NOUVELLES
11/12/2019 15:40 EST | Actualisé 11/12/2019 15:41 EST

DPJ: les enfants se perdent dans le système, déplorent des psychiatres

Parmi les problèmes: des dossiers qui changent trop souvent de mains.

ideabug via Getty Images

Les enfants se perdent dans les méandres du système de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), alors que leurs intervenants changent sans cesse, sans qu’aucun n’ait un portrait global de leur situation, ont déploré deux psychiatres qui ont témoigné mercredi devant la Commission spéciale sur la protection de la jeunesse.

Louis Morissette et Martin Gignac, tous deux médecins psychiatres oeuvrant notamment à l’Institut de psychiatrie légale Philippe-Pinel, et qui sont appelés à réaliser des expertises pour la DPJ, ont relevé des lacunes du système de protection des enfants, et offert des suggestions.

Leur premier constat portait sur ce qu’ils ont appelé «la rupture dans la prise en charge».

Le dossier d’un enfant signalé change trop souvent de mains, ont-ils dit. Il est donc exposé à divers intervenants, tout comme sa famille. Et l’information ne circule pas toujours de façon fluide entre ces différentes personnes, a déploré M. Morissette.

Si deux signalements sont effectués à deux ans d’intervalle, ce ne sont pas les mêmes évaluateurs qui se pencheront sur son cas, et l’enfant ne sera pas suivi par le même travailleur social. Des évaluations sont inutilement faites, jugent-ils, car il y en a parfois déjà une au dossier — celle faite lors du précédent signalement, dans un dossier probablement déjà fermé à la DPJ.

De plus, si une intervention est en cours pour un enfant, pas moyen d’avoir de l’information sur ses frères et soeurs, alors que des problèmes pourraient être détectés.

C’est pourquoi les deux psychiatres recommandent un dossier unique pour tous les enfants d’une même famille, un même intervenant et un même juge aussi. Ainsi, la compréhension des besoins de l’enfant ou de l’adolescent sera facilitée, ont-ils maintenu.

Et si un travailleur social a déjà été assigné à un enfant dans le passé, c’est le même qui devrait prendre le dossier en main si un autre signalement est effectué, ont-ils ajouté, parmi d’autres recommandations.

À VOIR AUSSI: La DPJ a 40 ans, voici mon histoire