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28/11/2020 17:00 EST

Danemark: pourquoi les autorités songent à déterrer les visons morts

Éliminées car elles peuvent être la cause d’une mutation du nouveau coronavirus potentiellement problématique pour l’Homme, ces millions de bêtes ont été majoritairement enterrées dans des fosses communes.

Morten Stricker/Ritzau Scanpix via AP
Une fosse commune où les autorités sanitaires danoises, assistées par des membres des forces armées danoises, ont éliminé les visons morts dans une zone militaire près de Holstebro, au Danemark, le lundi 9 novembre 2020 (photo d'archive)

Pour éviter un nouveau scandale - écologique cette fois - le gouvernement danois s’est dit prêt vendredi à déterrer et brûler les carcasses de visons enfouies à la hâte dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

Éliminées car elles peuvent être la cause d’une mutation du nouveau coronavirus potentiellement problématique pour l’Homme, ces millions de bêtes ont été majoritairement enterrées dans des fosses communes.

“Le désir de ne plus avoir de visons et de les brûler, je l’ai depuis le premier jour où j’en ai entendu parler”, a dit à la télévision publique TV2 le nouveau ministre de l’Agriculture, Rasmus Prehn, se rangeant derrière la majorité des partis présents au Parlement.

La classe politique craint une pollution au phosphore et à l’azote du fait de la décomposition des corps des animaux morts et réclame que les carcasses soient déterrées et détruites autrement, par exemple en les brûlant.

Les gaz émis pourraient notamment polluer l’eau potable et les eaux de baignade.

Début novembre, le Danemark avait annoncé abattre son immense cheptel de plus de 15 millions de visons, à cause d’une mutation du coronavirus via ces mustélidés qui pouvait selon des études préliminaires menacer l’efficacité du futur vaccin pour les humains.

Deux semaines après avoir lancé l’alerte - et au beau milieu d’une crise politique liée au manque de fondement juridique de la décision qui a entraîné la démission du ministre de l’Agriculture - le gouvernement a conclu que cette menace potentielle pour les vaccins humains était “très probablement éteinte”, en l’absence de nouveau cas détecté.

A Holstebro, dans l’ouest, des carcasses ont resurgi d’un charnier improvisé sur un terrain militaire, attirant l’attention sur les conditions dans lesquels les corps des bêtes euthanasiées dans les zones à risque (soit contaminées soit voisines de bêtes contaminées) ont été enterrées.

Il est aussi apparu qu’elles avaient été enterrées à 200 mètres d’un lac, soit 100 mètres de moins que les recommandations.

Le ministre de l’Agriculture a prévenu que toute décision définitive sur l’incinération des visons ne pourrait être prise qu’avec l’aval de l’Agence de l’environnement.

Plus de 10 millions de visons ont déjà été euthanasiés, selon le dernier bilan en date.

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