POLITIQUE
17/07/2020 14:08 EDT | Actualisé 17/07/2020 16:39 EDT

COVID-19: les partys privés font plus de cas que les bars, dit Legault

François Legault lance un avertissement en ce début des vacances de la construction.

Flashpop via Getty Images
Les fêtes à domicile seraient les principales causes de nouveaux cas, et non les bars, a indiqué Legault en conférence de presse vendredi.

À la veille du début des vacances de la construction au Québec, le premier ministre François Legault veut à tout prix éviter une nouvelle flambée de cas de COVID-19. Pour ce faire, il rappelle l’interdiction de tenir de grands rassemblements en soulignant que les fêtes privées font plus de ravages que les bars.

Le premier ministre poursuivait sa tournée des régions, vendredi, en visitant la Côte-Nord. Il s’est arrêté à Baie-Comeau en compagnie de son ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien.

Au moment où le débat fait rage autour de la fermeture des bars, François Legault a fait savoir que la direction de la santé publique n’a toujours pas fait de recommandation en ce sens. Il affirme au contraire que ce sont les fêtes à domicile qui sont les principales causes de nouveaux cas, et non les bars.

Il a rappelé que les rassemblements de plus de dix personnes demeurent interdits.

Je fais un appel spécial aux Québécois, c’est le fun être une grosse gang à fêter, mais ce n’est pas le temps de faire ça.François Legault, premier ministre du Québec

Respecter les consignes et le port du masque 

Invité à mesurer son niveau d’inquiétude au moment où un grand nombre de vacanciers s’apprêtent à prendre la route et à prendre du bon temps, François Legault s’est fait insistant sur l’importance de respecter les consignes de prévention.

“C’est pour ça qu’à partir de demain (samedi), on demande à tout le monde de porter le masque dans tous les lieux publics fermés. On demande aux commerçants de s’assurer de faire respecter les consignes”, a-t-il souligné en promettant des amendes aux récalcitrants.

De plus, en vue d’éviter tout débordement de la part de personnes voulant défier les règles imposées en période de crise sanitaire, des policiers et des inspecteurs vont être déployés un peu partout dans la province.

“Pas de party”, martèle Dr Arruda

Pendant que le premier ministre se trouvait sur la Côte-Nord, le directeur national de la santé publique visitait le Bas-Saint-Laurent. Bien que séparés, les deux leaders de la lutte contre le coronavirus ont livré le même message.

Pour Horacio Arruda, le beau temps et le déconfinement peuvent donner l’impression que le virus a disparu, mais il n’en est rien. Il répète que la menace plane toujours et que “les citoyens ont un rôle majeur” à jouer contre l’émergence d’une nouvelle vague de contagion.

Ce rôle passe principalement par la discipline de résister à se rassembler. Les partys, les grandes réunions de famille, représentent de “très grands risques de transmission dans la communauté”, précise le directeur national de la santé publique. 

Si la distanciation n'est plus là, tous les gains qu'on va avoir faits par le sacrifice qu'on a fait en confinement vont être perdus.Horacio Arruda, directeur national de la santé publique

Dr Arruda prévient également qu’il faut apprendre à se méfier de ses proches en quelque sorte. Si l’on peut avoir tendance à se sentir en confiance avec ses proches, il s’agit d’un “faux sentiment de sécurité” en ce qui concerne la pandémie. Surtout que l’on peut avoir tendance à se rapprocher en famille au lieu de respecter la distance de deux mètres.

“On est à un moment charnière de notre bataille contre la COVID-19, a déclaré Dr Arruda. Moi, j’aurais envie de faire des partys autour de ma piscine, à 25 avec une bonne bière et un barbecue, mais on ne peut pas se permettre ça.”

François Legault a tenté de relativiser la récente hausse du nombre de nouvelles infections à la COVID-19 en indiquant que le nombre quotidien de tests de dépistage est passé de 8000 à 15 000.

Les autorités ont notamment entrepris de faire subir un test, chaque mois, à tous les travailleurs de la santé. Parmi les 141 nouveaux cas rapportés vendredi au Québec, une forte majorité de 97 résultats positifs seraient liés à du personnel du réseau de la santé.

Un décès et 141 nouveau cas

Cent quarante-et-un nouveaux cas se sont ajoutés au bilan québécois vendredi, pour un bilan total de 57 142 infections.

On déplore un décès au cours des 24 dernières heures, ce qui porte le bilan à 5647 pertes de vie.

Dix-sept personnes de moins étaient hospitalisées, soit 260, et le nombre de patients aux soins intensifs avait reculé de quatre, à 16.

On comptait 76 cas de plus dans la région de Montréal, pour un total de 27 863. On recensait 5895 infections dans la région de Laval et 8311 en Montérégie.

Le nombre de prélèvements réalisés le 15 juillet s’élève à 14 952.

Les autres développements de la journée

Une grande partie de l’Ontario passe à la prochaine étape de son plan de relance, vendredi. Les règles portent les limites de la taille des rassemblements intérieurs à un maximum de 50 personnes, tandis que jusqu’à 100 personnes sont autorisées à se rassembler à l’extérieur.

Une unité de soins intensifs pour nouveau-nés dans un hôpital de Vancouver est le site de la dernière éclosion de COVID-19 dans la ville. Vancouver Coastal Health, qui administre les services de soins de santé dans une grande partie de la grande région de Vancouver et des côtes sud et centrale, a publié jeudi un avis sur l’épidémie.