TÉMOIGNAGES
22/06/2019 06:00 EDT | Actualisé 26/06/2019 14:27 EDT

Passer sa vie à attendre… survivre à la disparition de son enfant

Cela fait plus de 14 ans que j’apprends à vivre avec le vide laissé par l’absence de ma fille. Quand ton enfant disparaît, ça détruit une vie, une famille. Plus rien n’est pareil comme avant.

Courtoisie
Photo de Mélina Martin avant sa disparition (à gauche) et vieillissement de la photo dévoilant ce qu'elle pourrait avoir l’air dans la vingtaine.

Les propos de ce témoignage ont été recueillis par le HuffPost Québec et retranscrits à la première personne.

Cela fait plus de 14 ans que j’apprends à vivre avec le vide laissé par l’absence de ma fille. Mélina est disparue sans laisser de traces le 23 janvier 2005, soit 11 jours après son 13e anniversaire.

Une disparition d’enfant, ça détruit une vie, une famille. Plus rien n’est pareil comme avant.

Je n’ai pas vraiment eu le choix de continuer à vivre toutes ces années parce que je ne suis pas seule: j’ai six autres enfants. Deux garçons et cinq filles; Mélina était la 6e de la fratrie. On garde tous l’espoir qu’un jour elle va revenir.

Garder espoir aide beaucoup, mais ça ne répare pas tout. Ça aide juste à se tenir debout.

Cette journée que je voudrais effacer de ma vie

De bonne heure, le matin du dimanche 23 janvier, j’ai emmené mes enfants bruncher au restaurant où l’une de mes filles travaillait. Quand on a fini de manger, Mélina m’a dit vouloir aller au parc Roch-Bourbonnais à Farnham pour la Fête des neiges, qui proposait des activités familiales en plein air. Elle voulait voir les chiens de traîneau.

Je suis donc allée reconduire Mélina au parc en début d’après-midi. Avant de partir, je lui ai dit de ne pas oublier notre rendez-vous, prévu à 17h dans un restaurant Valentine.

«Oui maman, je te le promets!» C’est la dernière phrase que j’ai entendue d’elle. Je ne l’ai plus jamais revue par la suite.

Tout ce que je sais de la chronologie des événements, c’est que Mélina devait aller rejoindre une copine, mais que celle-ci était malade. Ma fille a donc contacté l’une de ses soeurs pour que ses enfants l’accompagnent, mais il faisait trop froid à son goût pour les laisser sortir. Il faisait -40 ce jour-là. Mélina s’était montrée rassurante: il allait y avoir un feu et il était possible de se réfugier à l’intérieur d’un bâtiment pour se réchauffer.

Rendu à l’heure de notre rendez-vous, je me suis présentée au Valentine et j’ai attendu. J’ai attendu un bon 30 à 45 minutes, mais mon garçon m’a appelé pour que j’aille le chercher à son tour. Avant de partir, j’ai dit à la serveuse: «Si elle arrive, tu lui diras que je reviens, ça sera pas long!»

À mon retour, la serveuse m’a dit qu’elle était venue, puis repartie, mais qu’elle allait revenir tantôt. J’ai donc attendu un petit bout, mais elle n’est pas revenue. Je suis retournée parler avec la serveuse, mais elle était toute mêlée et n’était plus certaine quel jour exactement elle avait vu Mélina... aujourd’hui, le jour d’avant?

Encore à ce jour, on ne sait toujours pas si elle s’est rendue à notre rendez-vous ou pas.

Là, j’ai senti que quelque chose clochait. Normalement, quand ma fille a un empêchement, si elle manque son bus, par exemple, elle m’appelle ou elle contacte une de mes filles pour signaler son retard ou demander un lift. Mais non. Personne n’a pas reçu d’appel ce jour-là.

Avec la famille, on a décidé d’attendre un peu en s’imaginant toutes sortes de scénarios. «Elle est peut-être chez ses amies, elle va appeler plus tard», qu’on se disait.

Que se passe-t-il… où est Mélina?

Avec le temps qui passait, n’ayant pas de nouvelles, on a appelé toutes ses amies à Farnham. Personne ne l’a vue. J’ai appelé mon neveu, parce qu’il est garde de sécurité dans ce genre d’événements organisés au parc. Il m’a dit ne pas l’avoir vue de la journée. «Comment ça tu l’as pas vue... je l’ai débarquée là, elle allait là!»

