La différence entre une crème solaire chère et à bas prix

Maintenant qu’une majorité a assimilé que l’écran solaire est essentiel au maintien d’une peau en santé, reste à savoir lequel se procurer pour maximiser la protection.

On vous présente un écran solaire à 20$ et un autre à 100$. Lequel est le meilleur, selon vous? Le plus cher, répondrez-vous probablement. Or, la science jure qu’il est inutile de vider ses poches pour obtenir la protection nécessaire. La dermatologue spécialisée en esthétique Suzanne Gagnon nous explique la différence entre les écrans solaires dispendieux et ceux bon marché.

Y a-t-il une crème solaire meilleure qu’une autre?

«Évidemment. Il y a 30-40 années, on n’avait quasiment pas de choix sur les tablettes, les gens se faisaient bronzer sans crème. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout la même chose et le marché a répondu en conséquence en lançant plusieurs variétés, avec chacune leurs spécifications.

Moi, j’oriente mes patients vers des crèmes [solaires, NDLR] qui répondent aux besoins fondamentaux, soit une crème qui protège contre les UVA et UVB, avec un FPS 50 et hydrofuge.

S’ils ont des besoins particuliers, des peaux à problèmes, je vais les orienter vers des produits spécifiques [disponibles en cliniques esthétiques ou prescrits, NDLR]. Sinon, une crème de pharmacie convient amplement.»

Alors inutile de payer plus de 20$ pour une crème solaire?

«Le prix importe rarement lorsqu’on cherche de bons soins de la peau. Je trouve souvent que les produits les plus coûteux et les plus haut de gamme sont ceux qui provoquent des réactions cutanées qui amènent les patients à consulter.

Je dirais, règle générale, qu’avec une crème solaire de 50 ml à 45-55$, vous avez tout ce qu’il vous faut.»

Pourquoi certains écrans solaires sont-ils si chers alors?

«Ça dépend des formules. Les écrans solaires sont devenus des produits de beauté, au même titre que les crèmes hydratantes. Certains auront le pouvoir de mieux hydrater, d’affiner, de réduire l’apparence des rides ou de fournir plus d’antioxydants à la peau. […] Certaines formules sont même teintées, donc peuvent remplacer le fond de teint.»

Ce sont tous des bénéfices intéressants. Alors, pourquoi s’en passer?

«Puisqu’on peut faire la même chose avec nos soins hydratants et simplement ajouter une protection solaire à plus bas prix par-dessus. […] Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que c’est impossible d’avoir une belle peau sans appliquer d’écran solaire. C’est elle qui prévient le photovieillissement et les dommages les plus importants [et non l’hydratant, NDLR].»

Mais pourquoi certains dépassent-ils les 100$?

«La différence avec le produit à 100$ va sûrement se retrouver dans la rareté d’un ingrédient, souvent breveté. Une fleur spéciale, un extrait de ceci qui embellit le teint, et cetera.»

Et ce type d’ingrédients non-actifs augmentent-ils la protection?

«Non et c’est difficile à déterminer pour le consommateur. Seuls les chimistes peuvent étudier la qualité d’une protection UVA ou des impacts sur leur corps de chaque ingrédient, qu’il soit nano ou micro […] Généralement, s’ils sont approuvés par Santé Canada ou l’Association canadienne de dermatologie, ils sont sans risque.»

Une comparaison révélatrice

À la demande de nos collègues du HuffPost américain, des dermatologues ont comparé deux crèmes solaires similaires à des prix très différents. La lotion Supergoop! 50 FPS (71 ml) à 29$ puis le fluide protecteur La Mer 50 FPS (50 ml) à 130$, tous deux disponibles chez Sephora Canada.

Conclusion : la différence est minime. Les deux écrans chimiques (non minéraux) protègent de manière égale et contiennent des huiles obstruant les pores. Les différences principales se trouvent du côté des ingrédients non-actifs servant à améliorer la texture et l’apparence du produit.

La fragrance du produit La Mer est par exemple luxueuse, mais peut irriter la peau et la texture du produit Supergoop! est plus légère donc un peu moins hydratante.

Verdict

Le prix importe peu. Priorisez d’abord et avant tout un écran solaire hydrofuge avec protection UVA et UVB à large spectre, ainsi qu’un FPS 50.

Ensuite, le plus important c’est qu’il soit assez confortable sur la peau pour que vous ayez envie de l’appliquer tous les jours (afin d’être protégé en tout temps). Votre confort, et donc votre santé peut justifier l’investissement supplémentaire.

Le luxe suprême, selon nous, est un écran solaire non comédogène, sans fragrance, avec une texture légère non collante mais hydratante qui s’absorbe rapidement sans laisser de film blanchâtre sur la peau. On préfère aussi un filtre minéral plutôt que chimique.

Les personnes allergiques ou à la peau sensible devront peut-être verser quelques bidous de plus pour prioriser des formules dépourvues d’allergènes ou d’ingrédients irritants, comme le goudron de houille, les formaldéhydes, les parabènes, ou le BHA et le BHT.

Sinon, votre conscience animale et environnementale peut vous mener vers des produits véganes, sans cruauté animale et non dangereux pour les coraux, souvent un peu plus onéreux.