Le double d'enfants iront à l'école le ventre vide, prévoit le Club des petits déjeuners

Le Club des petits déjeuners sollicite la générosité des Canadiens afin de recueillir 10 M$ pour répondre à la croissance des besoins.

MONTRÉAL — Près de deux fois plus d’enfants risquent d’arriver à l’école le ventre vide chaque matin durant cette année scolaire au Canada en raison des mises à pied causées par la pandémie, estime le Club des petits déjeuners en lançant sa campagne annuelle de la rentrée.

L’organisme, qui fournit des repas avant les classes à 257 000 élèves dans 1887 écoles primaires et secondaires du pays, projette que la faim pourrait désormais toucher 2,1 millions d’enfants, soit 45 % d’entre eux.

«S’il y a un moment où on veut être présents, c’est à cette rentrée scolaire, parce qu’il va y avoir beaucoup, beaucoup de familles qui vont se retrouver dans une situation où (elles) n’auront pas assez de nourriture», a insisté le directeur général Tommy Kulczyk, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Le Club des petits déjeuners sollicite donc la générosité des Canadiens afin de recueillir 10 millions $ pour répondre à la croissance des besoins.

«Les jeunes devraient tous avoir la même chance de réussir.»

- Tommy Kulczyk

La demande pour ses services est d’autant plus forte que 522 organismes et écoles étaient déjà sur la liste d’attente pour créer un «club» avant même que la COVID-19 ne bouleverse la société et que plusieurs autres vont vraisemblablement s’y ajouter, selon M. Kulczyk.

«Les jeunes devraient tous avoir la même chance de réussir, a-t-il résumé. Le minimum, c’est qu’ils aient l’énergie nécessaire pour bien comprendre. C’est important que les jeunes de partout au Canada puissent avoir un déjeuner pour bien partir la journée.»

L’organisme estimait au cours des dernières années qu’il en coûterait 500 millions $ par an pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables du pays. Il proposait que le gouvernement fédéral assume la moitié de la facture et que les provinces et territoires, les municipalités, le secteur privé et la population se partagent le reste.

M. Kulczyk constate que le Canada est «le seul pays du G7» qui n’a pas de programme national de nutrition scolaire, soit une politique universelle visant à s’assurer que tous les enfants ont accès à un repas sain au quotidien.

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