POLITIQUE
16/09/2020 10:28 EDT | Actualisé 16/09/2020 13:30 EDT

COVID-19: l'opposition exige la publication des projections

Le premier ministre a toutefois indiqué qu'il n'avait pas d’autres projections que celles publiées au mois de juin.

Capture d'écran/Assemblée nationale
Marie Montpetit a déploré que des précisions sur le code de couleurs semblent avoir été dévoilées mercredi matin sur Twitter par un citoyen

Le gouvernement Legault doit être plus clair et transparent s’il veut que les Québécois adhèrent aux consignes sanitaires, estiment les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

Ils ont réclamé, mercredi, que le premier ministre François Legault rende publiques les projections de la trajectoire de la COVID-19 au Québec sur lesquelles il s’appuie pour prendre des décisions.

“Il faut que les gens prennent conscience de ce qui se passe, a déclaré la porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit. C’est la seule façon qu’on y arrive; il faut que le gouvernement communique ses scénarios.”

La veille, M. Legault a affirmé que l’heure était grave et qu’il était hautement préoccupé par l’augmentation des cas de la COVID-19. Mais étonnamment mercredi, il a admis n’avoir aucune projection en main.

“Je n’ai pas d’autres projections que celles qu’on a publiées au mois de juin, a-t-il déclaré en point de presse. Pour l’instant, la santé publique n’a pas ces réponses-là.”

“Ils n’ont pas assez d’information pour bien comprendre où on s’en va, compte tenu du fait qu’il y a une grosse augmentation des cas, mais à peu près pas d’augmentation des hospitalisations puis des décès”, a-t-il ajouté.

Code de couleurs: détails rendus publics par un citoyen

S’il juge l’augmentation des cas de COVID-19 “inquiétante”, M. Legault n’a pas pour autant annoncé de nouvelles mesures costaudes, sinon de dire que quatre autres régions passaient du “vert” au “jaune”.

Cette décision est difficile à comprendre, estiment les partis d’opposition, qui accusent le gouvernement de prendre un ton alarmiste, mais de ne rien faire.

“J’ai l’impression que le code de couleurs (...) démontre davantage l’inquiétude du gouvernement qu’une gradation des mesures”, a affirmé en point de presse le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

“Au Bas-Saint-Laurent, on est devenus jaunes, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Puis si on devient orange, je ne sais pas ce que ça veut dire non plus.”

Toutefois, des précisions sur le code de couleurs ont été dévoilées mercredi matin sur Twitter par un citoyen, l’analyste en politiques publiques Patrick Déry.

“Ce n’est pas normal, dans une situation de pandémie, qu’il y ait ce genre de documents qui circulent et qu’on apprenne ça sur Twitter”, a pesté Mme Montpetit.

Selon ce qu’a appris M. Déry, la santé publique recommande au gouvernement de limiter les rassemblements privés à six personnes et les rassemblements organisés à 50 personnes dès qu’une région passe du jaune au orange.

Dans une telle situation, Québec pourrait aussi fermer les bars, les brasseries, les tavernes et les casinos, en plus des salles à manger intérieures des restaurants, pour ne permettre que la livraison et les plats à emporter.

Les déplacements interrégionaux seraient non recommandés.

Passer du jaune au orange pourrait également entraîner l’interdiction de pratiquer un sport de contacts, comme le football et le basketball, l’annulation des compétitions sportives, la fermeture des gyms et des spas et l’imposition du port du masque en tout temps dans les salles de spectacles, même lorsque les clients sont assis.

Dans l’éventualité où une région basculerait dans le rouge, le gouvernement pourrait décider d’interdire les rassemblements privés, de fermer les salons d’esthétique et de coiffure, de limiter l’accès aux dentistes, d’interdire la pratique des sports à l’intérieur et de fermer l’hébergement touristique.

Interrogé sur cette fuite de document, M. Legault en a minimisé la portée. Il s’agit là d’un “document de travail” qui ne veut pas dire “qu’automatiquement, toutes ces mesures-là sont appliquées”.

″Ça va dépendre de chaque situation”, a-t-il affirmé.

Le flou sur les masques a nui, selon l’opposition

Le député Sol Zanetti, de Québec solidaire, a dit constater une baisse de confiance dans la population relativement aux messages des autorités.

Il a affirmé que la seule solution était une plus grande transparence. “Je n’ai pas l’impression que le gouvernement lui-même a pris la situation suffisamment au sérieux dans les bons temps”, a-t-il dit.

Par ailleurs, Marie Montpetit croit que le message flou sur le port du masque a été très nuisible.

“Je pense qu’il y a eu 32 interventions du directeur de la santé publique, de la ministre de la Santé à l’époque et du premier ministre qui disaient: “Oui le port du masque, non, oui, non”″, a-t-elle ironisé.

“Il ne faut pas se surprendre aujourd’hui qu’il y a des gens qui reprennent exactement les propos qui ont été tenus par les autorités à l’époque, en disant que finalement le masque, ce n’est pas une (bonne) mesure.”

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