J’ai contacté la copine qu’elle devait rencontrer. «Oui, elle est venue chez nous, vers 13h-13h30, mais moi j’t’étais trop malade pour y aller avec elle faque elle est repartie après quelques minutes». On a su par la suite qu’elle se serait rendue chez son petit ami après. On ignorait qu’elle en avait un. Elle n’y serait restée qu’une dizaine de minutes et aurait rompu avec lui. D’après ce qu’on sait, ça se serait bien passé. C’est donc lui qui l’aurait vu en dernier.

Mélina n’est pas revenue coucher à la maison ce soir-là.

Rendu le lundi matin, très peu rassurée, mais sans paniquer, je me suis dit qu’elle allait sûrement se rendre à l’école. J’y suis arrivée avant les autobus scolaires pour la voir débarquer. Elle n’y était pas. On l’a cherchée toute la journée, un peu partout. Je suis retournée à l’école à la fin des cours, vers 15h, pour voir si elle prendrait son bus pour retourner à la maison. Elle n’y était pas.

Quand j’ai appelé le secrétariat de l’école pour savoir si elle avait assisté à ses cours, ils m’ont dit que non. «Mais pourquoi vous ne m’avez pas appelée?» Leur réponse: «Ça arrive, des fois, quand les élèves sont absents qu’on n’appelle pas».

On a poursuivi les recherches en soirée, avec les filles, on est allé se promener en ville, on a continué d’appeler partout pour essayer de tomber sur quelqu’un qui l’aurait vue ou qui en aurait eu des nouvelles. Rien.

Rien ne va plus

Au cours des premières heures suivant son absence, on était sur les nerfs. À ce moment-là, on n’a pas pensé que c’était une disparition. On s’imaginait simplement que quelque chose était arrivé, qu’elle ne pouvait pas communiquer avec nous, qu’il devait sûrement y avoir une explication.

Je me suis dit... quelque chose cloche, ça ne va pas du tout, là. Il y a de quoi de vraiment pas normal.

J’ai donc décidé d’appeler les policiers lundi soir. À leur arrivée, vers minuit, on a fait une déclaration disant que Mélina était disparue depuis dimanche après-midi et qu’on était restés sans nouvelles depuis. On a appelé son père, ses oncles, les nombreux membres de la famille. Personne ne l’avait vue. La police est allée enquêter à l’école, mais sans relever de piste.

Dans les jours qui ont suivi, on a fouillé son casier à l’école, sa chambre à coucher à la recherche d’une note d’explication… de n’importe quoi justifiant son absence. On a rien trouvé.

La situation devenait vraiment étrange parce que je la connais, ma fille. Elle ne nous aurait jamais laissés de cette façon-là. Elle ne serait jamais partie deux ou trois jours sans me donner de nouvelles. Jamais.

On était inquiet. Évidemment, qu’on se rendait compte qu’on était face à une situation d’exception, mais on n’était pas complètement paniqué non plus. La police nous avait dit considérer l’affaire davantage comme une fugue, qu’une disparition ou un enlèvement. Paraît que c’est une question d’âge, de ce que je me souviens.

On n’a pas attendu que l’enquête de la police se fasse. On a amorcé des recherches nous-mêmes pour que ça bouge. On a fait du porte-à-porte, montré des photos, mis des affiches. On a fait des fouilles dans le boisé derrière la polyvalente avec des chasseurs et avec ma plus vieille, on a carrément marché depuis Sainte-Sabine jusqu’où on reste à Farnham, chacune sur notre bord de rue pour voir si elle n’était pas tombée dans le fossé.

Il n’y a rien qu’on n’a pas fait.

On n’a jamais cru à l’hypothèse de la fugue

Dans toute cette affaire, on a suivi nos propres intuitions, on a fait nos propres efforts, on a diversifié les démarches. Mais la police, elle, est restée confinée à sa théorie initiale: la fugue.

Nous, on ne croyait pas à ça. Mélina était une jeune fille qui aimait avoir du fun, elle était pleine d’énergie. Elle était particulièrement sociable et souhaitait être proche de tout le monde. Il fallait toujours qu’elle soit entourée de ses amis, de ses frères et soeurs.

Elle ne pouvait pas passer une journée sans leur parler pour avoir de leurs nouvelles, savoir ce qu’ils faisaient. Mes enfants sont très proches. Elle ne pouvait pas passer une journée sans les appeler.

Je ne vous mentirai pas. Ça ne s’est pas très bien passé avec la police ni avec les enquêteurs qui ont pris l’affaire en charge au fil des ans. Quand tu vois que ton enfant vulnérable de 13 ans disparaît dans des circonstances complètement floues comme ça, tu es prête, en tant que mère, à faire tout ce qu’il faut faire, même ta propre enquête. On a même fait appel à des voyants et des médiums plusieurs fois. Je ne comprends toujours pas pourquoi la disparition de Mélina n’a été que très peu médiatisée par la police, dès les premières heures. Elle n’avait que 13 ans...

Tout le monde dans la famille tremblait d’inquiétude, toujours un peu plus chaque jour, on se cassait la tête pour trouver des informations et savoir ce qui s’était passé. Mais jamais rien, rien, rien. Chaque fois que le téléphone sonnait, on pensait que c’était elle… On était tout le temps stressé, sur les nerfs, la mâchoire serrée. C’est vraiment pas drôle, passer à travers tout ça.

Courtoisie SQ
Vieillissement de Mélina Martin dévoilant son apparence possible à l'adolescence.

Face aux efforts de la police se limitant à leur théorie de la fugue, ma famille et moi on a pensé qu’elle n’avait vraiment pas de coeur. On s’est sentis abandonnés, on avait l’impression qu’ils ne voulaient pas nous aider, qu’ils n’en faisaient pas assez, comme sortir avec les chiens, fouiller les rivières, donner de la visibilité à sa disparition. Ils n’ont jamais fait ça.

Tout au long des 14 années suivant la disparition, j’ai continué d’être déçue par les efforts déployés, et ça continue, encore... On en a passé, des périodes de cinq ou six mois de silence, sans avoir aucune nouvelle de l’enquête. Il y a eu des problèmes de communications et, à force d’attendre des appels qui ne viennent pas, j’ai entièrement perdu confiance en eux.

Je comprends que l’enquêteur n’a pas à m’appeler chaque semaine pour me rapporter toutes les informations ou les nouvelles pistes découvertes. À chacun sa job. J’aurais juste aimé avoir un peu plus l’impression que la police déployait le maximum d’efforts pour la retrouver de son côté, et ce, dès le début. J’aurais aimé qu’ils nous rassurent sur le fait que chaque information trouvée ou reçue avait été vérifiée, qu’elle soit validée ou pas.

J’avoue que des fois, je me dis que le dossier de ma fille a été mis sur une tablette pis qu’il est resté là.

C’est là où le problème de communication et le manque de suivi des informations nous ont conduits. On s’est senti pogné à la gorge et on avait l’impression qu’il fallait faire les vérifications par nous-mêmes. Je me suis sentie mise de côté par les policiers alors que mon plus grand désir était de contribuer. C’est comme ça que je l’ai vécu, moi.

Vivre la peur au ventre

À la suite de la disparition, j’ai évidemment eu très peur pour mes autres filles. Aussitôt qu’une d’elles sortait de la maison, je lui disais toujours de laisser savoir où elle était sinon je paniquais, je voulais aller la retrouver, je me demandais constamment où elle était et je la grondais quand elle revenait après quelques heures sans m’avoir contactée.

«C’est pas parce que ça lui est arrivé que ça va m’arriver à moi!». Dans ma tête, je répondais qu’une disparue dans la famille, c’est assez... Y’en aura pas une deuxième...

J’ai eu un bébé l’année suivant la disparition. Sur le coup, je me suis dit: «le Bon Dieu m’en a enlevé une, mais il m’en a redonné une». Que voulez-vous, on trouve le réconfort où on peut…

Je me souviendrai longtemps les fois où, quand je lui parlais, Mélina se bouchait les oreilles en me disant «je t’entends pas, je t’entends pas!» et elle riait, elle riait! J’ai été renversée de m’apercevoir que ma plus jeune s’est mise à faire exactement les mêmes mimiques. Elle lui ressemble beaucoup physiquement. Je reconnais souvent Mélina chez ma petite fille.

