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20/02/2020 17:09 EST

Réforme de la santé et DPJ: des promesses brisées, selon la CDPDJ

La réforme de la santé n'a rien changé, avance la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

fizkes via Getty Images
(Photo d'archives) Commission droits personne et droits jeunesse

La réforme du réseau de la santé en 2015 n’a non seulement pas amélioré la situation des enfants les plus vulnérables signalés à la DPJ, mais elle s’est même détériorée dans certains cas.

C’est le triste constat que tire la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) en dévoilant son plus récent rapport, déposé à l’Assemblée nationale jeudi.

La réforme du système de santé, guidée par le projet de loi 10, a brisé ses promesses, tranche l’organisme de protection des droits des enfants.

Ce projet de loi 10, piloté par le ministre libéral de la Santé Gaétan Barrette, est devenu la Loi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux. En fusionnant diverses agences et services, il avait été promis que la collaboration serait meilleure et plus fluide, et que les services seraient plus facilement offerts aux enfants et à leurs familles.

Or cela n’a pas été le cas.

Les difficultés d’accès aux services requis par les enfants et leurs familles constituent toujours un enjeu majeur qui a un impact réel et concret dans leur vie, dit la CDPDJ.

Les listes d’attente se sont encore allongées, soit pour la réception des signalements des enfants en danger, soit pour l’assignation d’un agent à leur dossier ou encore pour qu’ils reçoivent les services dont ils ont besoin ou même pour qu’ils soient retirés de leurs familles.

Si la Commission ne dit pas que la réforme a causé ces problèmes, elle constate que certains sont plus aigus qu’avant.

Les travailleurs sociaux et les intervenants de la protection de la jeunesse, eux, ont confié à la Commission qu’ils sentent que leur travail est plus difficile qu’avant la réforme. Leur encadrement est insuffisant, la charge de travail s’est alourdie, et ils s’inquiètent pour les tout-petits qu’ils sont chargés de protéger.

Pour réaliser son rapport, la Commission a recueilli le point de vue de plus de 900 acteurs du milieu, dont des DPJ, des directeurs de programme jeunesse, des intervenants sociaux et des parents.

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