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17/05/2020 13:13 EDT | Actualisé 17/05/2020 16:37 EDT

Décès de Monique Mercure: le milieu culturel salue une grande actrice

La directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde, Lorraine Pintal, parle notamment d’une «perte incroyable» pour le milieu culturel.

CP PHOTO/David Boily
Monique Mercure, lors du gala des prix Gémeaux, le dimanche 9 septembre 2007, à Montreal.

MONTRÉAL - Le décès de la comédienne Monique Mercure, à l’âge de 89 ans, dimanche, fait fuser les hommages de collègues, amis et personnalités politiques.

Sa grande amie Monique Miller, qui lui a souvent donné la réplique au fil des décennies, espère que cette triste nouvelle donnera néanmoins l’occasion de revisiter ses oeuvres.

«Elle va rester dans notre coeur, a déclaré l’actrice, qui l’appelait régulièrement à sa maison de soins palliatifs. Gardons-en un grand souvenir.»

 La directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde redoutait ce jour, qui marque une «perte incroyable» pour le milieu culturel.

Malgré l’éclectisme de sa carrière, c’est au théâtre que cette grande actrice «à la nature de conquérante» restait ancrée, avance Lorraine Pintal, qui l’a elle-même dirigée à plusieurs reprises.

Mme Pintal raconte que lorsqu’elle avait remporté le prix d’interprétation féminine à Cannes pour son rôle dans «J.A. Martin photographe», elle était montée sur les planches du TNM plutôt que d’aller cueillir son trophée. «L’endroit où il fallait que je sois ce soir, c’est devant vous», a-t-elle lancé au public qui lui avait réservé une ovation monstre.

Monique Miller et Lorraine Pintal s’entendent pour dire que ce départ, qui suit de peu celui de la chanteuse Renée Claude, laisse un vide qui sera difficile à combler pour la nouvelle génération d’artistes.

«Il faut que les jeunes se rappellent de Monique Mercure - et pas juste pendant six mois! On peut avoir la prétention de tout réinventer, d’être à l’avant-garde de l’innovation, mais ces gens-là l’ont été bien avant nous et l’ont fait parfois dans des conditions très difficiles. C’est ce qui a pavé la route de ce que nous sommes aujourd’hui», insiste Mme Pintal, en évoquant d’autres disparues comme Janine Sutto et Monique Leyrac.

Le directeur général du Conseil des arts du Canada, Simon Brault, pleure aussi une complice de longue date.

Dans un hommage publié sur les réseaux sociaux, il a écrit que Monique Mercure a laissé «une trace distinctive et indélébile» sur toutes les scènes et écrans qu’elle a traversés.

«Fougueuse, brave et déterminée, elle avait une verve et un franc-parler que beaucoup craignaient. Elle avait aussi un sens de l’humour et de l’autodérision beaucoup trop rares dans un monde qui se prend tellement au sérieux», a ajouté celui qui lui avait succédé à la tête l’École nationale de théâtre du Canada et qui est aujourd’hui président de la Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles.

Réactions politiques

La classe politique n’a pas manqué de souligner sa contribution.

Monique Mercure «a marqué plus d’une génération», a écrit le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sur Twitter.

«Elle a contribué à faire rayonner le cinéma québécois au-delà de nos frontières, et son héritage se perpétuera à travers son oeuvre», a-t-il déclaré.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a également offert ses condoléances à la famille sur Twitter.

«Monique Mercure nous laisse avec d’inoubliables rôles au théâtre, au petit, et au grand écran, et autant de preuves de son immense talent et de son vaste registre», a déclaré la ministre québécoise de la Culture, Nathalie Roy.

«Elle laisse une oeuvre immense et son amour pour la scène restera à jamais dans l’histoire du Québec», a pour sa part écrit la nouvelle chef du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a salué à son tour un «immense talent».

À Montréal, la mairesse Valérie Plante a souligné que «sur scène comme à l’écran, petit ou grand, Monique Mercure nous a fait rayonner et aura marqué notre imaginaire, notre culture et notre histoire».

Le Centre national des arts, à Ottawa, a d’ailleurs annoncé qu’il mettait son drapeau en berne dimanche.