POLITIQUE
15/09/2020 11:57 EDT

COVID-19: le gouvernement doit clarifier son code de couleurs, selon l'opposition

La rentrée parlementaire de mardi marque le premier jour de la deuxième vague, a affirmé en point de presse le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
La rentrée parlementaire de mardi marque le premier jour de la deuxième vague, a affirmé en point de presse le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin.

QUÉBEC — Le gouvernement Legault doit clarifier son code de couleurs au moment où le Québec lutte contre une augmentation des cas de la COVID-19, estime l’opposition officielle.

La rentrée parlementaire de mardi marque le premier jour de la deuxième vague, a affirmé en point de presse le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin.

Il a invité le ministre de la Santé, Christian Dubé, à expliquer exactement ce que cela veut dire pour une région d’être verte, jaune, orange ou rouge. 

Quels sont les critères qui font que l’on passe du jaune au orange, par exemple, et concrètement, qu’est-ce que ce changement de couleur va entraîner pour les Québécois?

«À l’heure actuelle, le code de couleurs est tout sauf clair», a déclaré la porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit, qui exhorte le gouvernement à être plus transparent.

Les libéraux reprochent au gouvernement Legault d’être incapable d’anticiper, et plus précisément d’avoir mal organisé le dépistage, notamment pour les écoliers, les enseignants et leurs familles.  

Créer des cliniques mobiles de dépistage pour les écoles aurait contribué à réduire l’absentéisme des élèves, des enseignants et des parents, a soutenu la libérale Marwah Rizqy.

«C’est le festival du n’importe quoi», a acquiescé la porte-parole du Parti québécois (PQ) en éducation, Véronique Hivon.

Elle déplore que le principe d’«équité-qualité» ne s’applique pas aux élèves en attente d’un résultat à la maison, contrairement à ce qu’avait laissé entendre le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Les complotistes s’invitent dans le débat politique

La reprise des travaux à l’Assemblée nationale mardi s’annonce mouvementée. Une grande manifestation de complotistes est de surcroît prévue à 16 heures devant la Maison du peuple.

Thierry Giasson, directeur du Département de science politique de l’Université Laval, prévient les députés qu’ils devront tenir compte du fait qu’environ 20 % de la population adhère aux thèses conspirationnistes.

«C’est énorme, s’est-il exclamé en entrevue téléphonique. C’est plus que les gens qui votent pour le Parti québécois, c’est plus que les gens qui votent pour Québec solidaire.»

Au moment où les travaux reprennent à l’Assemblée nationale, il va falloir «prendre acte» de la situation et parler à ces gens, insiste le professeur spécialisé en communication politique.

«Il semble y avoir (...) une préoccupation pour les notions de transparence, dit-il. Les gens disent que beaucoup d’informations (...) ne circulent pas.

«Je pense que si on fait preuve (...) d’ouverture et d’écoute, on peut peut-être penser établir un dialogue.» 

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont révélé lundi qu’environ 18 % des Canadiens adhéraient à des idées conspirationnistes au début de l’été.

Un sondage de l’Institut national de santé publique du Québec mené auprès de 1000 Québécois suggère en outre que 23 % des répondants croient que le virus causant la COVID-19 a été créé en laboratoire.

Rappelons également que 10 000 personnes ont manifesté samedi à Montréal contre le port du masque obligatoire et l’imposition de nouvelles amendes pouvant aller jusqu’à 6000 $.

Thierry Giasson estime que le gouvernement devra faire oeuvre pédagogique et «déconstruire» chacun des messages véhiculés par les complotistes, en se retenant de les traiter d’«illuminés».  

«Si on veut que les gens adhèrent à des consignes sanitaires, il va falloir qu’on leur explique clairement pourquoi», a déclaré M. Giasson lors d’un entretien où il était question de la rentrée parlementaire.

«Est-ce qu’il y a 20 % d’illuminés au Québec? J’espère que non, sinon on est mal parti.»

D’après lui, le gouvernement Legault a «peut-être compris» qu’il y avait un «enjeu de livraison du message». C’est désormais le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui est le porteur du ballon.

«Il est très sympathique, le Dr (Horacio) Arruda, mais des fois, il y a des problèmes de clarté, signale M. Giasson. Il est là, il ne disparaît pas, mais il parle moins.»

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