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Les libéraux annoncent une déduction d'impôt de 400$ pour les bureaux à domicile

Les télétravailleurs ne devraient pas avoir besoin de faire un «suivi détaillé» de leurs dépenses.
Le premier ministre Justin Trudeau s'entretient par téléconférence avec les leaders du G7 pendant sa période d'isolement volontaire à Rideau Cottage, Ottawa, le 16 mars 2020.
Le premier ministre Justin Trudeau s'entretient par téléconférence avec les leaders du G7 pendant sa période d'isolement volontaire à Rideau Cottage, Ottawa, le 16 mars 2020.

Les millions de Canadiens qui ont été forcés de faire du télétravail en raison de la pandémie pourront déduire 400 $ dans leur déclaration de revenus de 2020 en vertu d’une «déduction pour frais de bureau à domicile» simplifiée, selon le nouvel énoncé économique de l’automne du gouvernement fédéral publié lundi.

«[L’Agence du revenu du Canada] permettra aux employés qui auront travaillé à domicile en 2020 en raison de la COVID-19 et qui doivent assumer des frais modestes de présenter des déductions pouvant atteindre 400 $, fondées sur les heures travaillées à la maison, sans avoir à faire un suivi détaillé des dépenses. De façon générale, ces personnes n’auront pas à fournir de formulaire signé de leur employeur», indique le communiqué.

La nouvelle déduction élargit les règles actuelles sur les «dépenses d’espace de travail à domicile» qui permettent aux travailleurs de déduire seulement une partie de leurs dépenses liées au télétravail — y compris les frais d’électricité, de chauffage et d’entretien — selon des paramètres très limités.

Les modalités détaillées de cette nouvelle déduction devraient être annoncées dans les «prochaines semaines» par l’Agence du revenu du Canada.

La ministre des Finances Chrystia Freeland a déposé lundi le mini-budget tant attendu à la Chambre des communes et a déclaré que le gouvernement «ferait tout ce qu’il faut pour aider les Canadiens à rester en bonne santé, en sécurité et solvables».

La ministre des Finances Chrystia Freeland présente la mise à jour économique de 2020 à la Chambre des communes, le 30 novembre 2020.
La ministre des Finances Chrystia Freeland présente la mise à jour économique de 2020 à la Chambre des communes, le 30 novembre 2020.

Promettant d’investir dans «toutes les mesures de santé publique nécessaires et utiles», Freeland a promis que le gouvernement fédéral «soutiendra les familles canadiennes et les entreprises canadiennes, de manière délibérée, prudente et efficace»

Cette prudence a toutefois un prix. Le coût total des mesures de direction «pour lutter contre le virus et aider les gens» a atteint 322 milliards de dollars jusqu’à présent, a-t-elle affirmé, plus 85 milliards de dollars supplémentaires en report d’impôts et de droits.

«Il s’agit du plus important programme d’aide économique pour notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale.»

En septembre, le directeur parlementaire du budget a publié un rapport qui prévoyait que le déficit de cet exercice atteindrait la barre des 328,5 milliards de dollars.

La mise à jour de lundi prévoit que le déficit passe à 381,6 milliards de dollars.

Malgré le fait que l’énoncé économique de l’automne souligne que ce niveau de «dépenses extraordinaires» est limité dans le temps, Freeland a déclaré que lorsque la COVID-19 sera sous contrôle, des investissements supplémentaires seront consentis pour stimuler l’économie post-pandémique du Canada.

Le gouvernement prévoit annoncer un plan de relance triennal en vertu duquel il consacrera trois à quatre pour cent du produit intérieur brut à des programmes et des mesures visant à stimuler l’économie. Freeland estime le coût de ce plan de relance entre 70 et 100 milliards de dollars.

«Nos mesures de relance seront conçues, d’abord et avant tout, pour fournir le soutien financier dont l’économie canadienne a besoin pour fonctionner à sa pleine capacité et pour empêcher la COVID-19 de nuire à long terme à notre potentiel économique.»

Il s’agit de la première mise à jour financière de Freeland, à la suite de la démission en août de son prédécesseur, Bill Morneau, après le scandale de WE Charity.

Une tendance qui se poursuivra

Depuis le début de la pandémie en mars, tous les Canadiens qui peuvent travailler à domicile ont été encouragés à le faire pour réduire le risque de transmission de la COVID-19 dans les milieux de travail.

Statistique Canada a constaté que 39,1% des travailleurs faisaient du télétravail à la fin de mars, soit après l’entrée en vigueur des mesures de distanciation physique pendant la première vague de la pandémie.

Mais tous les secteurs ne se prêtent pas au télétravail de la même façon.

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Quatre-vingt-cinq pour cent des personnes occupant un emploi dans la finance, les assurances et les services éducatifs étaient susceptibles de pouvoir faire la plupart de leur travail à domicile, selon StatCan.

Un contraste frappant avec les 6 pour cent de travailleurs des services d’hébergement et de restauration; et 4 pour cent des personnes travaillant dans la foresterie, la pêche et la chasse qui ont une capacité de télétravail.

Il y a aussi un fossé en fonction du niveau d’éducation.

Statistique Canada a constaté que les travailleurs de moins de 25 ans et ceux qui n’ont pas de diplôme d’études secondaires ont les plus faibles possibilités de télétravail, «puisque ces caractéristiques sont souvent associées au salaire minimum et aux travailleurs à faible revenu».

La pandémie a remodelé la façon dont des millions de Canadiens travaillent, et les résultats du sondage de StatCan suggèrent que la tendance vers le travail à distance est susceptible de perdurer.

En février, avant l’adoption des mesures de distanciation physique dans tout le pays, 16,6% des entreprises ont déclaré qu’au moins 10% de leurs employés travaillaient à distance.

À la fin du mois de mai, ce chiffre avait doublé: près d’un tiers des entreprises déclaraient qu’au moins 10 pour cent des employés travaillaient à domicile.

Statistique Canada estime que 22,5 pour cent des entreprises continueront d’avoir au moins 10 pour cent de leurs employés en télétravail après la fin de la pandémie.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

À VOIR: 4 mythes sur le télétravail

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