NOUVELLES
25/08/2019 11:58 EDT

Le designer Markantoine et son conjoint agressés dans Charlevoix

Ils ont été victimes d’une agression dans la nuit de vendredi à samedi à La Malbaie, alors qu’ils y célébraient le lancement de la première capsule du jeune créateur chez Simons.

Markantoine Lynch-Boisvert/Facebook

Le designer Markantoine Lynch-Boisvert et son conjoint Alex James Taboureau ont été victimes d’une agression dans la nuit de vendredi à samedi à La Malbaie, alors qu’ils y célébraient le lancement de la première capsule du jeune créateur chez Simons. Le couple a affirmé qu’il s’agit d’une attaque à caractère homophobe.

Le designer, originaire de la Mauricie, a publié une photo de son visage tuméfié sur Facebook et raconté que son «week-end à Charlevoix [a tourné] au cauchemar» quand quelqu’un a lancé: «esti de fif».

Markantoine et son amoureux auraient ensuite été battus par «trois hommes, [qui] les ont poursuivis dans la rue pour les frapper«, a indiqué M. Taboureau à Radio-Canada.

«J’entend encore un des gars qui dit “arrête tu vas le tuer” à celui qui me bottait le visage librement, Alex qui se débattait pour essayer de m’aider, la peur dans ses yeux», a-t-il témoigné sur le média social.

La mère de Markantoine, Chantal Lynch, a confirmé au Devoir que «ce dernier aurait subi une commotion cérébrale et de multiples fractures au visage». Il devait être opéré hier soir «au visage (...) dans un centre hospitalier de Québec.

«Ça a été un très gros traumatisme», a confié son compagnon Alex Tourangeau à Radio-Canada.

La Sûreté du Québec aurait ouvert une enquête après que l’une des victimes a officiellement porté plainte. Des témoins seront rencontrés, a indiqué le porte-parole Louis-Philippe Bibeau.

Entre indignation et profonde tristesse

Cet événement a suscité des réactions chez plusieurs personnalités publiques québécoises. Catherine Brunet, une proche amie du designer, a ainsi dit: «Je peux pas croire qu’on en est encore là. Que certains humains prétendent qu’il n’y a plus d’homophobie au Québec. (...) Le travail doit continuer. On doit prendre les armes. Les armes d’amour, d’éducation, d’ouverture. Encore.»

Ingrid Falaise, Vincent Graton, Annie-Soleil Proteau, Karine St-Michel, Alanis Désilets, Simon Boulerice et Guy A. Lepage se sont également indignés de cette attaque.

La ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a qualifié les gestes commis de «complètement inacceptables» sur Twitter samedi soir. 

Mick Côté, chef des nouvelles numériques de La Presse canadienne, s’est aussi exprimé sur le sujet. 

La directrice générale de l’Alliance Arc-en-ciel de Québec, Julie Dubois, a rappelé, en entrevue au Devoir, la nécessité de continuer la sensibilisation à la cause LGBTQ+: «On entend souvent des gens qui demandent pourquoi les événements de la Fierté sont nécessaires en 2019, et là on en a la preuve. Il y a encore de la défense des droits à faire, il faut continuer de lutter.»