NOUVELLES
24/06/2019 22:54 EDT | Actualisé 30/06/2019 07:53 EDT

David Saint-Jacques se porte bien après son retour sur Terre

Après avoir passé 204 jours dans l'espace.

L’Agence spatiale canadienne (ASC) affirme que l’astronaute québécois David Saint-Jacques se porte bien au lendemain de son retour sur Terre, après un séjour de six mois à bord de la Station spatiale internationale.

L’astronaute de 49 ans est monté dans un avion de la NASA dans la nuit de mardi et devrait arriver plus tard en journée à Houston, au Texas, après une brève escale en Écosse.

L’agence assure que M. Saint-Jacques se porte bien même si à son arrivée au Kazakhstan, il a éprouvé des symptômes typiques d’après vol, dont des nausées. Il a pu parler à sa femme et à ses parents après l’atterrissage.

David Saint-Jacques, l’astronaute américaine Anne McClain et le cosmonaute russe Oleg Kononenko sont revenus sur Terre lundi soir à bord d’une capsule Soyouz.

Lors de sa mission qui a commencé en décembre, M. Saint-Jacques a participé à une sortie dans l’espace de six heures et demie. En demeurant dans l’espace pendant 204 jours, ce natif de Québec a établi un record parmi les astronautes canadiens ayant été en orbite de la Terre.

Il passera les prochaines semaines à se remettre des conséquences physiques d’une telle mission. Il pourrait notamment éprouver des problèmes de circulation sanguine, des douleurs musculaires et des difficultés à marcher après des mois d’apesanteur. 

ASSOCIATED PRESS

 

David Saint-Jacques s’était posé au Kazakhstan un peu avant 23h, lundi soir.

L’astronaute Robert Thirsk a assisté à l’événement dans les locaux de l’Agence spatiale canadienne à Longueuil en compagnie de nombreux employés de l’organisation ainsi que des membres de la famille de David Saint-Jacques.

M. Thirsk qui a déjà vécu un atterrissage dans une capsule Soyouz, décrit le détachement de la station comme une opération délicate.

“La mise à feu de l’engin et l’orientation de la capsule lors de la mise à feu sont critiques, alors l’équipage devait certainement se concentrer sur la procédure”, mentionne-t-il.

Selon son expérience, la descente s’avère ensuite une rude épreuve physique.

“En descendant, la force de gravité est forte. C’est comme s’il y avait quatre personnes assises sur votre poitrine. C’est difficile d’inspirer, mais il faut se concentrer pour s’assurer de bien respirer pour ne pas se trouver mal”, explique l’astronaute canadien.

“Quand le parachute s’ouvre, il y a un grand mouvement de pendule, de gauche à droite, et l’atterrissage est un écrasement comme un accident de voiture”, poursuit-il.

Malgré la violence du choc, il y aurait bien peu de risques de blessures, d’après Bob Thirsk, puisque les sièges sont conçus pour protéger l’équipage.

Longue journée

La journée de David Saint-Jacques et de ses compagnons de voyage a commencé tôt lundi. Quelques heures avant de faire ses adieux à ses collègues à bord de la Station spatiale, le Québécois a transmis deux photographies prises de l’espace de la Colombie-Britannique et de la région du Nunavik, dans le nord du Québec, en écrivant que la vue des paysages canadiens grandioses lui manquerait.

En fin d’après-midi, l’équipage a dû accomplir plusieurs tâches afin d’être prêt à partir. David Saint-Jacques et ses collègues ont dû enfiler la combinaison spéciale conçue pour les déplacements entre la Terre et la station spatiale. Ces combinaisons permettent notamment de contrôler la pression et de fournir de l’oxygène en cas de besoin.

La mission de David Saint-Jacques en chiffres

  • 204 jours dans la station spatiale
  • 3264 orbites autour de la Terre
  • 1 sortie dans l’espace

Les portes de la capsule ont été verrouillées à 16h15. Dans une diffusion en direct sur Internet, on a pu voir David Saint-Jaques et Anne McClain refermer la porte de la capsule derrière eux.

Une fois à bord de la capsule, le trio a dû dépressuriser le vestibule, soit l’espace entre la porte de la capsule Soyouz et celle de la station spatiale. Ensuite, l’équipage a procédé à plusieurs vérifications pour s’assurer que tout était en ordre pour le voyage du retour.

Ce sont des ressorts qui poussent initialement la capsule Soyouz

à l’écart de la station spatiale. Une légère poussée qui éloigne la capsule à une vitesse d’une dizaine de centimètres à la seconde.

Par la suite, l’équipage pourra mettre les moteurs en marche et propulser la capsule en direction de la Terre.

Au cours de la descente, la capsule va se détacher de plusieurs sections et seule la partie où se trouvent les astronautes va atteindre la Terre.

L’équipage devrait atteindre une vitesse de pointe de plus de 27 000 kilomètres par heure avant l’ouverture d’un premier parachute pour ralentir la chute, puis d’un deuxième qui va permettre de stabiliser l’atterrissage.

La capsule doit toucher terre au sud de la ville de Zhezkazgan, en plein coeur du Kazakhstan.

Des équipes de récupération sont déployées sur place pour accueillir l’équipage, dont des médecins pour s’assurer de l’état de santé des astronautes.

Dès leur sortie de la capsule Soyouz, les trois occupants seront examinés.

Une mission record

Dimanche, la Station spatiale internationale a été le théâtre d’une cérémonie de passation du commandement entre le commandant sortant, Oleg Kononenko, et le nouveau commandant, Alexeï Ovtchinine.

Trois astronautes demeurent à bord de la station spatiale, soit le commandant russe Alexeï Ovtchinine, ainsi que les Américains Nick Hague et Christina Koch. Trois autres collègues doivent les rejoindre dans un mois.

En demeurant dans l’espace pendant 204 jours, David Saint-Jacques, qui est âgé de 49 ans, a établi un record parmi les astronautes canadiens ayant été en orbite de la Terre.

“Ma mission avait duré 188 jours, alors David est maintenant le Canadien qui a passé le plus de temps dans l’espace. Mais l’important, c’est de continuer d’explorer l’espace et de repousser les frontières de la recherche”, a commenté Robert Thirsk.

“J’espère que le prochain Canadien à aller dans l’espace sera le nouveau recordman!”, a-t-il ajouté.

La semaine dernière, lors de sa dernière conférence de presse livrée de l’espace, l’ingénieur, astrophysicien, médecin et père de trois enfants a dit qu’il avait hâte de revoir sa famille.

Gilles Leclerc, directeur général de l’exploration spatiale à l’Agence spatiale canadienne, rappelle que les défis physiques sont nombreux au moment du retour sur Terre. David Saint-Jacques devra se familiariser de nouveau à l’atmosphère terrestre après avoir vécu dans l’apesanteur depuis son décollage de la Terre, le 3 décembre.

David Saint-Jacques devrait s’adresser aux médias vendredi à Houston, au Texas. Il reviendra au Canada à la mi-juillet.