POLITIQUE
07/05/2019 13:10 EDT | Actualisé 07/05/2019 13:18 EDT

Début de la consultation sur le projet de loi 21 à Québec

Selon le ministre Jolin-Barrette, le projet de loi est «modéré, pondéré et surtout, applicable».

PC/Jacques Boissinot
Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, nie avoir travesti le rapport Bouchard-Taylor, qui préconisait en 2008 l’interdiction du port des signes religieux aux employés de l’État en position coercitive, mais pas aux enseignants.

L’étude de son controversé projet de loi 21 sur la laïcité a débuté mardi, à l’Assemblée nationale.

Il se verra accusé par le coauteur du rapport, le philosophe Charles Taylor, d’avoir présenté un projet de loi qui “a fatalement la conséquence d’aggraver l’atmosphère empoisonnée” par la vague d’islamophobie présente au Québec, a révélé La Presse.

M. Taylor a “changé d’avis par rapport à son propre rapport”, a déploré M. Jolin-Barrette à l’ouverture des consultations particulières au Salon rouge.

“On a ajouté les enseignants et les directeurs d’école, c’est vrai que ce n’était pas présent dans le rapport Bouchard-Taylor, cela étant dit, notre position a toujours été très claire à ce niveau-là”, s’est-il défendu.

 

Selon lui, le projet de loi 21 - qui prévoit interdire à toute une série d’employés de l’État de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions - est “modéré, pondéré et surtout, applicable”.

Il inclut une clause de droits acquis pour les employés actuels et une clause dérogatoire pour le soustraire à d’éventuelles contestations judiciaires.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) ont réitéré mardi leur opposition au projet de loi.

Le Parti québécois, lui, propose d’élargir sa portée, pour qu’il interdise le port de signes religieux aux éducatrices en services de garde et aux enseignants dans les écoles privées.

Bien que plusieurs comptent proposer des amendements en cours de route, le ministre Jolin-Barrette a dit tenir à l’entièreté de son projet de loi. Il s’est dit “ferme” sur sa volonté de légiférer pour “tourner la page” sur plus de dix ans de débats.

Il s’est également dit optimiste de pouvoir faire adopter son projet de loi avant la fin de la session parlementaire, le 14 juin.

Au total, 36 groupes présenteront un mémoire devant la Commission des institutions de l’Assemblée nationale, du 7 au 16 mai.