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18/02/2020 12:18 EST | Actualisé 18/02/2020 15:07 EST

Le groupe Divest McGill occupe un bâtiment en solidarité avec les Wet’suwet’en

Les étudiants réclament que l'Université «désinvestisse» de TC Energy, promoteur du gazoduc Coastal GasLink.

Divest McGill

Une vingtaine d’étudiants membres du groupe Divest McGill occupent depuis mardi matin un bâtiment administratif de l’Université «en solidarité avec Wet’suwet’en».

Ils exigent notamment que l’institution retire ses investissements de 6 M$ dans TC Energy, «puisqu’elle est responsable des raids violents sur
les terres de la nation Wet’suwet’en dans le but de construire [le gazoduc] Coastal GasLink».

Le coup d’éclat survient au lendemain d’une manifestation à l’angle des rues Sherbrooke Ouest et McGill College en solidarité avec les Wet’suwet’en de la Colombie-Britannique. Lundi après-midi, une centaine de militants ont bloqué la circulation à l’intersection pendant quelques heures.

Revoyez les images de la manifestation au centre-ville de Montréal.

Galerie photo Solidarité avec les Wet'suwet'en: manifestation au centre-ville de Montréal Voyez les images

La militante Catie Galbraith, membre de la Nation Chickasaw d’Oklahoma et étudiante à l’Université McGill, avait alors dit au HuffPost Québec que même si la question des changements climatiques et celles des droits des Autochtones sont «indissociables», «nous devrions avant tout parler de droits de la personnes et de droits autochtones», plutôt que de climat.

Divest McGill, qui réclame depuis plusieurs années que l’Université se départisse de tous ses placements dans l’industrie des hydrocarbures, se défend de surfer sur la vague du mouvement national en défense des droits des Autochtones pour faire valoir ses revendications climatiques.

Laura Doyle Péan, membre du groupe, affirme avoir reçu le feu vert de deux regroupements d’étudiants autochtones de l’Université pour organiser l’action de mardi au nom des Wet’suwet’en et des peuples autochtones.

«Les demandes qu’on souhaite mettre de l’avant aujourd’hui sont le respect de la souveraineté autochtone et le fait de ne pas investir dans des projets qui causent des torts et des violences aux Autochtones», a-t-elle assuré.

C’est une intervention de la Gendarmerie royale du Canada pour démanteler des barricades érigées par des Wet’suwet’en opposés au projet Coastal GasLink, le 6 février dernier, qui a déclenché la crise qui paralyse le pays depuis près de deux semaines.

Les Wet’suwet’en affirment que le projet, qui traverse leur territoire ancestral non cédé, n’a pas reçu l’approbation des chefs héréditaires de la communauté. Les manifestants ont qualifié les interventions de la GRC pour faire respecter une injonction obtenue par Coastal GasLink de «violentes».

Non à Teck Frontier

En plus de réclamer le «désinvestissement immédiat» de TC Energy, Divest McGill réclame que l’Université retire ses billes de Teck Resources Limited, la compagnie à l’origine du méga-projet de mine Frontier, en Alberta. 

Le projet, que le gouvernement Trudeau doit approuver ou rejeter dans les prochains jours, «nous mettrait dans la dépendance aux énergies fossiles jusqu’en 2067», déplore Laura Doyle Péan.

Teck Resources Limited affirme avoir signé des ententes avec les 14 Premières Nations affectées par le projet. Divest McGill souhaite toutefois mettre de l’avant les revendications du groupe Indigenous Climate Action, qui réclame le rejet du projet.

L’été dernier, un rapport de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale et de l’Agence de réglementation de l’énergie de l’Alberta concluait que le projet d’exploitation des sables bitumineux aurait des répercussions majeures sur l’environnement et sur l’usage traditionnel des terres par les Autochtones.

Les deux agences estimaient néanmoins que le développement était dans l’intérêt public, en raison de ses retombées économiques importantes.

Le HuffPost Québec a contacté l’Université McGill pour connaitre sa position sur les revendications de Divest McGill. Le texte sera mis à jour avec la réponse de l’Université.

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