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04/06/2019 16:28 EDT | Actualisé 05/06/2019 07:31 EDT

Une entente pour réduire les listes d'attente à la DPJ

La première étape du plan établi entre un CIUSSS et un syndicat vise à stabiliser les équipes de travail en offrant davantage de postes à temps plein.

MinoruM via Getty Images

MONTRÉAL — Signe que les choses commencent à changer en matière de protection de la jeunesse: une entente entre un CIUSSS et le syndicat qui représente notamment les travailleuses sociales permettra de stabiliser les équipes et, ultimement, de réduire les listes d’attente à la DPJ en recrutant à l’externe.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud de l’île de Montréal a ainsi conclu une entente pour rehausser 500 postes dans l’ensemble de l’établissement, dont 165 dans les équipes jeunesse.

L’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux) qui représente les travailleuses sociales, techniciennes en assistance sociale et autres, se félicite de cette entente et espère qu’elle inspirera d’autres centres. Le grand syndicat présente lui-même ce CIUSSS comme “un précurseur”.

Des postes

La première étape du plan vise à offrir une meilleure sécurité d’emploi pour stabiliser les équipes de travail. Ainsi, davantage de postes seront offerts aux travailleurs qui ne sont pas titulaires d’un poste et ceux qui sont à temps partiel se feront offrir jusqu’à l’équivalent d’un poste à temps complet, a expliqué en entrevue Assunta Gallo, directrice de la protection de la jeunesse à ce CIUSSS.

Marie-Claude Lévesque, directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS, précise que 350 employés n’avaient pas de poste et détiendront ainsi un poste, alors que 130 à temps partiel se feront offrir du temps complet ou plus de journées.

La mesure touche les travailleuses sociales, techniciennes en assistance sociale, agentes de relations humaines, psychoéducatrices, réviseures, criminologues, avocates et psychologues.

Ce CIUSSS s’est aussi engagé à ouvrir 50 postes à l’externe à des recrues. “Il y a une bonne partie qui se finance d’elle-même par une courbe normale d’absences ou de remplacements requis dans une année”, a expliqué Mme Lévesque.

Conscient du problème de recrutement et de stabilité des équipes, le CIUSSS avait déjà commencé à rehausser les postes en protection de la jeunesse avant que survienne la tragédie de la fillette de Granby, qui a entraîné une prise de conscience partout au Québec.

Mais Mme Gallo concède que depuis le décès de la fillette de Granby, ”ça nous a tous ébranlés; on a été tous très touchés par ça et on a voulu trouver d’autres solutions pour mieux répondre aux besoins des enfants, ceux qui se retrouvent sur la liste d’attente”.

Faudra aussi plus d’argent

De son côté, la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, a dit souhaiter que d’autres centres au Québec s’inspirent de ce qui a été conclu avec ce CIUSSS.

“C’est certain que quand on donne des postes à des gens, ça vient stabiliser la structure de postes, sécuriser les gens, sécuriser les équipes de travail”, a souligné Mme Dubé, qui dénonce depuis des années les conditions dans lesquelles ses membres sont appelés à travailler: surcharge de travail, travailleurs sur appel, à statut précaire et autres.

“On va espérer surtout que le gouvernement donne de l’argent supplémentaire. C’est beau: on a une belle commission qui s’en vient. Mais à très court terme, il faut qu’il y ait de l’argent pour réduire la charge de travail de nos intervenants”, a plaidé Mme Dubé.

Simon Dubé, président du syndicat local de l’APTS, confirme que l’employeur avait déjà annoncé qu’il voulait rehausser les postes et accroître le nombre de titulaires de postes. “Je pense que la situation de Granby a simplement été un catalyseur. En ce qui concerne notre employeur, c’était déjà quelque chose qui était annoncé, qu’on voyait peut-être comme déploiement en deux ou trois ans. Mais, finalement, la situation fait en sorte qu’on agit très rapidement”, s’est-il réjoui.

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