POLITIQUE
03/06/2020 14:35 EDT

Le silence de Trudeau, repris un peu partout dans le monde, est critiqué à Ottawa

Occasion ratée, spontanéité douteuse... Les critiques sont nombreuses.

OTTAWA — Le silence éloquent de Justin Trudeau mardi (en vidéo ci-dessus) a été remarqué à travers la planète. À Ottawa, certains adversaires politiques du premier ministre doutent de sa spontanéité. Et bloquistes et néo-démocrates le critiquent.

Yves-François Blanchet y voit une occasion ratée. Le chef bloquiste est aussi convaincu que le geste était calculé, que pendant ces 21 secondes de silence, M. Trudeau ne faisait que compter jusqu’à 20 avant de «partir la cassette».

«Le silence, dans ce cas-ci, parlant plus que les paroles (...), il s’agissait de laisser entendre qu’il était très réticent à dire ce qu’il pensait pour vrai. C’est un procédé de communication, à mon humble avis, d’un ancien professeur de théâtre», a poursuivi M. Blanchet.

J'ai l'impression que tout ça est l'objet d'un minutieux calcul parce que quand il a pesé sur play, la cassette est partie.Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

«Mais (...) calculé ou pas, ça ne projette pas une image de leadership, ni pour le premier ministre, ni pour le Canada», a-t-il jugé.

Précédant M. Blanchet devant le même micro, Jagmeet Singh a dénoncé tout silence devant le racisme.

«Son silence montre de l’hypocrisie parce que comment le premier ministre peut dire aux gens “vous devez vous tenir debout (face) à la haine” et en même temps, il reste silencieux quand la haine et le racisme existent avec les propos dangereux du président Trump?», a lancé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

La vice-première ministre Chrystia Freeland est venue à la défense de M. Trudeau quelques heures plus tard.

«La réponse hier du premier ministre était éloquente et excellente», a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse quotidienne des ministres du gouvernement Trudeau.

Invitée à spécifier si elle inclut le silence de 21 secondes dans cette «éloquente et excellente» réponse, elle a offert ceci: «La réponse du premier ministre était la réponse du premier ministre.»

De son côté, la députée du Parti vert Elizabeth May a réclamé une fois de plus que le Canada mette fin à l’entente du tiers pays sûr, les États-Unis, selon elle, étant devenus un endroit hostile pour les demandeurs d’asile sous l’administration Trump.