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13/04/2020 14:23 EDT | Actualisé 13/04/2020 19:25 EDT

Des enseignants conscrits comme préposés aux bénéficiaires? La CSQ reste dans le flou

Le ministère publiera sous peu un guide d'application sur cet arrêté ministériel.

Alan Rubio via Getty Images

La CSQ affirme être contrainte d’ ”éteindre des feux” depuis que Québec a annoncé, vendredi, un arrêté ministériel qui permet de transférer du personnel de l’éducation vers la santé.

Est-ce qu’un enseignant pourrait être conscrit comme préposé aux bénéficiaires? On ne le sait pas, “on n’a aucune idée comment ça va se traduire”, a déploré Sonia Éthier, présidente de la CSQ, en entrevue lundi.

L’annonce de l’arrêté ministériel a semé l’inquiétude au sein des membres de la Centrale des syndicats du Québec, qui se demandent quels titres d’emplois seront touchés, dans quel ordre, dans quelles régions et quand.

Il faut dire que la CSQ représente non seulement la majorité des enseignants au Québec, mais aussi les professionnels de l’éducation et les employés du soutien scolaire. Quelque 125 000 de ses 200 000 membres sont en éducation.

Depuis, la CSQ a appris que le ministère publiera sous peu un guide d’application sur cet arrêté ministériel. Celui-ci devrait clarifier l’ordre des priorités, par exemple. Elle l’attend avec impatience.

Un précédent arrêté ministériel avait déjà permis le transfert de personnel de soutien scolaire vers le milieu de la santé et la Fédération du personnel de soutien scolaire de la CSQ rapporte que cela posait des problèmes de formation.

Les consignes sur le nettoyage et l’hygiène dans les établissements de santé ne sont pas nécessairement les mêmes qu’en milieu scolaire. Et cela aurait intérêt à être clarifié, a-t-on affirmé.

Services de garde d’urgence

Par ailleurs, Mme Éthier réitère sa demande d’obtenir une prime de 3 $ l’heure pour les travailleuses dans les services de garde d’urgence, soit celles qui s’occupent des enfants des travailleurs de la santé et autres jugés essentiels.

Mme Éthier a écrit une lettre à ce sujet aux ministres de l’Éducation, Jean-François Roberge, et de la Famille, Mathieu Lacombe.

Lundi, elle affirmait attendre toujours une réponse à ce sujet.

Des milliers d’enseignants du collégial pourraient être conscrits

Selon des données obtenues par La Presse canadienne, près de 3700 travailleurs du collégial pourraient être conscrits, selon une hypothèse large.

Des milliers de travailleurs du secteur collégial pourraient être forcés par le gouvernement Legault d’aller travailler dans les hôpitaux et les CHSLD.

C’est l’estimation dressée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à la suite d’un arrêté ministériel publié tout récemment.

Selon cet arrêté signé par la ministre de la Santé, Danielle McCann, le gouvernement peut redéployer des enseignants du collégial sur la ligne de front dans la lutte au coronavirus.

Par exemple des professeurs en soins infirmiers, en travail social ou en analyses biomédicales pourraient être contraints d’aller oeuvrer dans le réseau de la santé, où les besoins sont criants.

En grande majorité, il s’agit de professeurs en soins infirmiers (1797), mais il y a aussi des professeurs de biologie (549), de technique d’éducation à l’enfance (448), de travail social (229), de radiologie (119).

Un nombre plus élevé de personnes pourrait être touché en fait: il s’agit d’une calcul fondé sur des postes ”équivalent temps complet”, c’est-à-dire autant des enseignants à plein temps que de plusieurs postes à mi-temps qui sont additionnés pour faire un plein temps.

La CSN s’inquiète des règles de mise en oeuvre de l’arrêté ministériel, contenues dans un guide d’application qui devrait être rendu public mardi. Le syndicat demande ce qui adviendrait, par exemple, des enseignants qui refuseraient d’être affectés dans un centre hospitalier.

“On met la charrue avant les boeufs, a déclaré Caroline Quesnel, la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), affiliée à la CSN. Est-ce que ça va être obligatoire ou du volontariat? Ça jette une certaine confusion, déjà qu’on n’en manquait pas.”

L’enseignement à distance fait partie de la liste des services essentiels, donc le personnel enseignant dans le domaine de la santé est en train de finir l’année scolaire à former des cohortes d’étudiants. Il y a donc un dilemme qui se pose.

“Qui va être requis (à aller travailler dans le réseau) à court terme? Va-t-on considérer ceux qui sont à mi-temps avant ceux qui sont à plein temps? Par ordre de priorité? D’ancienneté? Par ordre alphabétique? On n’en sait rien.”