POLITIQUE
10/10/2019 22:32 EDT | Actualisé 11/10/2019 00:12 EDT

Élargir l'aide à mourir? La question du débat qui n'a laissé personne indifférent

Lise Pigeon a touché une corde sensible auprès des chefs, des téléspectateurs... et du modérateur.

«Promettez-vous aux électeurs, oui ou non, d’alléger la loi actuelle comme le recommande la juge Baudoin de la Cour supérieure, mais ce, bien sûr, sans créer d’embûches supplémentaires.»

La question de Lise Pigeon a fait mouche, au cours de la deuxième moitié du débat des chefs de jeudi soir.

C’est que cette dame de 63 ans avait d’abord expliqué sa situation sans détour, indiquant être atteinte de sclérose en plaques depuis près de 30 ans et d’arthrite rhumatoïde sévère depuis 12 ans. «Je ne marche plus, je souffre, je porte des culottes d’incontinence, j’ai des plaies de pression, et j’en passe», a-t-elle confié devant la caméra avant de présenter sa question.

«Je suis vraiment touchée par votre situation et je veux vous donner mes sympathies», a d’abord répondu Elizabeth May. La chef du Parti vert s’est alors engagée à changer cette loi pour permettre aux citoyens de choisir la façon et le moment de mourir dans la dignité.

«Ma réponse est oui, et merci infiniment d’avoir eu le courage de partager une question assez difficile et aussi votre histoire, aussi tellement difficile», a renchéri Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique. «C’est clair avec le jugement, au Québec, les critères sont trop limités et ça ne donne pas la dignité», a-t-il mentionné, avant d’assurer vouloir lui donner «plus de pouvoir d’avoir le droit de mourir dans la dignité». 

Capture d'écran Débat des chefs
Lise Pigeon

 

«La réponse est très évidemment oui», a également assuré le chef bloquiste Yves-François Blanchet, avant de féliciter Mme Pigeon pour son implication dans ce dossier.

«Merci pour votre question et pour votre courage d’être avec nous ici ce soir», a avancé à son tour le chef libéral Justin Trudeau. «Oui, nous allons alléger la loi dans les six prochains mois, a-t-il poursuivi, parce que nous reconnaissons depuis le début que c’était un équilibre qu’il fallait chercher entre la protection des plus vulnérables et le respect des droits et des choix de chacun, chacune.»

«Merci beaucoup pour la question et bon courage, vous avez toutes mes sympathies, c’est évident que c’est un enjeu très personnel», a dit Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, avant de noter que les différents partis avaient travaillé ensemble aux Communes sur ce dossier. M. Scheer a indiqué qu’il allait toujours respecter la décision de la cour et qu’il allait s’assurer de revoir la décision pour s’assurer de trouver la bonne voie.

Vous êtes la plus courageuse d’entre nous ici ce soir.Patrice Roy, modérateur

En conclusion, Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada, s’est engagé dans la même veine en rappelant que son parti prônait la liberté et la responsabilité individuelle. «Je m’apprête effectivement à m’engager à regarder cette législation-là», a-t-il soutenu. «Vous avez complètement l’appui du Parti populaire dans votre démarche», a-t-il conclu.

Le mot de la fin, pour cette question, est évidemment revenu au modérateur Patrice Roy. «Vous êtes la plus courageuse d’entre nous ici ce soir», a-t-il lancé, soulignant le courage de Mme Pigeon. Le tout salué par les applaudissements des spectateurs sur place.

Pendant ce temps, la twittosphère ne manquait pas de saluer le courage de Mme Pigeon...

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