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21/06/2019 10:38 EDT | Actualisé 21/06/2019 16:09 EDT

Trump dit avoir annulé une frappe contre l'Iran à la dernière minute

Le président américain a écrit sur Twitter que ces tirs de représailles auraient pu faire 150 morts.

ASSOCIATED PRESS
Le président américain Donald Trump

WASHINGTON — Le président Donald Trump a déclaré vendredi que les États-Unis étaient prêts à exercer des représailles contre l’Iran pour avoir abattu un drone américain, mais qu’il a annulé les tirs de missiles 10 minutes avant leur exécution, après avoir annoncé que 150 personnes pourraient mourir.

M. Trump a écrit vendredi sur Twitter que les États-Unis ne permettraient jamais à l’Iran de se doter d’une arme nucléaire. Mais il a déclaré qu’il n’était pas pressé de réagir militairement à la destruction, cette semaine, de l’énorme drone de surveillance américain sur le détroit d’Ormuz.

 

 

Cette annonce de M. Trump sur Twitter a soulevé d’importantes questions, notamment à savoir pourquoi il avait appris cette information sur les possibles morts à la dernière minute.

Sa déclaration est la plus récente indication qu’il ne souhaite pas intensifier le conflit avec Téhéran. Lors d’une entrevue au réseau NBC News, il n’a pas exclu une future frappe américaine, mais a affirmé que le plan d’attaquer trois sites en Iran ne lui semblait pas une réponse “proportionnelle” à la destruction, cette semaine, d’un énorme drone de surveillance américain sur le détroit d’Ormuz.

Cette attaque avortée aurait pu être la première intervention militaire du pays contre l’Iran depuis que l’administration Trump a renoncé à l’accord international de 2015 visant à freiner le programme nucléaire iranien et qu’elle a lancé une campagne de sanctions économiques importantes contre la République islamique.

En entrevue avec NBC News, M. Trump a indiqué qu’il n’avait jamais donné l’ordre final pour mener les frappes contre l’Iran, mais les avions auraient pu être envoyés “bientôt”, a-t-il reconnu.

150 victimes potentielles

Les représentants de l’armée sont venus le voir environ 30 minutes avant les frappes pour lui demander son approbation finale, a-t-il relaté. Il dit avoir demandé combien d’Iraniens pourraient perdre la vie lors de cette intervention. On lui aurait alors répondu qu’il y aurait environ 150 victimes.

“J’y ai réfléchi une seconde et j’ai dit: “Vous savez quoi? Ils ont abattu un drone sans pilote, un avion - appelez ça comme vous voulez - et on se retrouve avec 150 morts.” (...) Et je n’ai pas aimé ça”, a-t-il soutenu.

En Iran, le général Amir Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, a déclaré aux journalistes vendredi qu’un avion espion américain avec environ 35 membres d’équipage volait à proximité du RQ-4A Global Hawk, un drone sans pilote, qui a été abattu. L’Iran avait choisi de ne pas viser l’avion piloté par des humains, a-t-il indiqué.

Il a ajouté que l’Iran avait averti le drone à plusieurs reprises avant de l’abattre avec un missile.

Jeudi soir, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a interdit aux aéronefs immatriculés aux États-Unis de survoler certaines parties du golfe Persique et du golfe d’Oman. Vendredi, plusieurs grandes compagnies aériennes du monde entier ont commencé vendredi à modifier leurs itinéraires, dont la britannique British Airways, l’australienne Qantas, l’allemande Lufthansa et le transporteur néerlandais KLM.