POLITIQUE
22/05/2019 16:21 EDT | Actualisé 22/05/2019 17:51 EDT

Pas d'entente à rabais avec New York, demande l'opposition officielle à Legault

L’opposition officielle a ainsi remis en doute mercredi les aptitudes de négociateur du chef caquiste.

PC/Graham Hughes

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault ne doit pas conclure une “entente à rabais” sur le dos des Québécois pour exporter de l’électricité à New York.

L’opposition officielle a ainsi remis en doute mercredi les aptitudes de négociateur du chef caquiste dans une mission qui sent “l’improvisation”.

Le premier ministre était en visite à New York de dimanche à mardi notamment pour convaincre la Ville d’acheter les surplus d’Hydro-Québec. Il a laissé entendre que tout contrat pour vendre ces surplus à un tarif qui est supérieur à zéro cent le kilowatt/heure est avantageux pour Hydro-Québec.

Le porte-parole libéral en matière d’énergie, Saul Polo, lui reproche d’entamer ainsi ces négociations dans une position de faiblesse et de brader les ressources naturelles des Québécois.

“Je me questionne comme n’importe quel contribuable qui voit son compte d’Hydro augmenter chaque année, a déclaré le député de Laval-des-Rapides dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. On offre une entente tellement alléchante qu’on se demande quel est l’avantage pour les Québécois.”

Il ne faut pas signer un contrat à tout prix à la sauvette, une “entente à rabais”, a insisté M. Polo, sans tenir compte des “répercussions à long terme d’une entente bâclée”.

 

Le député libéral a notamment rappelé dans une mise en garde que les bassins des barrages n’ont pas toujours été aussi pleins et qu’il faut songer à long terme aux changements climatiques.

Il s’inquiète également du niveau de préparation de cette mission, alors que le premier ministre a annoncé, mardi, la visite du président-directeur général d’Hydro, Éric Martel, à New York dans les prochains jours.

Selon M. Polo, M. Martel aurait dû accompagner M. Legault, comme d’ailleurs le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, lui aussi absent alors qu’il s’agit de son portefeuille. Il a rappelé que lorsque le premier ministre caquiste a rencontré son homologue ontarien Doug Ford l’automne dernier pour lui proposer d’acheter l’électricité québécoise, encore une fois il était seul.

“Je parlerais même d’une certaine improvisation, a déploré le député de Laval-des-Rapides. Si le premier ministre va aborder l’enjeu de l’énergie avec les Américains, au minimum, il devrait être accompagné de son ministre responsable et du président d’Hydro, afin que les liens soient faits sur-le-champ et que les discussions puissent se poursuivre après coup.”

Rappelons que la mission de François Legault fait suite à l’intention manifestée en avril par le maire de New York, Bill de Blasio, de s’approvisionner davantage en hydro-électricité du Québec en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre de sa ville. New York pourrait ainsi signer un contrat pouvant aller jusqu’à 5 térawatts/heure (tWh).

La société d’État québécoise a estimé ses surplus d’énergie à 12,6 TWh pour 2019. Un projet d’entente d’approvisionnement de 9,45 TWh par an avec le Massachusetts est actuellement à l’étude, mais n’a pas encore abouti.