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17/09/2020 07:46 EDT

Un groupe de travail propose à Ottawa un plan de relance verte de 55 milliards $

Le groupe a fait valoir que le Canada devait en faire plus s’il voulait rester dans la course à l’économie verte.

MichelGuenette via Getty Images

OTTAWA — Un nouveau rapport d’un groupe de travail indépendant indique que la reprise économique du Canada après la pandémie de COVID-19 nécessite des investissements massifs dans l’énergie propre, les bâtiments résilients au climat et les voitures électriques pour suivre le rythme d’un monde plus vert.

Richard Florizone, président du Groupe de travail pour une reprise économique résiliente et président de l’Institut international du développement durable, a fait valoir mercredi que le Canada devait en faire plus s’il voulait rester dans la course à l’économie verte.

«Nous ne devons pas perdre de vue ce qui se joue à l’échelle mondiale», a-t-il déclaré.

Il a souligné des milliards de dollars d’investissements prévus dans les énergies propres et l’atténuation du changement climatique en Europe, ainsi que plus de 8 milliards $ de dépenses axées sur l’environnement promises par le candidat à la présidence américaine Joe Biden.

Si le Canada n’accélère pas la cadence, il sera laissé de côté, a affirmé M. Florizone.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré à plusieurs reprises cette année que l’environnement allait jouer un rôle majeur dans la reprise économique, un engagement qu’il a réitéré mercredi après une retraite du cabinet à Ottawa axée sur les plans pour le discours du Trône de la semaine prochaine.

Ce discours va décrire les plans des libéraux pour une reprise économique sous la gouverne de l’administration Trudeau. Pour demeurer au pouvoir, M. Trudeau doit convaincre au moins un principal parti d’opposition de l’appuyer. Les membres du groupe de travail espèrent que leurs suggestions feront partie des discussions.

Gerald Butts, membre du groupe de travail

Leur plan économique environnemental quinquennal de 55 milliards $ n’est qu’un des nombreux rapports qui cherchent à montrer la marche à suivre au gouvernement libéral.

Cependant, ce document implique un ancien membre du cercle restreint de M. Trudeau: Gerald Butts, qui était le secrétaire principal du premier ministre jusqu’en février 2019, est l’un des 14 membres du groupe de travail. Le groupe de travail a publié un rapport préliminaire en juillet, qui a été remis directement au cabinet du premier ministre.

Le groupe comprend également Mitchell Davidson, qui a passé un an en tant que directeur exécutif des politiques du premier ministre progressiste-conservateur de l’Ontario, Doug Ford, et qui a orchestré les plateformes électorales conservatrices de l’Ontario, et Mira Oreck, qui a travaillé pendant deux ans en tant que directrice au bureau du premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique John Horgan.

M. Butts n’était pas disponible pour une entrevue sur le rapport du groupe de travail.

M. Davidson a déclaré que le fait d’avoir des perspectives politiques de plusieurs partis signifie que le groupe de travail a déjà trouvé à bien des égards un terrain politique commun.

«Quel que soit le parti politique dont vous parlez dans le paysage fédéral, ils croient tous que le gouvernement va devoir jouer un certain rôle dans la reprise post-COVID-19», a-t-il déclaré.

Il a reconnu qu’en tant que conservateur, la facture de 55 milliards $ associée aux recommandations du rapport est difficile à avaler, mais a également fait valoir que le gouvernement pouvait ne reprendre à son compte que certaines des suggestions.

Bâtiments résilients

L’une des propositions est de dépenser plus de 27 milliards $ sur cinq ans pour rendre les bâtiments et les maisons à la fois écoénergétiques et résilients contre les inondations, les incendies et les tempêtes extrêmes que les changements climatiques provoquent déjà au Canada. Les recommandations comprennent le financement de la modernisation des bâtiments et des fonds de formation afin qu’il y ait des gens qualifiés et prêts à faire le travail.

Le rapport indique qu’entre 16 et 30 emplois sont créés pour chaque million de dollars investis dans des programmes d’efficacité énergétique, et estime que jusqu’à 79 millions de tonnes par an de pollution par le carbone pourraient être éliminés en maximisant l’efficacité énergétique des bâtiments du Canada.

C’est plus du tiers de la voie à suivre pour atteindre l’objectif de Paris sur les émissions liées aux changements climatiques, à savoir réduire les émissions annuelles à 513 millions de tonnes d’ici 2030. Elles étaient de 729 millions de tonnes en 2018.

Le budget du printemps, qui n’a jamais été déposé à cause de la COVID-19, devait inclure selon toute vraisemblance une promesse électorale de 2019 de créer des prêts sans intérêt de 40 000 $ pour les propriétaires de maisons et les propriétaires de petites entreprises afin d’améliorer l’efficacité énergétique et la résilience climatique de leurs bâtiments.

Le Canada offre déjà des rabais pour aider les gens à acheter des voitures électriques, mais le groupe de travail souhaite que cette aide soit élargie pour privilégier leur construction au pays, un programme qui pourrait aider le secteur automobile en difficulté.

Il est aussi question d’une stratégie nationale sur l’hydrogène comme source d’électricité propre. L’énergie à base d’hydrogène est également l’une des priorités du ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson.

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