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01/10/2019 07:29 EDT

Quelles sont les prochaines étapes de la destitution possible de Trump?

Les démocrates veulent agir rapidement.

WASHINGTON — Les démocrates de la Chambre des représentants envisagent de lancer rapidement leur campagne pour la destitution du président Donald Trump. Les audiences et les dépositions commenceront cette semaine.

Les dirigeants démocrates ont demandé aux comités d’agir rapidement — et de ne pas perdre leur élan — après que M. Trump a demandé au président ukrainien Volodymyr Zelenskiy d’enquêter sur son potentiel adversaire démocrate en 2020, Joe Biden, et sa famille. Le processus se met en branle même si des législateurs ont quitté la capitale vendredi pour un congé de deux semaines.

Le président du comité du renseignement de la Chambre, le représentant démocrate Adam Schiff de la Californie, a affirmé que son comité agissait «rapidement» en ce qui concerne les auditions et les assignations à comparaître. Ce comité, ainsi que le comité de surveillance et de réforme de la Chambre et le comité des affaires étrangères de la Chambre, a programmé les dépositions à partir de cette semaine pour des responsables du département d’État liés aux relations de M. Trump avec l’Ukraine.

Voici un coup d’œil aux prochaines étapes du processus:

Une pause occupée 

Les membres du comité du renseignement de la Chambre ont été invités à être prêts à rentrer à Washington pendant la pause. La représentante démocrate de la Californie, Jackie Speier, a révélé qu’elle avait déjà annulé certains de ses engagements précédents.

«Nous sommes censés être ici», a dit Mme Speier.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a indiqué aux démocrates qu’ils avaient besoin de «frapper pendant que le fer est chaud» dans ce dossier, ce qui aurait stimulé l’activité des comités. Le représentant démocrate du Connecticut, Jim Himes, a indiqué qu’un plan «prenait forme très rapidement».

«Ce que je sais avec certitude, c’est que la dynamique ne ralentira pas», a-t-il ajouté.

Le représentant démocrate de l’Illinois, Raja Krishnamoorthi, a prévenu qu’il faudrait «travailler plus fort» et «dormir moins».

Plusieurs témoins, peu de temps

Le comité de M. Schiff a négocié pour interroger le lanceur d’alerte qui a déclenché la tempête en informant l’inspecteur général des services de renseignement que M. Trump avait demandé l’ouverture des enquêtes lors d’une conversation téléphonique avec M. Zelenskiy, en juillet.

M. Schiff a déclaré à la télévision américaine que son comité était parvenu à un accord pour entendre le lanceur d’alerte, qui témoignerait «très bientôt». Il a ajouté que la date exacte dépendrait en partie de la rapidité avec laquelle le directeur par intérim du renseignement national, Joseph Maguire, achèverait le processus d’habilitation de sécurité des avocats du dénonciateur. «Nous continuerons évidemment à surveiller pour nous assurer que le directeur par intérim ne tarde pas dans ce processus d’autorisation», a dit M. Schiff.

La plainte du lanceur d’alerte, dont l’identité n’est pas connue publiquement, a été publiée la semaine dernière. M. Maguire avait refusé au Congrès cette publication pendant des semaines. Dans la plainte, le lanceur d’alerte affirme que les responsables de la Maison-Blanche ont décidé de «verrouiller» les détails de l’appel de M. Trump en mettant tous ses enregistrements sur un système informatique distinct.

L’inspecteur général qui a traité cette plainte, Michael Atkinson, devrait témoigner vendredi en privé devant le comité du renseignement, selon une personne proche du comité qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat pour discuter des délibérations internes.

Les membres du comité veulent également parler aux assistants de la Maison-Blanche présents lors de l’appel et à Rudy Giuliani, l’avocat personnel du président, qui a demandé la tenue des enquêtes. M. Giuliani a confié dimanche à la télévision américaine qu’il «ne coopérerait pas» avec M. Schiff, mais si M. Trump «décide qu’il veut que je témoigne, bien sûr que je témoignerai». M. Schiff a indiqué qu’il n’avait pas encore décidé s’il voulait entendre M. Giuliani.

Les démocrates disent qu’ils espèrent terminer l’enquête dans quelques semaines — peut-être même avant l’Action de grâce, qui a lieu aux États-Unis le quatrième jeudi de novembre.

Articles de destitution

Une fois que les comités auront terminé leurs propres enquêtes, ils soumettront leurs conclusions au comité judiciaire de la Chambre, qui supervise le processus de destitution.

La représentante démocrate de l’État de Washington, Pramila Jayapal, qui siège au comité judiciaire, a indiqué que le comité du renseignement serait la «vedette du spectacle» dans la mesure où il enquête sur les activités de M. Trump liées à l’Ukraine. Les articles de destitution seraient rédigés par le comité judiciaire et, s’ils étaient adoptés, envoyés à la Chambre.

À voir: Trump répond à ses adversaires 

 

Le président du comité judiciaire, le représentant démocrate de New York Jerrold Nadler, a déclaré vouloir une résolution sur la destitution d’ici la fin de l’année. Mme Jayapal a confirmé que cette date limite était «absolument» valable et que le plan devait être établi avant janvier, ou «peut-être plus tôt».

Résistance républicaine 

Les républicains ont centré leur colère sur la mise en accusation des démocrates, critiquant les enquêtes en les comparant à «une reprise» de l’enquête de deux ans sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016.

Le représentant de la Californie Devin Nunes, un républicain au sein du comité du renseignement, a fait valoir que les démocrates «ne voulaient pas de réponses, ils veulent un spectacle public».

«Ils ont essayé de renverser les résultats des élections de 2016 depuis l’entrée en fonction du président Trump», a affirmé le chef de la minorité à la Chambre, le républicain Kevin McCarthy, de la Californie. 

Plus lent au Sénat 

Si la Chambre vote pour approuver les accusations retenues contre M. Trump, le Sénat dirigé par les républicains organisera un procès.

Certains républicains du Sénat ont exprimé des préoccupations au sujet des interactions de M. Trump avec l’Ukraine, mais peu de signes laissent croire qu’il y aurait suffisamment de mécontentement pour condamner le président, qui jouit toujours d’un fort soutien dans les rangs républicains. Si M. Trump était destitué, il faudrait un vote aux deux tiers au Sénat pour le condamner et le destituer. Un mémorandum des sénateurs républicains distribué au cours de la fin de semaine a reconnu qu’il serait difficile pour le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell d’empêcher un procès en destitution, mais il pourrait renvoyer à un comité les articles sur la destitution approuvés par la Chambre des représentants.

Le sénateur Richard Burr, le président du Comité du renseignement du Sénat, a déclaré que son comité enquêterait sur l’affaire de l’Ukraine, mais «ne vous attendez pas à ce que nous agissions à la vitesse de l’éclair — cela se produira probablement à la Chambre».