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13/07/2020 20:46 EDT

La mère de Romy et Norah parle d'une «douleur incommensurable»

«Vous êtes toute ma vie, ma raison d'exister. [...] Je vous aime à la folie. Je vous aime à l'infini.» – Amélie Lemieux

Jacques Boissinot/PC
Amélie Lemieux était entourée de membres de sa famille, à Lévis.

«Soyez mes étoiles dans la nuit qui guideront mes pas à travers cette douleur incommensurable», a déclaré la voix nouée par l’émotion la mère endeuillée des deux fillettes retrouvées mortes, alors que la chasse à l’homme pour retrouver Martin Carpentier se poursuivait lundi à Saint-Apollinaire, à l’ouest de Lévis.

«Mes deux belles princesses d’amour, je vous ai tant voulues et attendues. Dès le premier souffle, je vous ai aimées inconditionnellement. Vous êtes toute ma vie, ma raison d’exister. [...] Je vous aime à la folie. Je vous aime à l’infini», a dit Amélie Lemieux en fin d’après-midi lors d’une déclaration aux médias aux côtés de membres de sa famille.

Elle a remercié toutes les unités qui prennent part à l’enquête et les citoyens pour leur soutien et leurs encouragements.


La mère des victimes s’est d’abord recueillie pendant environ 25 minutes au mémorial improvisé à l’intention de ses filles Romy et Norah Carpentier, où ont été déposés de nombreuses peluches et des messages.

Mme Lemieux, qui prenait la parole devant les caméras pour la première fois depuis le drame, a préféré ne pas répondre aux questions des journalistes.

Recherches majeures

«Il n’y a pas de développement important», a résumé peu avant l’heure du souper la sergente Ann Mathieu, une porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), à la cinquième journée de recherches.

Les policiers fouillent en particulier un secteur densément boisé situé près des rangs Saint-Lazare et Bois-Joly où les cadavres des deux filles âgées de 6 et 11 ans ont été trouvés, samedi.

Les recherches à pied sont menées de façon «méthodique» et à «faible vitesse» afin de ne «négliger aucun aspect», a expliqué la sergente.

La police provinciale a mentionné que des «éléments» d’intérêt pour l’enquête avaient été trouvés dans ce secteur, ce qui motive qu’on y poursuit des recherches pour retrouver l’homme de 44 ans.

Ces éléments, dont la nature n’a pas été précisée par la police, ont été envoyés au laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale pour analyse afin de corroborer s’ils sont liés à l’homme recherché. «Ceux retrouvés hier semblent prédominants», a cependant précisé la sergente Mathieu.

La SQ a dit combiner différentes techniques de travail dans ses recherches sur le terrain, avec un hélicoptère, un drone et l’escouade canine en appui, notamment.

Un avion de Transports Canada muni d’une caméra thermique s’est ajouté pour survoler le secteur névralgique des recherches, a indiqué la SQ en après-midi, qui a précisé disposer d’un appareil similaire, mais pas du même modèle.

Les policiers affirment qu’ils n’ont pas prévu un moment pour mettre fin aux recherches. «D’heure en heure, on pourrait arriver avec de nouvelles informations, a dit la sergente. On analyse ça de fonction ponctuelle.»

La longue cavale de Martin Carpentier a débuté mercredi soir. Il a eu un grave accident de la circulation sur l’autoroute 20, près de Saint-Apollinaire.

La SQ croit que ses deux filles l’accompagnaient ce soir-là.

Les autopsies pratiquées sur les corps des deux victimes sont terminées, a noté la sergente Mathieu, qui refuse de révéler les causes du décès tant que les policiers n’auront pas localisé le suspect.

«Appelez à l’aide»

Le premier ministre du Québec, François Legault, a ouvert son point de presse au sujet de la pandémie de coronavirus, lundi, en évoquant la tragédie.

«Vous dire comment je suis choqué, puis je suppose que tous les Québécois sont choqués comme moi. Malheureusement, on n’a pas retrouvé le présumé coupable», a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les policiers vont tout faire pour retrouver le coupable, avant de demander aux gens qui ressentent de la détresse de demander de l’aide. 

«Quand on sent qu’on est à bout ou quand on voit dans notre entourage, que notre conjoint, conjointe, qu’il y a quelqu’un qui a l’air en détresse, c’est pas gênant, c’est pas une honte, c’est responsable d’appeler et de demander de l’aide», a-t-il dit.

Il a notamment mentionné l’existence de la ligne d’entraide pour les parents, le 1-800-361-5085.

«Avant de faire des conneries, appelez et demandez de l’aide. Il n’y a aucune honte à aller chercher du soutien», a noté M. Legault.