POLITIQUE
26/06/2019 14:37 EDT | Actualisé 26/06/2019 15:24 EDT

Dominique Anglade, la première candidate pour le leadership du PLQ

L'ancienne ministre de l'Économie en fera l'annonce demain, à Shawinigan.

La Presse Canadienne

QUÉBEC — Dominique Anglade sera la première à se pointer dans les blocs de départ, jeudi, pour annoncer officiellement son intention de devenir le prochain chef du Parti libéral du Québec (PLQ).

Si son rêve devient réalité, elle sera la première femme à réaliser cet exploit.

C’est même la première fois qu’une femme se porte candidate au leadership de ce parti, qui a plus de 150 ans.

C’était un secret de Polichinelle que la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne et ex-ministre de l’Économie allait tenter sa chance pour succéder à Philippe Couillard, qui a dû quitter ses fonctions en octobre dernier après la défaite cuisante de son parti aux élections générales.

Neuf mois plus tard, aucun candidat ne s’était pointé.

Mme Anglade a donc choisi de prendre de vitesse ses éventuels rivaux pour annoncer dès jeudi, à Shawinigan, qu’elle se lançait dans la course.

Elle y tiendra une conférence de presse, puis participera à un cocktail avec des sympathisants à Trois-Rivières. Elle fera de même à Montréal vendredi, puis à Québec mardi prochain.

Une longueur d’avance?

Sur le terrain, Mme Anglade semble jouir d’une longueur d’avance sur ses collègues, pouvant déjà compter sur une organisation de quelque 200 bénévoles, selon les informations obtenues dans son entourage.

Elle aurait aussi l’appui de quelques membres du caucus libéral, surtout de la région de Montréal.

Fait cocasse: Mme Anglade, qui était auparavant à la Coalition avenir Québec (CAQ) avant de passer au PLQ, a été élue en 2015 députée libérale de Saint-Henri-Sainte-Anne, une circonscription montréalaise que détenait Marguerite Blais, une ancienne ministre libérale qui avait démissionné en cours de mandat et qui est passée depuis dans le camp de la CAQ pour devenir ministre dans le gouvernement Legault.

Âgée de 45 ans, mère de trois enfants, Mme Anglade a présidé la CAQ de 2012 à 2013 et a été candidate dans Fabre, sous cette bannière, en 2012.

Ingénieure de formation, bilingue, elle a travaillé pour quelques grandes firmes, comme Nortel Networks, Procter & Gamble, et McKinsey & Company, et a présidé Montréal International.

Ses parents étaient d’origine haïtienne - son père, Georges Anglade, était un intellectuel qui a cofondé l’UQAM - et elle a créé la fondation KANPE, qui vise à combattre la pauvreté en Haïti.

Billette dit non, Barrette réfléchit

En cette période de chasse aux candidats, de “nombreux” militants ont tenté dernièrement de convaincre l’ex-ministre Stéphane Billette de plonger lui aussi. Mais ce dernier, qui a été défait lors des élections générales du 1er octobre dernier, a fermé la porte à une éventuelle candidature.

“C’est un non ferme”, a-t-il insisté, lors d’une entrevue téléphonique.

Sportif de haut niveau, l’ancien député de Huntingdon dit préférer s’entraîner pour participer à des “Iron Men” plutôt que de faire le tour du Québec à la recherche de votes.

Proche de Dominique Anglade - il était délégué aux PME quand elle était ministre de l’Économie - il dit qu’il attendra de connaître les candidats en lice avant de dire à qui il donnera son appui, mais ne veut pas s’impliquer directement dans la course.

En 2012, M. Billette était l’organisateur en chef de la campagne au leadership de Philippe Couillard.

De son côté, l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dit poursuivre sa réflexion.

En entrevue téléphonique mercredi, il a convenu qu’il ne pouvait pas compter sur l’appui de ses collègues députés, mais il refuse de jeter l’éponge. Le député de Lapinière prendra tout le temps nécessaire avant d’annoncer ses couleurs, dit-il.

D’autres députées libérales ont aussi affiché leur intérêt pour le poste, mais ne sont pas encore prêtes à se lancer: Marwah Rizqy (Saint-Laurent) et Marie Montpetit (Maurice-Richard).

Officiellement, la course devrait débuter en septembre pour se conclure en mai prochain.