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16/05/2020 12:47 EDT

COVID-19: une deuxième vague «inévitable» au Canada, disent les experts

Selon le Dr Gerald Evans, une résurgence au Canada est très susceptible de commencer chez les jeunes adultes qui reprendront des activités sociales.

THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz
Des piétons marchent le long d'une section fermée de la rue Sainte-Catherine, le vendredi 15 mai 2020, à Montréal.

Personne ne sait quand une nouvelle vague de la COVID-19 émergera au Canada, mais le nombre de cas pourrait bien être sur le point d’augmenter, même dans des endroits insoupçonnés, prédisent des experts.

Il suffit de regarder en Corée du Sud, où les boîtes de nuit et les bars ont rouvert, pour observer à quelle vitesse le terrain gagné grâce au confinement s’effrite et le nombre de personnes infectées augmente.

Les bars demeurent fermés au Canada, mais l’ouverture de nombreux espaces publics — magasins, clubs de golf, bureau — au cours des prochaines semaines pourrait augmenter le risque de transmission communautaire.

Selon la Dre Camille Lemieux, responsable de l’aspect médical du centre d’évaluation de COVID-19 du Western Hospital, à Toronto, un principe «éprouvé» de tout virus respiratoire est que le risque d’infection est plus faible à l’extérieur et dans les espaces plus grands, où les germes peuvent se dissiper.

Cela en comparaison avec les petites zones confinées où la ventilation est mauvaise. Mais ce qui est le plus préoccupant, dit la Dre Lemieux, c’est la vitesse à laquelle le coronavirus trouve des hôtes humains. 

Selon moi, pour plusieurs personnes, l’élément le plus confondant est la rapidité avec laquelle la COVID se propage lorsqu’elle prend pied.Dre Camille Lemieux, responsable de l’aspect médical du centre d’évaluation de COVID-19 du Western Hospital, à Toronto

«Selon moi, pour plusieurs personnes, l’élément le plus confondant est la rapidité avec laquelle la COVID se propage lorsqu’elle prend pied», explique-t-elle.

Même avec un confinement, le virus circule dans la collectivité à cause d’un petit pourcentage de personnes asymptomatiques ou présentant des symptômes légers: elles ne savent même pas qu’elles sont malades, ajoute le Dr Gerald Evans, directeur médical du contrôle des infections au Kingston Health Sciences Centre.

Le Dr Evans dit que «la seconde vague est inévitable» à mesure que des régions assouplissent le confinement. Il utilise le mot «inévitable» au sens large pour désigner toute hausse, petite ou grande. Il met en garde contre le fait de laisser entendre que tel ou tel espace public, comme un terrain de tennis, soit moins risqué que d’autres endroits.

«Si les gens commencent à se rassembler autour de feux de camp et dans les parcs, puis que de grands groupes de golfeurs se réunissent, ça pourrait faciliter la transmission», soutient le Dr Evans.

En commençant à ouvrir des restaurants et des lieux sociaux, je pense que ce que nous avons vu en Corée peut donner une idée de ce qui pourrait arriver ici.Dr Gerald Evans, directeur médical du contrôle des infections au Kingston Health Sciences Centre

Selon lui, une résurgence au Canada est très susceptible de commencer chez les jeunes adultes qui reprendront des activités sociales; on peut penser qu’ils auront été largement protégés contre l’infection, et aussi qu’ils seront plus à risque d’une exposition.

«En commençant à ouvrir des restaurants et des lieux sociaux, je pense que ce que nous avons vu en Corée peut donner une idée de ce qui pourrait arriver ici», lance le Dr Evans.

Sur le plan des risques au travail, les grandes entreprises ont une plus grande capacité que les petites à appliquer les directives de santé publique et à les compléter par leurs propres efforts de recherche des contacts et de formation du personnel, dit-il.

Les règles de distance physique signifient que la plupart des bureaux ne pourront ramener que de 20 à 40 % des employés, a dit Patrick Saunders-Hastings, épidémiologiste et consultant pour Gevity Consulting Inc, une société de conseil en gestion.

Le Dr Evans note qu’il est tentant de supposer que le risque d’infection est plus faible dans une ville comme Kingston, en Ontario, qu’à Toronto. Il craint ce qui pourrait arriver si les habitants des grandes villes prenaient la route pour une excursion d’un jour, amenant le virus dans une région vulnérable, où il y a peu de cas de la COVID-19.

«Si le virus devait être réintroduit, disons de Toronto ou de Montréal, où il y a plus d’activités, alors il y aurait une population plus importante qui pourrait la contracter.»

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