POLITIQUE
25/09/2019 18:40 EDT | Actualisé 26/09/2019 08:31 EDT

Deuxième jour de promesses vertes pour les libéraux

S’il est réélu, Justin Trudeau s’engage entre autres à mettre sur pied une assurance nationale contre les inondations.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz
Le chef libéral Justin Trudeau s’adresse aux médias alors qu’il fait campagne à Delta, en Colombie-Britannique, le mercredi 25 septembre 2019.

Le Parti libéral du Canada promet d’aider les propriétaires à se préparer à d’éventuels dommages causés par le changement climatique et de consentir des prêts à taux nul pour rendre les maisons plus écoénergétiques.

Pour la deuxième journée consécutive, le chef libéral en campagne a donc fait des promesses liées à l’urgence climatique. Justin Trudeau était mercredi dans la cour d’une maison de Delta, en Colombie-Britannique, dans la région métropolitaine de Vancouver.

“On va être là pour aider les gens parce qu’on reconnaît que les changements climatiques sont une réalité et affectent et affecteront de plus en plus les familles, a-t-il dit. Les conservateurs ne comprennent pas ça. Et c’est ça le choix que les Canadiens doivent faire dans cette élection.”

Le chef libéral a admis qu’il était difficile d’aider les gens à déterminer s’ils devaient reconstruire après une inondation - et à quel endroit. Son plan d’atténuation sera lancé avec 150 millions $ pour compléter la cartographie des inondations dans chaque province et territoire, afin d’identifier les terrains les plus à risque.

M. Trudeau promet également un programme d’assurance contre les inondations, à faible coût, offert par l’intermédiaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), et un plan national visant à aider les propriétaires à déménager s’ils subissent des inondations à répétition. “Nous reconnaissons tout d’abord que beaucoup de gens ne peuvent plus obtenir d’assurance contre les inondations”, a-t-il déclaré. “Nous savons que le gouvernement doit intervenir.”

Des secteurs de l’ouest du Québec, de l’est de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick ont été touchés par des inondations majeures pour la deuxième fois en trois ans au printemps dernier, poussant un certain nombre d’experts et des gouvernements provinciaux à suggérer que les changements climatiques exigent de revoir toute la planification en cas de catastrophe. Le premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré plus tôt cette année que son gouvernement limitait l’indemnisation à 100 000 $, mais qu’il offrirait une aide ponctuelle de 200 000 $ aux propriétaires qui accepteraient de déménager dans des zones moins inondables.

Assurance-emploi en cas de catastrophe

Pour ceux qui ont subi des inondations ou des incendies de forêt qui les ont forcés à quitter leur domicile ou les ont empêchés de travailler, M. Trudeau promet un programme national de prestations d’assurance-emploi en cas de catastrophe.

“Si vous venez de subir un feu de forêt ou une inondation, vous devez d’abord rebâtir votre vie, et non vous concentrer sur la manière de payer les dégâts ou les factures après une absence du travail”, a soutenu M. Trudeau.

M. Trudeau était accompagné mercredi d’un certain nombre de candidats libéraux, notamment Carla Qualtrough, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, dans sa circonscription. La Colombie-Britannique constitue l’un des plus importants champs de bataille de cette campagne. En cas de gouvernement minoritaire, cette province pourrait aussi déterminer à la fois qui remportera le plus de sièges et qui détiendra la balance du pouvoir.

M. Trudeau a également annoncé que la SCHL pourrait offrir des prêts sans intérêt, pouvant aller jusqu’à 40 000 $, pour permettre aux propriétaires d’effectuer des rénovations écologiques allant de nouvelles fenêtres et de nouveaux systèmes de chauffage à l’ajout de panneaux solaires ou de systèmes d’énergie géothermique. Le gouvernement soutiendrait également des programmes de formation destinés aux entrepreneurs pour effectuer les travaux de rénovation.

Les libéraux affirment que le coût total de toutes les mesures annoncées mercredi s’élèverait à 370 millions $ à compter de 2020-2021, et passerait à 432 millions $ d’ici 2023-24 - dont la majeure partie proviendrait de la SCHL. Ils estiment qu’environ 70 millions $ proviendraient des recettes générales en 2020-2021 pour financer le programme de formation et la cartographie des inondations, mais que cette enveloppe tomberait à 20 millions $ d’ici 2023-2024.

M. Trudeau a été appelé par ailleurs à réagir à un article du “Globe and Mail” dans lequel la députée libérale de Vimy, Eva Nassif, allègue que le parti l’a empêchée de se porter à nouveau candidate à Laval parce qu’elle n’avait pas voulu faire l’apologie de Justin Trudeau comme “féministe”. Sa résistance aurait été liée

à l’affaire SNC-Lavalin, alors que l’opposition reprochait au premier ministre le traitement subi par les anciennes ministres Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott. Conservateurs et néo-démocrates accusaient alors M. Trudeau d’être un “faux féministe”.

Le chef libéral a assuré mercredi que ce n’était pas là la raison pour laquelle le Parti libéral avait montré la porte à Mme Nassif - mais il a refusé de dévoiler cette raison.

Justin Trudeau a terminé sa journée dans un rassemblement à Thunder Bay, en soirée. Il a livré un discours dynamique visant en grande partie à dénoncer les coupes du premier ministre ontarien Doug Ford, qui vont entraîner une augmentation du nombre d’élèves par classe dans les écoles et une réduction du nombre de lits disponibles dans les hôpitaux, a-t-il dit.

Le chef libéral a aussi promis de travailler à améliorer les conditions de vie de la population autochtone en développant des lois sur les soins de santé faites sur-mesure pour les communautés autochtones. Il s’engage à investir dans des infrastructures à l’intérieur des communautés pour résoudre les problèmes de logement, de routes, d’écoles et d’accès à Internet.

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