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23/03/2020 16:53 EDT | Actualisé 25/03/2020 08:01 EDT

Coronavirus: les passes mensuelles de la STM seront-elles remboursées?

«Nous aurions vraiment dû garder notre 160$ afin de pouvoir payer notre loyer, finalement...»

mustafahacalaki via Getty Images
L'achalandage dans le réseau de la Société de transport de Montréal a chuté de 70% selon le président de Trajectoire Montréal, François Pépin.

Alors que la pandémie de COVID-19 plonge de nombreux Québécois dans l’incertitude financière, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) «évalue la situation» afin de déterminer s’il est possible de compenser financièrement les usagers qui ont acheté un titre mensuel ou un abonnement annuel mais qui l’ont peu utilisé ces dernières semaines.

«Mon chum et moi avons acheté notre titre mensuel du mois de mars sans se douter que nous l’utiliserions littéralement deux fois en tout», a raconté Jacinthe, une résidente d’Hochelaga qui a demandé de n’être identifiée que par son prénom. «Mon chum est tombé en télétravail le 5 mars et n’a plus eu le droit de se déplacer.»

De son côté, Jacinthe était en recherche d’emploi après avoir dû quitter son travail pour des raisons médicales. Étant asthmatique et insulino-résistante, elle a dû suspendre ses recherches pour éviter de s’exposer au coronavirus.

«Bref, maintenant nous sommes à un salaire, et nous aurions vraiment dû garder notre 160$ afin de pouvoir payer notre loyer finalement...» déplore-t-elle, dans un courriel au HuffPost Québec.

Elle décrit la crise actuelle comme un «casse-tête épouvantable au niveau financier, nutritif et personnel». Elle explique que les restrictions alimentaires causées par sa résistance à l’insuline font grimper sa facture d’épicerie. «On va survivre, mais on écoule nos réserves de cannes de pois chiches rapidement!»

«Je trouve assez ridicule que la STM ne propose pas de rembourser les titres à ceux ne les ayant presque pas utilisés, les autobus sont vides!» s’insurge-t-elle.

Et elle n’est pas la seule. Le HuffPost Québec a reçu une dizaine de témoignages d’usagers de la STM qui réclament un remboursement - au moins partiel - de leur titre de transport du mois de mars.

«J’ai acheté le mensuel de mars et mon dernier jour de travail était le 16 mars.  Je suis maman d’un enfant. Je ne vais pas mourir de faim. Mais j’ai besoin d’argent», a écrit Jackie.

«Mon mari et moi, nous nous retrouvons tous les deux au chômage, on travaille tous les deux dans la restauration. À nous deux, le remboursement de la STM nous aiderait beaucoup, étant donné le délai pour l’[assurance-emploi] et le peu de fois que nous avons utilisé le métro», a quant à elle témoigné Laura.

«Nous travaillons toujours avec nos partenaires pour ce qui est des titres inutilisés dans la seconde moitié de mars», a affirmé le porte-parole de l’ARTM Simon Charbonneau, lundi après-midi. «On devrait être en mesure de revenir avec des informations sous peu.»

En entrevue, il a dit que l’ARTM est «très conscient[e] qu’il y a une pression économique en ce moment».

«On travaille activement à voir ce qu’on peut faire», a-t-il réitéré.

L’ARTM regroupe les sociétés de transport de Montréal, de Laval et de Longueuil, en plus du réseau exo.

Des avenues pour Opus à l’année

Pour les personnes qui ont un abonnement annuel, M. Charbonneau rappelle qu’il est possible de se faire rembourser le paiement pour le mois d’avril, qui a été prélevé il y a une dizaine de jours, à condition de résilier son abonnement avant la fin du mois de mars.

En temps normal, les usagers qui annulent leur abonnement perdraient certains privilèges (comme le 12e mois gratuit pour un abonnement exo, par exemple), mais «on est en train de regarder ce qui peut être fait pour permettre aux gens de garder les avantages qu’ils ont», a affirmé M. Charbonneau.

Déjà, la pression économique liée à la pandémie de COVID-19 se fait sentir au Québec. Les banques alimentaires de la province prévoient une augmentation importante de la demande.

Le stress financier sur les familles est important, alors que plusieurs travailleurs sont face à des pertes de revenus ou carrément à des mises à pied. Par ailleurs, la facture d’épicerie de plusieurs familles dont les enfants bénéficiaient de repas fournis à l’école a grimpé puisque ceux-ci sont à la maison.

Le tarif ordinaire pour un titre mensuel de la STM est de 86,50$.

De son côté, le président de Trajectoire Québec, François Pépin, a dit avoir «très hâte» de voir ce qui sera mis en place pour donner un coup de pouce aux usagers du transport en commun. «L’achalandage a diminué de 70 %. C’est sûr que ça serait bien qu’il y ait des mesures.»