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23/04/2020 13:22 EDT

COVID-19: la tension monte dans les pénitenciers canadiens

Les agents correctionnels auraient eu à user de la force à au moins deux reprises récemment pour gérer des débordements.

La Presse canadienne

Les efforts pour contenir la rapide propagation de la COVID-19 dans les établissements pénitenciers au Canada auraient mené à une augmentation de la tension, au point où des agents correctionnels auraient fait usage de force au moins deux fois récemment, selon un important groupe de défense des prisonniers.

La Société John Howard dit avoir appris de prisonniers que des gardiens au pénitencier de Donnacona, un établissement à sécurité maximale dans la région de Québec, ont utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des détenus mardi, pour mettre fin à de l’agitation. Au moins une personne aurait été blessée.

Lors d’un autre incident, des gardiens auraient fait usage de grenades assourdissantes dans l’établissement à sécurité moyenne de Collins Bay, en Ontario.

De graves éclosions du virus ont été constatées dans des pénitenciers, notamment dans l’Établissement de Joliette pour femmes. Selon les plus récentes statistiques, au moins 189 prisonniers fédéraux et 67 gardiens ont été infectés. Au moins un prisonnier est décédé.

Les données laissent croire que la propagation parmi la population carcérale dépasserait largement celle dans la population générale. Les autorités ont réagi en confinant les détenus et en plaçant ceux ayant été infectés en «isolement médical». Dans certains cas, des détenus ont été placés dans des cellules d’isolement.

Ces mesures auraient mené à un chambardement des habitudes, privant les prisonniers d’activités normales et de contacts interpersonnels, ce qui aurait pour effet de causer du stress et d’exacerber les inquiétudes liées à la santé mentale.

«Si les prisonniers sont confinés pendant des périodes de temps prolongées, sans activités, visites et avec un accès limité aux cafétérias et choses du genre, ils deviennent agités», affirme Catherine Latimer, directrice générale de la société.

«Ce n’est pas une bonne chose.»

Selon Mme Latimer, des gardiens à Donnacona ont employé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc la semaine dernière en réaction à des détenus qui auraient couvert la fenêtre de leur cellule.

Elle a aussi affirmé que des détenus à Collins Bay ont réagi au fait que les gardiens ne portaient pas de masque en refusant de retourner à leurs cellules. Des agents correctionnels sont arrivés à 5 h du matin et auraient fait usage de grenades assourdissantes, selon ce que Mme Latimer dit avoir appris de la part de prisonniers.

«Il s’agit d’un usage de force oppressif», a déclaré Mme Latimer.

Les responsables des autorités correctionnelles n’ont pas répondu dans l’immédiat à une demande d’information en lien avec les incidents qui ont été rapportés.