POLITIQUE
13/09/2019 13:10 EDT | Actualisé 13/09/2019 18:28 EDT

Jour 3: Entre problèmes de candidats et factures de cellulaire

Les promesses s'accumulent déjà. Mais certains chefs doivent gérer des problèmes de candidats...

Paul Chiasson/PC)
Andrew Scheer (Paul Chiasson/PC)

Le chef néo-démocrate veut réduire vos factures de cellulaire, le chef conservateur veut réduire le coût de vos billets de bus, le chef libéral veut vous encourager à démarrer une PME, surtout si vous êtes une femme ou un autochtone.

Vendredi matin, Jagmeet Singh, Andrew Scheer et Justin Trudeau en étaient à leur troisième jour de campagne et en plus de déballer leurs sacs de promesses électorales, deux de ces trois chefs devaient gérer des problèmes de candidats.

M. Singh était à Toronto pour rappeler sa promesse d’imposer un plafond sur les prix des services de téléphonie cellulaire et d’internet. Et là encore, ses problèmes de recrutement l’ont rattrapé. Il lui manque toujours 136 candidats.

“On va continuer de mettre l’effort et je peux assurer tous les Canadiens que vous pourrez voter pour un néo-démocrate dans chaque comté à travers le pays”, a insisté M. Singh.

Problèmes de candidats

M. Scheer, lui, a plutôt dû se débarrasser d’un candidat. Le Manitobain Cameron Ogilvie avait partagé des commentaires hostiles aux immigrants et aux musulmans sur une page Facebook de son passé récent.

Mais le chef conservateur n’était pas prêt à montrer la porte à deux candidats ontariens auxquels on reproche des commentaires dénigrant les communautés LGBTQ et musulmane.

C’est clair que leur langage était inacceptable et offensif à la communauté LGBT alors je suis content (qu’ils se soient) excusés.Andrew Scheer, chef conservateur

“Les deux candidats que vous avez mentionnés se sont excusés pour leurs paroles”, a répondu M. Scheer aux journalistes en point de presse. “Et c’est clair que leur langage était inacceptable et offensif à la communauté LGBT alors je suis content (qu’ils se soient) excusés”, a-t-il ajouté.

Le chef conservateur était à Mississauga pour promettre un crédit d’impôt sur le transport en commun, une mesure annulée par le gouvernement libéral.

″Ça c’est la vraie assistance pour rendre la vie plus abordable”, a-t-il claironné, balayant du revers de la main les études qui ont conclu que cette mesure n’augmentait pas l’utilisation du transport en commun.

Pas selon le scénario prévu

M. Trudeau a choisi un concessionnaire de véhicules électriques usagés, à Trois-Rivières, pour promettre de l’aide au démarrage d’une petite ou moyenne entreprise.

Les libéraux, s’ils sont réélus, distribueraient chaque année 2000 bourses de 50 000 $ chacune pour favoriser la naissance de nouvelles entreprises. Cette mesure vise particulièrement les entreprises dirigées par des femmes ou des autochtones.

L’hôte de l’annonce libérale, Guillaume André, copropriétaire de Véhicules Simon André, a dit qu’il aurait aimé qu’on lui promette des mesures supplémentaires pour favoriser la vente de véhicules électriques.

Le crédit d’impôt de 5000 $ annoncé lors du dernier budget fédéral est un “bon début”, mais reste “minime” par rapport aux “investissements massifs dans le pétrole, dans les oléoducs”, selon M. André.

M. Trudeau s’est rendu par la suite à Longueuil-Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, pour prêter main-forte à un candidat vedette.

L’ancien ministre péquiste Réjean Hébert s’est livré à une tirade qui aurait été impensable il y a peu de temps, affirmant: “Je vous le dis: les feuilles vont rougir, Longueuil-Saint-Hubert va rougir, la Montérégie va rougir, le Québec et le Canada vont devenir rouges!”

Dans la même circonscription, les verts présentent Pierre Nantel, qui a réaffirmé récemment être un souverainiste convaincu. Le député sortant de Longueuil-Saint-Hubert est passé des néo-démocrates aux verts. M. Nantel a fait les manchettes pour sa profession de foi souverainiste, mais sa nouvelle chef Elizabeth May a accepté de retenir sa candidature malgré tout.

Déterrer de vieilles menaces?

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet s’est fait accompagner par quelques candidats pour son annonce matinale à Saint-Roch-de-L’Achigan.

Il a tenté de raviver un enjeu qui a servi son parti aux élections de 2015. Il a parlé du projet Énergie Est et s’est défendu de vouloir ressusciter des menaces inexistantes.

“Moi je pense qu’elles existent. (...) C’est tout à fait exact que les libéraux n’ont jamais dit qu’ils étaient contre Énergie Est. C’est tout à fait exact que les conservateurs ont dit qu’ils voulaient relancer Énergie Est”, a argué le chef bloquiste.

En terrain hostile?

En après-midi le chef néo-démocrate a réussi à se faire applaudir à répétition même si eut pu croire qu’il était en terrain hostile. M. Singh livrait un discours au Canadian Club de Toronto.

L’institution qui se décrit comme un forum où on discute d’affaires publiques reçoit souvent des gens d’affaires. M. Singh a réussi à y attirer un public plutôt réceptif à son discours franchement à gauche.

“Sous un gouvernement néo-démocrate, les plus riches et les entreprises puissantes devront payer davantage”, a promis M. Singh, une déclaration chaudement applaudie.

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