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31/03/2020 20:11 EDT | Actualisé 31/03/2020 20:16 EDT

Des détenus pourraient jouir d'une libération anticipée, suggère le ministre

Bill Blair a fait cette demande afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans les pénitenciers.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair (photo d'archives)

OTTAWA — Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a demandé au Service correctionnel et à la Commission des libérations conditionnelles d’envisager la libération anticipée de certains détenus afin de limiter la propagation de la COVID-19 dans les pénitenciers.

Le gouvernement s’est engagé à protéger les détenus, le personnel correctionnel et la population, compte tenu des risques particuliers que pose le coronavirus pour les pénitenciers, a expliqué dans un communiqué Mary-Liz Power, porte-parole du ministre.

«Le ministre Blair a demandé à la commissaire du Service correctionnel du Canada et à la présidente de la Commission des libérations conditionnelles de déterminer si des mesures pourraient être prises afin de faciliter la libération anticipée de certains délinquants.»

Service correctionnel Canada dit travailler en étroite collaboration avec la Commission des libérations conditionnelles pour évaluer toutes les options possibles en s’assurant que les libérations soient sécuritaires, a fait savoir la porte-parole Martine Rondeau.

Selon la loi, la décision d’accorder une libération conditionnelle appartient à la commission, a-t-elle ajouté.

À son tour, la commission a pris bonne note de la requête du ministre et a confirmé qu’elle collaborait étroitement avec SCC et la Sécurité publique pour évaluer toutes les options possibles concernant la libération de détenus afin de prévenir la propagation de la COVID-19.

La porte-parole de la commission, Iulia Pescarus Popa, a poursuivi en indiquant que les dossiers de chaque contrevenant sont évalués au cas par cas.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau reconnaissait que les détenus étaient davantage à risque de contracter le SARS-CoV-2 et de le transmettre au reste de la population carcérale.

On apprenait lundi que deux détenus au pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, avaient été infectés par le coronavirus. Il s’agit des premiers cas confirmés de contamination de détenus dans un établissement carcéral fédéral. Les deux patients détenus se trouvent isolés du reste de la population carcérale et un isolement cellulaire a été imposé dans tout le pénitencier. De plus, Service correctionnel a indiqué que neuf employés du pénitencier de Port-Cartier avaient déjà reçu des résultats positifs auparavant.

Le syndicat est contre

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada, qui représente les employés des 49 établissements fédéraux, affirmait lundi que «la libération de quelques individus ne résoudra pas la propagation potentielle de la COVID-19 dans nos établissements. Elle ne fera qu’augmenter le risque pour les Canadiennes et les Canadiens».

«Nous n’avons qu’à nous rappeler la récente tragédie vécue en janvier dernier au Québec où un détenu en semi-liberté a assassiné une citoyenne. Même les détenu-es en liberté sous condition peuvent constituer une menace pour la société», soutient le syndicat.

«Le Canada est en crise et ses citoyens font déjà face à une menace potentiellement mortelle. Il est irresponsable d’introduire de nouvelles menaces dans nos collectivités (...) L’accent doit être mis sur la modification des routines dans nos établissements dans le but de respecter la distanciation sociale imposée et les directives d’auto-isolement», croit le syndicat.

Le Service correctionnel du Canada a déjà suspendu les visites du public aux détenus dans tous les établissements.

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