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18/07/2019 11:57 EDT | Actualisé 18/07/2019 16:34 EDT

Les propos de Trump condamnés par Trudeau et Tusk

«Je veux que personne au Canada ne pense que ces propos sont acceptables, parce qu’ils ne le sont pas» - Justin Trudeau

Tant le premier ministre Justin Trudeau que le président du Conseil européen Donald Tusk ont condamné les récents propos du président américain Donald Trump sur quatre élues démocrates.

Un groupe de supporters de M. Trump ont scandé “Renvoyez-la! Renvoyez-la!”, lors d’un rallye en Caroline du Nord mercredi soir, à l’intention d’Ilhan Omar, une fille de réfugiés somaliens élue au Congrès l’an dernier. Elle est l’une des quatre élues visées par des propos du président américain, qui leur disait de “retourner” dans leur pays d’origine si elles sont insatisfaites des États-Unis.

De passage à Montréal pour le Sommet entre l’Union européenne et le Canada, M. Tusk a envoyé une petite pique aux Américains: “Je me sens vraiment chez moi, ici, pour de nombreuses raisons, mais aussi parce qu’à Montréal, je n’ai entendu personne dire: ‘Renvoyez-le chez lui!’”

Le président du Conseil européen, qui se décrit comme l’un des politiciens les plus “pro-Américains” d’Europe, a dit qu’il ne voulait pas commenter les “politiques internes” des États-Unis. Mais certains propos tenus récemment sont “difficiles à comprendre”, a-t-il admis, et il a senti le besoin de dire quelque chose.

“Parfois, quand on sent qu’il y a quelque chose de complètement inacceptable, il faut réagir, malgré les affaires, malgré les intérêts [commerciaux]. Pour moi, les valeurs sont beaucoup plus importantes que le libre-échange. Désolé, je suis peut-être vieux jeu”, a ajouté M. Tusk, qui termine son mandat au mois de novembre.

Le premier ministre Trudeau n’a pas visé le président Trump directement, mais s’est contenté de dire que les propos de mercredi soir, étaient “blessants et inacceptables”. “Je veux que personne au Canada ne pense que ces propos sont acceptables, parce qu’ils ne le sont pas”, a-t-il précisé.

M. Trump a déclaré jeudi qu’il désapprouvait les slogans scandés la veille à son rallye de campagne et qu’il avait tenté d’interrompre ces chants. Dans les faits, il a laissé la foule scander “Renvoyez-la!” et a multiplié les attaques contre Mme Omar.

 

Discussions sur l’accord économique entre le Canada et l’Europe

Le premier ministre Justin Trudeau et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont entamé leurs discussions officielles qui seront axées sur l’accord commercial global avec l’Union européenne.

Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, se joindra à eux jeudi à Montréal.

Cette rencontre suit une visite du port de Montréal par les dirigeants du bloc des 28 pays, mercredi.

MM. Trudeau et Tusk discuteront des mérites de l’Accord économique et commercial global, ou AECG, qui donne aux entreprises canadiennes un accès privilégié à 500 millions de consommateurs européens et à un marché de 24 000 milliards de dollars.

 Le Parlement du Canada a déjà ratifié le pacte avec le soutien des libéraux et des conservateurs, mais sept politiciens canadiens et québécois ont envoyé cette semaine une lettre aux législateurs français pour les exhorter à ne pas suivre leur exemple.

Des groupes de gens d’affaires canadiens et le ministre du Commerce international, Jim Carr, ont qualifié cette lettre de décevante et de troublante, étant donné l’approbation précédente de l’accord par la Chambre des communes.

Jusqu’à présent, 13 pays de l’UE ont ratifié l’accord, mais la quasi-totalité de l’AECG — plus de 90 pour cent — est entrée en vigueur en septembre 2017 à titre d’application provisoire.