POLITIQUE
24/09/2019 09:01 EDT

Élections: les fonctionnaires invités à la prudence sur les réseaux sociaux

Mais il n'est pas interdit aux fonctionnaires de consacrer leur temps personnel à aider un candidat ou un parti politique.

Chinnapong via Getty Images

OTTAWA — Le plus haut fonctionnaire du pays a lancé un avertissement sévère aux employés du gouvernement fédéral avec ses directives en période électorale, leur rappelant de redoubler de prudence dans les propos qu’ils tiennent sur les médias sociaux.

Les règles relatives à la «convention de transition» sont partagées à l’interne au début de chaque campagne électorale fédérale et cette année, le Bureau du Conseil privé a mis le document en ligne, à la disposition du public pour une deuxième fois.

Ces lignes directrices énoncent les règles que les fonctionnaires fédéraux doivent suivre pour éviter toute allusion partisane au cours d’une campagne électorale politiquement tendue.

Bien qu’il ne soit pas interdit aux fonctionnaires de consacrer leur temps personnel à aider un candidat ou un parti politique, les lignes directrices prévoient que leur implication politique ne doit «pas nuire ou sembler nuire à leur capacité d’exercer leurs fonctions de façon politiquement impartiale». Ce qui inclut toute publication peu judicieuse sur Twitter, Instagram ou Facebook.

«Les employés doivent tenir compte de la nature de leurs tâches au sein de la fonction publique, du niveau et de la visibilité de leur poste, de la nature de l’activité politique et de leur visibilité personnelle», peut-on lire dans une section ajoutée à la nouvelle version du document.

Une attention particulière devrait être accordée aux activités publiques potentiellement très visibles, notamment l’utilisation de comptes personnels de médias sociaux.

Ces règles sont dénoncées par le plus grand syndicat représentant les employés fédéraux, qui estime que ses membres devraient pouvoir s’impliquer politiquement sans avoir à craindre des répercussions.

«Ils ont les mêmes droits politiques que les Canadiens ordinaires — qu’il s’agisse de partager leurs opinions sur les médias sociaux, de participer à une campagne, d’écrire une lettre d’opinion ou même d’assister à un rassemblement — à condition qu’ils le fassent sur leur temps personnel et qu’ils indiquent clairement que ces opinions sont personnelles», a commenté Chris Aylward, président national de l’Alliance de la Fonction publique du Canada.

Un porte-parole du Bureau du Conseil privé, le ministère qui assiste le premier ministre et son cabinet, a répondu que les fonctionnaires avaient le droit de s’engager dans une activité politique «tant que cela ne compromettait pas ou ne semblait pas nuire à la capacité d’accomplir leur devoir de manière politiquement impartiale», mais que cet avertissement a été ajouté cette année, «en raison du rôle des médias sociaux au cours d’une campagne électorale».

Les fonctionnaires ont eu droit à un rappel des règles, la semaine dernière, quand un compte Twitter du gouvernement fédéral a publié un message, supprimé par la suite, concernant des dépenses liées à la stratégie canadienne de lutte contre le racisme, quelques heures après la diffusion de vieilles images montrant le chef libéral Justin Trudeau s’étant foncé la peau avec du maquillage.

La plupart des activités promotionnelles de l’État s’arrêtent brutalement en période électorale, afin que celles-ci ne soient pas perçues comme de la publicité pour le parti en quête d’une réélection.

Le Bureau du Conseil privé a déclaré que le message en question, publié sur Twitter, provenait d’une correction apportée par le ministère du Patrimoine canadien à la version en ligne d’un communiqué de presse. Le document initialement publié le 6 septembre, avant le début de la campagne, mentionnait une promesse de financement d’environ 3,5 millions $, alors que le montant exact était de 3,25 millions $.

La correction a entraîné une publication révisée, «donnant l’impression qu’il s’agissait d’une nouvelle annonce de financement, ce qui n’était pas le cas», a expliqué vendredi le porte-parole du BCP, Stephan Shank. Le BCP a donc demandé au ministère de supprimer le message «étant donné la possible perception» de nouveaux engagements de dépenses.

Les gouvernements sont censés faire preuve de retenue jusqu’à la fin du scrutin et même jusqu’à la convocation des députés à Ottawa, car bien que le gouvernement puisse sembler avoir été réélu, on ne peut pas présumer qu’il obtiendra la confiance de la Chambre des communes, tant que la chambre n’a pas siégé pour le confirmer.

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