Et si on était bienveillant et moins exigeant avec nous-même?

On n’est pas formé à être heureux, mais tout le monde a une aptitude au bonheur.

En cette période chahutée et sans précédent, si on était bienveillant et moins exigeant avec nous-même? Une bouffée de positivisme ne ferait pas de mal avouez-le?! C’est ce que prône Marc Pistorio, docteur en psychologie, dans son dernier ouvrage: Connecté à soi, connecté aux autres. Le HuffPost Québec s’est entretenu avec l’auteur du livre à succès Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es, de passage à Montréal.

Se reconnecter à soi

On a vite fait de se perdre, de ne plus être branché avec nos propres désirs et émotions. Mais quels en sont les signes?

Selon Marc Pistorio, il peut y avoir des signes physiologiques et psychologiques qui démontrent que l’on n’est plus connecté à soi. Crises d’anxiété, difficultés de sommeil, perte d’énergie notamment. Sur le plan psychologique, une lourdeur et une insatisfaction qui ne lâchent pas sont des signaux clairs.

«Parce que je ne me suis pas observé(e) régulièrement de façon bienveillante, cela peut arriver sans crier gare. Quand on s’est éloigné de notre sentiment de bonheur. Là, il faut s’arrêter. Les gens connectés sont heureux», détaille le docteur en psychologie basé à Los Angeles, amoureux de Montréal, d’une voix posée et rassurante.

Mais comment rester connecté ou se reconnecter, telle est la question.

Selon notre professionnel, c’est moins ce qu’on vit réellement qui compte, mais bien plus la lecture qu’on en fait qui est importante. Autrement dit, bien trop souvent, on porterait un regard trop critique sur soi-même. On aurait une lecture trop dure de qui nous sommes et de ce que nous accomplissons.

Pour se reconnecter, il est indispensable de se regarder en face.

Faire face à qui nous sommes serait un exercice qui passerait notamment par des questions telles que: «quel est le projet de vie auquel je m’identifie, car il me définit et traduit en actions mes aspirations. Quel est le but profond de ma vie, celui auquel je tends et qui chemin faisant, me procurerait un réel bien-être.» - Extrait de Connecté à soi, connecté aux autres.

Et peu importe la teneur des réponses, ces interrogations existentielles sont d’ores et déjà l’amorce d’une riposte.

On n’est pas formé à être heureux

La pandémie a eu l’effet d’un révélateur et a exacerbé les difficultés.

«Ce qui va déclencher une dépression, c’est le trop plein de stress. Dans une vie très pleine, on est moins en contact avec soi. Avec la pandémie et le confinement, les gens ont été ralentis et ont été envahis.»

Submergés, même.

À cela, l’humain a trois façons de réagir de manière très primaire: il se sent attaqué, il fuit ou il demeure figé. Ensuite, il faut en sortir, et pour ce faire nous n’avons pas le choix de tendre vers le mieux et par conséquent de se donner les moyens d’être heureux. Plus facile à dire qu’à faire?

C’est à nous que revient la tâche pour y parvenir.

«Au quotidien, nous devons nous appliquer à faire émerger et grandir en nous tout ce que nous souhaitons atteindre: expérimenter l’empathie pour être plus empathique, la compassion pour devenir plus compatissant, la reconnaissance pour nous découvrir plus reconnaissant, et ainsi de suite comme un mouvement perpétuel de retour positif.»

Selon Marc Pistorio, faire l’expérience du meilleur renforce l’idée qu’il est légitime de vouloir apprendre du bonheur que l’on pourrait s’offrir plutôt que de la souffrance quotidienne que l’on s’impose trop souvent.

Parce que oui, malheureusement, nous avons une aptitude naturelle à embrasser durablement le négatif et une inaptitude tenace à reconnaître le positif. Il nous revient de bien gérer cette dualité et ne jamais oublier qu’on n’est pas formé à être heureux et que tout le monde a une aptitude au bonheur.

Si vous vous sentez en détresse, que vous avez perdu de l’intérêt pour vos activités préférées, que les ressources autour de vous sont insuffisantes, que vous avez de la difficulté à accomplir vos tâches quotidiennes et que vous éprouvez une grande fatigue, une aide professionnelle peut être nécessaire.

Le site de l’Ordre des psychologues du Québec a mis en place une page spéciale COVID-19 avec de nouvelles thématiques abordées régulièrement.