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18/12/2019 21:34 EST | Actualisé 19/12/2019 07:48 EST

Donald Trump est mis en accusation pour abus de pouvoir et obstruction

De l’Alaska à la Floride, des dizaines de milliers d’Américains ont manifesté mardi soir pour la destitution.

Donald Trump est mis en accusation pour abus de pouvoir et obstruction par la Chambre des représentants des États-Unis. La présidente de la chambre, la démocrate Nancy Pelosi a cependant refusé de préciser quand les accusations seraient transmises au sénat pour la tenue du procès en destitution du président.

Donald Trump a été “inculpé” mercredi soir par la Chambre des représentants des États-Unis, devenant seulement le troisième président américain à faire face à ce processus du dernier recours de la Constitution pour les crimes et délits graves.

Le vote historique a été divisé selon les allégeances républicaines et démocrates, de la même manière qu’il a divisé le pays, au sujet des accusations selon lesquelles le 45e président a abusé de son pouvoir en pressant un gouvernement étranger d’enquêter sur un rival politique avant les élections de 2020, et fait obstruction à l’enquête au Congrès.

Les démocrates étant majoritaires à la Chambre, l’issue du vote ne faisait aucun doute.

Les articles de destitution, l’équivalent politique d’un acte d’accusation, doivent faire l’objet d’un procès au Sénat, mais quelques minutes à peine après le vote Nancy Pelosi a jeté un voile d’incertitude sur la suite des choses.

En conférence de presse, tard mercredi, la leader démocrate a refusé à plusieurs reprises de confirmer quand et même si elle transmettrait les accusations au sénat pour qu’un procès en destitution soit organisé.

Si Donald Trump est acquitté par la chambre à majorité républicaine, comme prévu, il se présentera en campagne pour sa réélection en 2020 avec le poids d’une mise en accusation sur sa présidence.

La Chambre des représentants a passé des semaines à enquêter pour savoir si M. Trump a violé son serment présidentiel en demandant au gouvernement ukrainien d’enquêter sur un opposant politique.

La journée s’annonçait longue à la Chambre des représentants. Après avoir approuvé en matinée les règles de la procédure, les élus se sont lancés dans un long débat sur les deux chefs d’accusation retenus.

Fidèle à son habitude, Donald Trump a exprimé ses doléances sur Twitter, avec plus de 45 messages publiés avant midi. “Quels mensonges atroces de la gauche radicale, des démocrates qui ne font rien! C’est un assaut contre l’Amérique et un assaut contre le Parti républicain!”

Au moment même où il était inculpé par la Chambre des représentants, le président tenait un rassemblement partisan au Michigan, un État considéré comme un important champ de bataille électoral en vue de la présidentielle de 2020.

Dans son plus long discours partisan, chronométré à plus de deux heures, Donald Trump s’en est pris à ses adversaires démocrates en qualifiant leur vote de “démarche suicidaire”, soutenant que ceux-ci allaient être ”éternellement marqués par la honte”.

De nombreux sondages publiés depuis le lancement de l’enquête en destitution le 24 septembre montrent que les Américains sont partagés quant à savoir si M. Trump devrait être démis de ses fonctions. Et chaque camp semble s’accrocher fermement à son opinion.

L’approbation générale de M. Trump est restée stable tout au long de l’enquête. Un nouveau sondage AP-NORC Center for Public Affairs Research indique un taux d’approbation de 40 %, un score qui se maintient depuis plusieurs mois et qui est resté sensiblement le même pendant la majeure partie de la présidence de M. Trump.

De l’Alaska à la Floride, des dizaines de milliers d’Américains ont manifesté mardi soir pour la destitution. Certains brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire “Sauvons la Constitution - Destitution!” et “Criminel en chef”.

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