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28/07/2019 12:30 EDT

Un demandeur d'asile menacé de déportation craint pour sa vie

Son expulsion par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est prévue pour le 3 août, à moins d’une intervention de dernière minute.

Tony Studio via Getty Images

MONTRÉAL — Un demandeur d’asile arrivé à Montréal en 2016 est menacé de déportation vers la Guinée, même s’il dit craindre sérieusement pour sa vie en raison de son orientation sexuelle. Son expulsion par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est prévue pour le 3 août, à moins d’une intervention de dernière minute.

Le statut de réfugié lui a été refusé en 2017. Un permis de séjour temporaire lui a donné un sursis de six mois que l’ASFC a refusé de prolonger. On lui a ensuite refusé un permis de résidence pour des considérations d’ordre humanitaire et finalement, une dernière demande d’examen des risques avant renvoi (ERAR) s’est avérée vaine.  

Selon son avocat Stewart Istvanffy, il ne reste plus qu’à espérer une intervention de la Cour fédérale. Une audience est prévue lundi après-midi.

«On espère que la Cour fédérale va intervenir pour faire respecter notre charte [des droits et des libertés], qu’il y aura un contrôle de la légalité de cette décision qui va très fortement à l’encontre de nos valeurs les plus profondes», a commenté l’avocat spécialisé en immigration et en droits de la personne.

Celui que l’on présente uniquement sous le pseudonyme de Karim, afin de protéger son identité, raconte être arrivé à Montréal en août 2016 afin de demander le statut de réfugié. Il affirme avoir fui pour sauver sa peau quand sa famille et le parti politique d’opposition au sein duquel il militait ont découvert sa bisexualité.

Il explique qu’il vivait en quelque sorte une double vie, où il cachait sa véritable orientation sexuelle.

«Ce qui m’a fait fuir le pays, c’est le fait que j’étais haï par ma famille et mon parti», confie-t-il en précisant avoir notamment été menacé par un oncle.

«J’ai abandonné tout pour sauver ma vie. J’ai laissé ma petite fille qui n’avait que trois mois. Ce n’est pas pour rien que j’ai quitté le pays», ajoute l’homme qui a vu sa demande d’asile refusée par Immigration Canada en 2017.

Menacé de déportation une première fois en 2017, il a été épargné in extremis le jour même de son départ grâce à l’intervention du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Ahmed Hussen.

«Ils sont intervenus pour lui donner un permis de séjour temporaire quand le dossier a été médiatisé. Malheureusement, il semble que les libéraux ont décidé de continuer avec les politiques de déportations arbitraires des conservateurs», dénonce son avocat Me Istvanffy.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il craint en Guinée, Karim répond sans hésiter: la mort.

«[Je suis] quelqu’un qui n’a personne pour le protéger. Ta famille t’a haï, tes amis t’ont haï. Qui peut t’aider? Qu’est-ce que tu vas faire là-bas? C’est la mort qui m’attend. Rien que ça.», confie-t-il.

Karim implore le gouvernement canadien de ne pas prendre le risque de le renvoyer en Guinée.

«J’avais tout ce qu’il faut dans mon pays. J’avais les moyens, je n’avais pas l’ambition de m’en aller et je ne serais pas parti si je n’avais pas eu ce problème», assure l’homme qui mise sur de plus en plus d’appuis politiques et communautaires au Québec.

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