C’est pour ça que je m’inquiète pas mal pour ma plus jeune. Elle a maintenant 13 ans, comme Mélina à sa disparition. C’est le pire âge, celui où les enfants couraillent le plus, ils veulent sortir avec leurs amis, demandent plus d’autonomie. Je m’assure toujours qu’elle ne soit pas sans contact avec moi trop longtemps.

Un marathon psychologique de 14 ans

Ce qui m’a gardé debout, c’est de ne pas avoir le choix. Pas le choix de continuer, d’aller de l’avant et d’entretenir l’espoir. Si on se laisse aller et qu’on ne fait plus rien, ça devient dangereux. Il faut se tenir occupé, on travaille, on fait toute sorte de choses, on jase avec les uns et les autres, etc.

Il faut garder espoir parce qu’on n’est pas les seuls à vivre la disparition d’un enfant, ça arrive plus souvent qu’on pense. Parfois aux nouvelles, ils annoncent en avoir retrouvé un en vie après 10-12 ans. Alors on se dit que nous aussi, ça peut nous arriver!

D’autres fois, ils annoncent avoir trouvé un corps. Automatiquement, on va écouter très attentivement pour savoir c’est qui et où ils l’ont découvert. On fouille les journaux le lendemain pour vérifier si c’est Mélina.

Qu’on la retrouve en vie ou pas, va falloir l’accepter pareil. Pour l’instant, on n’a aucune information sur l’une ou l’autre des possibilités. Si un jour on nous appelle parce qu’ils ont trouvé son corps, c’est à ce moment-là que notre deuil commencera, pas avant… Ça, c’est le genre de choses qui nous passe par la tête quand on fait face à ce type de situation. Ça donne une impression de contrôle. C’est pour ça qu’il faut se préparer, parce que oui, ça se peut qu’un jour on reçoive la nouvelle de son décès.

Si tel est le cas, on va continuer à vivre pareil, mais on va au moins arrêter d’être dans un casse-tête. C’est difficile, vivre comme ça, sur le qui-vive au quotidien, à l’affût de la moindre information, dans l’incertitude continuelle. Et l’attente...

Quand chercher devient une seconde nature

C’est vrai que le temps apaise certaines douleurs et certaines intensités, mais on pense à Mélina chaque jour. On est juste moins «à vif» aujourd’hui. J’ai des photos d’elle partout dans la maison, jusque dans mon auto. Elle n’est pas à nos côtés physiquement, mais au moins, elle est avec nous, partout et en tout temps.

Même si ça fait 14 ans que Mélina est disparue, les réflexes qu’on a développés avec les années demeurent bien ancrés. Par exemple, la famille et moi avons participé le samedi 25 mai à la Journée internationale des enfants disparus à Montréal.  

Notre monde ne pouvait pas s’empêcher de regarder partout dans la foule, d’un coup que Mélina soit là… Il nous en est passé des affaires dans la tête. Qu’est-ce qu’on ferait, comment on agirait si on la voyait de l’autre bord de la rue?

Quand je viens à Montréal, c’est toujours le même scénario parce que plusieurs informations semblent indiquer qu’elle pourrait s’y retrouver. Je suis plus hypervigilante, mon coeur bat plus vite, je scrute le visage des gens que je croise dans la rue, j’essaie de reconnaître sa démarche chez les passants, etc. Vous savez, Mélina était une fillette fière d’elle-même. Elle aimait être bien habillée, se maquiller… elle aimait être belle! Je cherche à reconnaître son visage, cette fierté chez les jeunes femmes que je croise dans la rue.

Et oui, j’ai construit mon lot de regrets avec le temps. «Je n’aurais jamais dû la débarquer au parc», ça, je l’ai regretté un bon bout. Mais en même temps, on sait jamais d’avance ce qui peut arriver. Elle voulait tellement y aller, je l’ai fait pour son plaisir et c’était en plein jour… En plein jour…  

Des hauts et des bas

Commémorations, anniversaires, recherches sur le terrain, appels téléphoniques, attente, espoirs, déceptions… J’en ai vécu, des hauts et des bas. Les jours s’enchaînent et se ressemblent. Les jours où je reçois une bonne nouvelle, ça nourrit mon courage. Inversement, une mauvaise nouvelle ou un espoir déchu plombent le moral. Ça monte et ça redescend, mais on essaie de garder l’espoir intact malgré tout.  

