s’il y a un gars qui m’a aidé dans l’aventure, qui a toujours été là pour m’appuyer, c’est lui.

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