POLITIQUE
13/03/2020 11:36 EDT | Actualisé 13/03/2020 18:00 EDT

Coronavirus: toutes les écoles fermées pour deux semaines

Écoles, cégeps, universités et services de garde sont touchés par cette mesure.

lisegagne via Getty Images

La lutte à la propagation de la COVID-19 au Québec a franchi une nouvelle étape, vendredi, avec la fermeture annoncée de toutes les institutions d’enseignement (écoles, cégeps et universités), de même que tous les services de garde, pendant au moins deux semaines à compter de lundi.

En procédant à cette annonce, en conférence de presse à l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a dit être conscient du casse-tête qu’il imposait aux parents de jeunes enfants, mais il s’agit là du “moins pire” des scénarios, a-t-il fait valoir, dans un contexte exceptionnel d’urgence sanitaire.

Pourtant, à ce jour, aucun cas de contamination n’a été constaté dans le milieu de l’enseignement ou dans une garderie.

Vendredi, à midi, le Québec comptait au total 17 cas de personnes contaminées, dont deux ont dû être hospitalisées. Dans tous les cas, il s’agit de personnes de retour d’un voyage à l’extérieur du pays.

Toutes les mesures prises par Québec visent à ”éviter que le pire arrive”, en tentant de limiter autant que faire se peut la propagation en nos murs de la maladie virale, qui est très contagieuse et peut s’avérer mortelle.

La fermeture du réseau scolaire survient cependant une fois les semaines de relâche passées, alors que tous ceux qui le fréquentent ont pu voyager à l’étranger et retourner depuis à l’école ou à l’université, au risque de répandre le virus.

Jusqu’à jeudi, le directeur national de la Sécurité publique, Horacio Arruda, jugeait que la fermeture des écoles n’était pas nécessaire, compte tenu qu’on n’y avait pas constaté de transmission du virus.

M. Arruda en a fait vendredi une question d’acceptabilité sociale, dans une optique de préparer les gens au pire. “Ce que ça nous permet de faire, c’est d’habituer la population à des choses qui s’en viennent”, selon lui.

ÉTAT DE LA SITUATION (13 mars, 15h)

  • 17 cas confirmés
  • 0 cas probable
  • 646 personnes sous investigation
  • 1079 analyses négatives

Pour s’assurer que le personnel du réseau de la santé demeure disponible, le gouvernement veut mettre en place un service de gardiennage d’appoint destiné aux parents de jeunes enfants qui sont à l’emploi du réseau de la santé ou d’autres services essentiels, comme les services de police.

Jusqu’à vendredi, Québec demandait aux personnes éprouvant des symptômes (toux, fièvre ou problèmes respiratoires) de composer le 811 pour obtenir de l’information. Mais la durée d’attente pour avoir la ligne augmentait chaque jour et on n’arrivait plus à répondre à la demande. La ligne 811 n’est plus valide.

Désormais, les personnes inquiètes de leur état de santé doivent composer le numéro suivant: 1-877-644-4545. On a dépêché de nouvelles ressources, soit 88 infirmières, pour répondre aux questions des gens.

Contrairement à Ottawa, Québec n’est pas disposé, pour l’instant, à fermer le parlement, mais “on n’exclut pas éventuellement, si nécessaire, de fermer l’Assemblée nationale”, selon l’évaluation des risques, a dit M. Legault.

Ce dernier n’accepte pas le fait que des touristes étrangers peuvent débarquer au Québec sans être inquiétés. Il demande donc au gouvernement fédéral, responsable des aéroports, de limiter l’entrée des visiteurs étrangers au Canada.

À ce propos, M. Legault a rappelé qu’il a demandé aux Québécois de retour de l’étranger de s’imposer un isolement volontaire de 14 jours.

Il suggère aux Québécois qui séjournent présentement dans un pays à risque de revenir au “plus tôt” au Québec, pour diminuer le risque d’attraper le virus.

Il souhaite aussi qu’Ottawa s’assure de mieux informer les gens qui arrivent au pays par avion au sujet des directives à observer pour se protéger du virus et éviter de le propager. 

Sur le plan de la consommation, le premier ministre s’est fait rassurant pour dire que le Québec n’anticipait aucune pénurie de nourriture, ni aucun problème d’approvisionnement. Il n’est donc pas nécessaire de faire des réserves.

On compte actuellement trois cliniques de dépistage du virus, à Montréal, à Québec et en Montérégie. La ministre de la Santé, Danielle McCann, a indiqué vouloir en déployer une douzaine d’autres, pour un total de 15, très prochainement, notamment en Estrie, en Outaouais, à Laval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Mauricie.

De manière à diminuer les contacts physiques, des patients pourront consulter leur médecin à distance, a promis la ministre McCann, qui a dit vouloir implanter un système de “télé-consultation” graduellement, dès la semaine prochaine.

Désormais, par souci d’efficacité, les infirmières sont autorisées par le Collège des médecins à signer un arrêt de travail à toute personne souffrant de la COVID-19.

Le réseau de la santé est sur un pied de guerre et les hôpitaux ont déjà commencé à reporter des chirurgies électives, de manière à libérer des lits pour pouvoir accueillir des malades de la COVID-19, a précisé la ministre, qui a transmis une directive en ce sens au réseau. Ce processus va prendre de l’ampleur dans les semaines à venir.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, va annoncer dans les prochains jours un programme d’aide financière, disponible immédiatement, destiné aux entreprises et aux employés directement touchés par les mesures prises par le gouvernement afin de lutter contre le coronavirus.

Québec annonce aussi que les élections partielles prévues dans le monde municipal sont reportées.

La pandémie a aussi un impact sur les campagnes au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) présentement en cours. Pour chacun des partis, on a annoncé que les débats à venir dans les prochains mois entre les candidats auront lieu sans public.