POLITIQUE
02/12/2019 20:42 EST

Élection dans Jean-Talon: la population s'est prononcée

Au total, 10 candidats s’affrontaient pour devenir députés de Jean-Talon, mais la lutte s’est surtout cristallisée autour des candidates du PLQ et de la CAQ.

THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes
Des urnes dans un bureau de vote (photo d'archives)

QUÉBEC — Les jeux sont faits dans la circonscription de Jean-Talon, où les électeurs devaient choisir lundi un nouveau député, qui succédera à Sébastien Proulx.

Durant toute la campagne électorale, le suspense qui a retenu l’attention consistait à savoir si la Coalition avenir Québec (CAQ) allait réussir à ravir la circonscription au Parti libéral du Québec (PLQ), qui n’a jamais cédé sa place depuis la création de Jean-Talon en 1966.

Déjà, 20 pour cent des électeurs de ce quartier situé à l’ouest du centre-ville de Québec (Sillery, Sainte-Foy et Cap-Rouge) avaient voté par anticipation la semaine dernière.

Sébastien Proulx a choisi de quitter la politique en août dernier pour aller travailler dans le secteur privé chez Desjardins.

Si le Parti libéral du Québec (PLQ) perd Jean-Talon, il n’aura plus aucun député en dehors de l’Outaouais et de la région de Montréal.

Au total, 10 candidats s’affrontaient pour devenir députés de Jean-Talon, mais la lutte s’est surtout cristallisée autour des candidates du PLQ et de la CAQ.

Comme en 2018, la CAQ avait choisi Joëlle Boutin pour la représenter dans Jean-Talon, où elle avait fait bonne figure, en se classant deuxième. Le PLQ, en baisse par rapport aux résultats précédents, avait recueilli 32 pour cent du vote, tandis que la CAQ se faisait menaçante avec 28 pour cent d’appui.

Depuis, Mme Boutin, âgée de 40 ans, dirigeait le cabinet du ministre Éric Caire. Elle était auparavant conseillère au cabinet de relations publiques National. Elle a aussi participé à la fondation de Femmes Alpha, un site Web qui mise sur le leadership des femmes en affaires, en favorisant «l’essor de la femme numérique».

Le gouvernement Legault misait sur sa popularité dans les sondages, avec un très confortable taux de satisfaction de plus de 60 pour cent, de même que sur sa bonne performance dans la région de Québec lors du scrutin de l’an dernier pour ravir la forteresse libérale de Jean-Talon, réputée imprenable.

Bien conscient que le vent a tourné et qu’il ne peut plus rien tenir pour acquis, le PLQ n’a pas ménagé les efforts au cours des dernières semaines pour conserver Jean-Talon dans son giron, alors que députés et bénévoles ont ratissé le terrain sans relâche du début à la fin.

Circonscription de prestige pour les libéraux, Jean-Talon a toujours été représentée dans le passé par de grosses pointures, appelées à jouer un rôle-clé au Conseil des ministres, comme Philippe Couillard, Yves Bolduc, Gil Rémillard et Raymond Garneau, notamment.

Cette fois, le PLQ a fait le pari de miser sur une de ses candidates vedettes de l’élection de 2018, mais une figure qui demeure controversée, Gertrude Bourdon

Gestionnaire de haut niveau, infirmière de formation, ancienne directrice du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU), Gertrude Bourdon, âgée de 64 ans, était candidate l’an dernier dans Jean-Lesage. Elle a terminé troisième avec 17,9 pour cent du vote, derrière Québec solidaire et la CAQ.

Elle s’était illustrée par son hésitation à se porter candidate pour le PLQ ou la CAQ, avant d’opter pour le premier, se faisant une réputation de «magasiner» son parti au lieu d’affirmer des convictions.

En rendant officielle sa candidature dans Jean-Talon, Mme Bourdon disait vouloir une deuxième chance. Elle avait reconnu que son entrée en politique avait été «mouvementée», et affirmait avoir tiré des leçons de sa défaite cuisante de l’an dernier.

Québec solidaire, qui a déjà conquis deux circonscriptions de Québec en 2018 (Jean-Lesage et Taschereau), a plutôt choisi de miser sur une campagne intensive très ciblée auprès des étudiants pour espérer ravir Jean-Talon.

Les solidaires ont été très présents dans les établissements d’enseignement, principalement l’Université Laval, pour solliciter le vote des jeunes, une clientèle traditionnellement plus sensible au programme de QS. Mais la lutte s’annonçait difficile, QS n’ayant récolté que 19 pour cent du vote dans Jean-Talon en 2018.

Le parti était représenté par Olivier Bolduc, un sténographe judiciaire de 32 ans.

Le Parti québécois (PQ), qui n’a pas l’habitude de faire bonne figure dans Jean-Talon, présentait un enseignant à la retraite de 61 ans, Sylvain Barrette, soit le même candidat que l’an dernier lors de la générale, lors de laquelle il n’avait récolté que 14 pour cent du vote.

Les sièges de l’Assemblée nationale se répartissent ainsi: 75 pour la CAQ, 28 pour le PLQ, 10 pour QS, 9 pour le PQ et 2 indépendants.

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