On se dit qu’un jour ça va finir par aboutir, qu’il va y avoir une fin à tout ça.

Bien que je vive cet enfer depuis 14 ans maintenant, je ne me sens pas trop au bout du rouleau parce que je me tiens occupée. On s’entend que quand je me couche le soir, je ferme les yeux et je dors dur.

Je sais que c’est important de se changer les idées, de garder le rythme. Je ne suis pas seule non plus, on a des grosses familles chez nous: mes six autres enfants, mes 14 frères et soeurs et mes neveux et nièces m’offrent leur soutien et cela fait toute la différence.

La famille, c’est notre centre de commandement. Chacun apporte sa contribution à sa façon, il y en a qui se promènent partout, d’autres sont plus sur l’ordinateur pour y diffuser des photos et des informations. Ensuite, on parle ensemble de ce qu’on a fait, ce qu’on a obtenu comme infos, on fait des vérifications.

C’est notre nouvelle dynamique familiale. Alors qu’avant on faisait des gros partys de famille, maintenant, on se contente de se rassembler. Quelque chose s’est brisé. On sait qu’il en manque une, alors que tous les autres sont là. Il y a ce vide qu’on ressent tous…

Courtoisie
Mélina Martin avant sa disparition.

Les ressources manquent

La ressource qui manque le plus est certainement l’argent. Si on n’en a pas, on est bloqué. Je ne peux pas vraiment me fier sur ma paye, je travaille au salaire minimum dans un restaurant, comme deux autres de mes filles.

Ça fait que je ne peux pas me permettre financièrement de dire: «Bon bien aujourd’hui je prends ma paye et je monte à Montréal pour faire faire des affiches, ci et ça». Je n’ai pas le luxe de pouvoir assumer de telles dépenses pour essayer de faire avancer les choses.

La ressource qui nous a le plus aidés est le réseau Enfants-Retour. Ils nous contactent quand ils reçoivent de nouvelles informations et c’est eux qui nous soutiennent dans les démarches d’entrevues à la télévision pour donner un maximum de visibilité à la disparition de Mélina.

C’est la visibilité, dans le cas d’une disparition d’enfant, qui fait toute la différence.

D’ailleurs, les recherches pour retrouver Mélina ont connu un second souffle en novembre 2018, quand une équipe de plongeurs a fouillé la rivière Yamaska lors d’une pratique. Bien qu’elle n’ait rien trouvé, l’événement aura au moins eu le mérite de relancer l’affaire. On parlait d’elle à la télévision, dans les journaux, un peu partout sur le web.  

Les gens se réveillent: «Hey, elle n’a pas encore été retrouvée, on l’a pas oubliée!» C’est ce type d’interventions qui fait le plus bouger les choses, parce plus il y a de gens qui regardent, mieux c’est.

Ça nous a donné un coup de fouet, parce que normalement, c’est juste une fois par année que les journalistes me contactent pour une entrevue à l’occasion du jour de sa disparition ou de la journée internationale des enfants disparus.  

Maintenant que je vous ai raconté mon histoire, c’est à ma fille que je souhaite m’adresser:

«Mélina, si tu nous entends ou si tu lis ce témoignage, appelle-nous, on va venir te chercher, peu importe où tu es, n’hésite pas, même si tu es mal prise. Je t’aime, on t’aime tous et on attend ton retour. Le jour de ta fête, je pense à toi et j’allume des bougies. J’en ajoute une chaque année.»

- Toute information susceptible d’aider les enquêteurs à retrouver Mélina Martin peut être communiquée à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec, au 1 800 659-4264.

 

- Vous pouvez aussi contacter le Réseau Enfants-Retour au 1 888-692-4673.

 

- La disparition de Mélina Martin a fait l’objet d’un épisode de la série Où es-tu?, animée par Marie-Claude Barrette, diffusé en janvier 2019 sur la chaîne de Moi et Cie.

La section Perspectives propose des textes personnels qui reflètent l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.

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