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14/01/2021 14:45 EST | Actualisé 14/01/2021 15:06 EST

Vaccination: Québec opte pour une 2e dose entre 42 et 90 jours après la première

Les études n'ont pas encore permis de déterminer ce qu'il advenait de l'immunité après 42 jours, mais Québec, sur les recommandations d'experts, va de l'avant, voulant protéger le plus de personnes vulnérables.

La Presse Canadienne/Jacques Boissinot
Le ministre de la Santé Christian Dubé.

La deuxième dose des vaccins contre la COVID-19 pourra être administrée entre 42 et 90 jours après la première, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Christian Dubé.

Le gouvernement va de l’avant avec le report de la deuxième dose, après avoir consulté des experts du Comité d’immunisation du Québec sur la question.

En conférence de presse toutefois, le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique du Québec, a mentionné que les études faites jusqu’à présent n’ont pas permis de savoir si l’immunité était toujours garantie au-delà de 42 jours après la première dose.

M. Massé s’est dit tout de même confiant avec cette façon de faire, précisant que les nombreuses expériences avec des vaccins dans le passé ont su démontrer que l’immunité ne disparaissait pas du jour au lendemain, et que même si la deuxième dose est repoussée, on peut se permettre de penser que c’est «sécure et efficace.»

«Ce n’est pas une décision de quelques personnes en catimini, ça a été réfléchi, les experts en immunisation nous disent que ce qu’on fait, c’est la bonne décision», a renchéri le conseiller médical.

«On a calculé que ça nous permettrait de devancer, peut-être pas de 42 jours de plus, mais de devancer pour près d’un demi-million de personnes la vaccination. […] C’est un impact très important, de gagner quelques semaines, c’est gagner beaucoup de cas, beaucoup de transmissions, d’hospitalisations, de décès.»

Le ministre Dubé a réitéré que le gouvernement souhaite que le plus grand nombre possible de personnes vulnérables aient accès à une première dose. 

Mais l’objectif, ultimement, est de réduire l’intervalle entre les deux doses, dès que le Québec aura accès à un plus grand nombre de doses. «Si on avait [plus de] vaccins, on n’en serait pas là», a lancé Richard Massé.

À l’heure actuelle, plus de la moitié des résidents des CHSLD ont reçu une première dose, selon le ministre Dubé.

Selon Ottawa, la deuxième dose des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna devraient idéalement être administrées au plus tard six semaines après la première. M. Dubé a tenu à rappeler que le fédéral avait par contre précisé que chaque province devait tenir compte de son contexte épidémiologique.

«Dans notre contexte, c’est la meilleure stratégie, on doit composer avec très, très peu de vaccins, on est engagé dans une course contre la montre», a déclaré Christian Dubé.

Le ministre a laissé savoir que le gouvernement avait communiqué avec Pfizer pour informer de cette décision. Il a indiqué que l’objectif de cette communication n’était pas d’obtenir une approbation de la compagnie pharmaceutique.

Les résidents des RPA bientôt vaccinés

Selon le ministre, reporter la deuxième dose pour tous permettra de vacciner les aînés des résidences pour personnes âgées (RPA), qui viennent après les résidents des CHSLD et les employés de la santé dans l’ordre des priorités.

Christian Dubé a ainsi annoncé que la vaccination dans les RPA devrait commencer le 25 janvier.

«La lumière est vraiment au bout du tunnel, on la voit. On fait le plus vite possible pour vacciner les autres pour que vous puissiez retrouver une vie la plus normale possible», a-t-il assuré, après avoir fait référence à la décision «crève-coeur» du gouvernement de ne plus donner accès aux cafétérias dans les RPA, où les repas sont servis dans les chambres depuis le 9 janvier.

Un confinement qui pourrait «se durcir»

Ce n’est pas parce qu’on a un vaccin qu’on doit relâcher les bonne habitudes de la distanciation sociale et du port du masque, a rappelé Christian Dubé, qui a évoqué, notamment, un relâchement dans les CHSLD, où «on se sent immunisé» par le vaccin.

Même si le nombre de cas est assez stable depuis quelques jours, le nombre d’hospitalisations et de décès, eux, demeurent inquiétants, a-t-il souligné. «Sauver des vies, c’est un impératif moral, réduire le nombre d’hospitalisations, c’est une nécessité.»

Malgré le couvre-feu mis en place par le gouvernement, «le confinement pourrait se durcir si ça ne s’améliore pas», a-t-il averti. «Au lieu de vous demander comment contourner les règles, demandez-vous plutôt comment vous conformer aux règles.» 

Pour visionner la conférence de presse: