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08/01/2021 13:04 EST

Québec ne recommande pas les purificateurs d'air dans les classes

Les besoins et les contraintes ne sont pas les mêmes dans le milieu de l'éducation et dans le milieu de la santé, a expliqué le Dr Richard Massé.

smolaw11 via Getty Images

Le groupe d’experts scientifiques et techniques mandaté par le ministère de la Santé ne recommande pas l’utilisation de purificateurs d’air dans les classes, a annoncé le conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique du Québec.

Le Dr Richard Massé a donné plus de détails sur ces appareils et sur la transmission par aérosols dans les classes lors de l’annonce du nouveau plan scolaire faite par le ministre de l’Éducation ce vendredi.

Il n’a pas été démontré que la transmission des infections par aérosols peut être limitée grâce aux purificateurs, a-t-il affirmé.

«Ça ne veut pas non plus dire que ça ne peut pas filtrer des virus, des bactéries et que les filtres ne peuvent pas avoir une certaine efficacité», a précisé le Dr Massé. Il y a aussi des risques si le purificateur n’est pas bien installé, a-t-il aussi avancé, puisque le purificateur pourrait créer des mouvements d’air, qui eux-mêmes peuvent mettre des aérosols en suspension.

La Presse Canadienne/Jacques Boissinot
Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique du Québec

Aussi, pour être efficace, un tel appareil doit être proche de la personne qui émet des gouttelettes, ce qui n’est pas possible avec un seul appareil par classe où on ignore qui peuvent être les personnes infectées, a précisé le Dr Massé, qui a également mentionné que le bruit engendré par ces machines peut nuire à la concentration.

«On n’interdit pas, on ne recommande pas», a précisé le Dr Massé lorsque questionné sur les classes déjà équipées de purificateurs d’air.

Faux sentiment de sécurité

Le conseiller médical stratégique a aussi relevé que les purificateurs d’air peuvent créer un faux sentiment de sécurité, pouvant laisser croire à certaines personnes que les autres mesures comme le port du masque et la distanciation physique pourraient être moins importantes, alors que ce sont toujours les gestes à prioriser.

Pour ventiler les locaux, on devrait plutôt prioriser l’ouverture des fenêtres et des portes et ce, avant les cours, entre les cours, en fin de journée, même en période hivernale.

Il faut éviter autant que possible d’utiliser les locaux mal ventilés comme salle de classe ou lieu de réunion. À ce sujet, le ministre avait confirmé plus tôt que toutes les classes de la province seraient testées. 

Si, pour des raisons de force majeure, il n’y a pas moyen de changer de local, il faut impérativement limiter le nombre de personnes dans celui-ci (une occupation de 50% ou moins).

Santé et éducation, pas le même combat

Richard Massé a par ailleurs précisé que la situation est différente dans le milieu de la santé et dans le milieu de l’éducation.

«En milieu de soin, on sait qui sont les personnes infectées si on a besoin de purificateur, à l’école on ne le sait pas et il y a plus de gens», a-t-il expliqué, en rappelant que comme les élèves ayant des symptômes sont supposés rester à la maison, on ne sait jamais qui peut être porteur du virus.

«Mettre un appareil à une place dans une classe, c’est prouvé que ce n’est pas suffisant. Il faudrait qu’il y en ait autour de tout le monde.»

Ne pas attendre pour dépister

Le conseiller médical a demandé à tous les parents de faire dépister leurs enfants dès qu’ils ont des symptômes, sans attendre 24 heures comme il était recommandé à l’automne, et ce, tant pour les élèves du primaire que ceux du secondaire. Ils ne doivent pas retourner à l’école lorsqu’ils présentent des symptômes.

Quant au déploiement à grande échelle de tests salivaires dans les écoles, que certains revendiquaient, ce n’est pas une option envisagée.

Peu probable que les écoles ferment

Est-ce que les écoles pourraient fermer à nouveau si le taux de transmission augmente?

Le Dr Massé a assuré qu’une fermeture sur de courtes périodes pourrait être envisagée si nécessaire, mais que la priorité est de les laisser ouvertes.

Il soutient que les données démontrent que dans plus de la moitié des cas, la transmission, actuellement, se fait surtout à l’intérieur des familles et des rassemblements illégaux. En fermant les écoles, il y aurait davantage de risques d’infecter les grands-parents qui garderaient leurs petits-enfants, évalue-t-il.

Arrêter l’école a des conséquences très importantes sur les apprentissages, la santé mentale, la socialisation et l’organisation des familles, a rappelé Richard Massé. «On doit maintenir les services de l’école», insiste-t-il.