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11/06/2019 17:00 EDT

Sachets de détergent: l'empoisonnement chez les plus de cinq ans augmente

Au Québec, le nombre d'empoisonnements est passé de huit en 2014 à 38 expositions en 2018.

Juanmonino via Getty Images

Au Québec comme aux États-Unis, le nombre d’enfants de plus de cinq ans qui se sont empoisonnés avec des sachets de détergent à lessive a explosé d’au moins 300 pour cent depuis quelques années.

Les chercheurs de l’hôpital pédiatrique Nationwide, dans l’Ohio, ont constaté un bond de 300 pour cent des expositions chez les enfants de plus de six ans entre 2012 et 2017. Deux enfants de moins de deux ans sont morts pendant cette période.

La situation est similaire au Québec. Des données fournies par le Centre antipoison révèlent qu’on est passé de huit expositions chez les plus de cinq ans en 2014 à 38 expositions en 2018, soit une augmentation de 375 pour cent.

Ces sachets sont arrivés sur le marché en 2012. Leur présentation colorée les rendait toutefois attrayants et plusieurs incidents d’enfants empoisonnés après les avoir croqués ont été rapportés. Les produits chimiques toxiques qu’ils contiennent peuvent interférer avec le système nerveux central et le système respiratoire. Ils peuvent aussi causer des blessures graves aux yeux et aux poumons.

Un «challenge» risqué

Puis, à la fin de 2017, le «Tide Pod challenge» a fait surface: des adolescents se mettaient au défi de mordre dans ces sachets et de mettre les images en ligne sur les réseaux sociaux.

«C’est difficile pour moi de dire ce qui est derrière (l’augmentation de 375 pour cent), puisqu’on ne peut pas distinguer ce qui est huit ans de ce qui est 18 ans, a commenté la directrice médicale du Centre, la docteure Maude St-Onge. Mais certainement le ‘Tide Pod challenge’ est un phénomène dont l’envergure augmentait et pour lequel on a envoyé plusieurs messages de prévention. (...) L’idéal est de ne pas avoir ces produits-là à la maison si on est capables d’utiliser autre chose.»

En revanche, les expositions chez les moins de cinq ans ont reculé de près de 34 pour cent, passant de 148 à 98, un phénomène que la docteure St-Onge juge «encourageant».

Au total, le nombre d’enfants qui se sont empoisonnés aux États-Unis a chuté de 18 pour cent entre 2015 et 2017, une réduction que les auteurs d’une nouvelle étude qualifient d’«inacceptable».

L’étude américaine rapporte que les centres antipoison du pays ont reçu près de 73 000 appels concernant ces sachets entre 2012 et 2017. Cela correspond à environ un appel toutes les 42 minutes, dont 92 pour cent qui concernaient des enfants de moins de six ans.

Les auteurs de l’étude écrivent dans le journal médical Pediatrics qu’il serait pertinent de «renforcer les normes actuelles en matière de sécurité des produits pour réduire encore davantage les expositions».

Une situation rare au Québec

Au Québec, les deux plus grands hôpitaux pédiatriques de la province décrivent un phénomène «rare».

«Nous ne suivons pas spécifiquement ce type d’intoxication/ingestion. (...) Je peux vous assurer que c’est relativement rare. Puisque la majorité des ingestions aux savons ne sont pas dangereuses, la majorité des cas sont traités en préhospitalier par le (Centre antipoison du Québec)», a indiqué dans un courriel le docteur Antonio D’Angelo, le chef du département de pédiatrie d’urgence du CHU Sainte-Justine.

Même son de cloche du côté de l’Hôpital de Montréal pour enfants, où on a recensé un maximum de quatre cas par année entre 2013 et 2018 (dont un seul cas par année en 2014, 2015 et 2016).

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