POLITIQUE
25/03/2020 13:11 EDT | Actualisé 25/03/2020 16:31 EDT

COVID-19: les Québécois invités à mener la plus grande bataille de leur vie

Le premier ministre a également lancé un appel aux «snowbirds».

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Le premier ministre du Québec, François Legault, répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse sur la pandémie de COVID-19, le mercredi 25 mars 2020, à Québec.

Le premier ministre François Legault convie les Québécois à livrer la plus grande bataille de leur vie, en menant une guerre sans merci à la COVID-19.

Au cours de sa conférence de presse quotidienne sur la lutte au coronavirus, mercredi, M. Legault n’avait pas, pour une rare fois, de nouvelles consignes à annoncer à la population.

Il tenait plutôt à réaffirmer à la population, transformée en une «armée de huit millions et demi» de soldats, l’importance d’observer à la lettre les directives gouvernementales, si on veut venir à bout du virus qui continue à faire des ravages, particulièrement chez les personnes âgées.

Le Québec compte actuellement trois résidences pour personnes âgées contaminées par la COVID-19, à Lavaltrie, Sherbrooke et Montréal, d’où la nécessité de continuer à interdire tout visiteur et toute sortie des résidants (sauf sous supervision) de ce type d’établissement.

«Il faut arrêter ça. Il faut limiter le nombre de résidences pour personnes âgées infectées», a dit M. Legault, convaincu qu’il «ne faut pas relaxer les mesures, il faut les garder serrées».

Deux nouveaux décès - dans les deux cas des personnes âgées - ont été enregistrés mercredi, faisant passer le total à six Québécois emportés par le virus depuis le début de la crise.

De mardi midi à mercredi midi, le nombre de personnes atteintes au Québec est passé de 1013 à 1339, en hausse constante.

La guerre contre le virus est donc loin d’être gagnée et les prochaines semaines seront déterminantes.

L’observation stricte des consignes, au premier chef la distanciation sociale, paraît plus importante que jamais. «Faites ce qu’on vous prescrit», a ordonné le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda. Un geste de désobéissance peut devenir une question de vie ou de mort, dit-il.

Dans les jours précédant le 13 avril, soit l’échéance fixée pour la fermeture totale décrétée des entreprises et des commerces, le gouvernement devra décider s’il lève le pied, en allégeant les directives, ou si au contraire il doit les maintenir.

Tout dépendra du rythme de croissance de la courbe du nombre de cas confirmés. Si on a atteint un plateau à ce moment-là, on peut espérer un relâchement de la pression, sinon «on va être obligés de poursuivre» dans la même voie, a prédit le premier ministre.

Nos petits-enfants, dans 20 ans, dans 50 ans, vont se rappeler comment le peuple québécois a réussi, ensemble, à gagner la bataille. On va être fiers de l’avoir gagnée, et je suis convaincu qu’on va la gagner.François Legault

Vu l’importance de l’enjeu, ce dernier a choisi de recourir désormais à la métaphore guerrière pour décrire la situation, se voyant comme le général à la tête d’une armée chargée de combattre l’ennemi viral.

«Ça risque d’être la plus grande bataille de notre vie», a-t-il commenté, se faisant rassurant et optimiste, convaincu que son armée allait remporter la victoire et que chacun pourrait un jour raconter cette «grosse anecdote» à ses petits-enfants.

«On va en parler longtemps, a dit M. Legault. Nos petits-enfants, dans 20 ans, dans 50 ans, vont se rappeler comment le peuple québécois a réussi, ensemble, à gagner la bataille. On va être fiers de l’avoir gagnée, et je suis convaincu qu’on va la gagner.»

Il a demandé aux voyageurs québécois qui rentrent au pays après quelques mois au soleil - ceux qu’on appelle communément les «snowbirds» - de s’isoler dès leur retour pendant 14 jours, de «rester à la maison», pour éviter de potentiellement contaminer leur entourage.

Une fois de plus, il a tenu à nier les rumeurs voulant qu’il manque d’équipement dans les hôpitaux pour la protection du personnel, tout en admettant des «petits problèmes» rencontrés quant à la distribution de ce matériel dans le réseau.

Après quelques semaines de travail ininterrompu, M. Legault prévoit s’accorder une journée de congé samedi. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, devrait prendre la relève.

«La vie continue, a-t-il dit. Il faut essayer de voir après la crise.»

Il s’est dit fier de constater l’élan de solidarité qu’il observe chez de nombreux Québécois qui cherchent à s’entraider.

Les employés du secteur public peuvent dormir en paix: pas de mises à pied en vue de leur côté.

Toilettes pour camionneurs

Pendant ce temps, aux États-Unis, le virus se répand à toute vitesse, particulièrement dans l’État de New York. Pour assurer l’approvisionnement en marchandises, dont les produits alimentaires, de nombreux camionneurs font des aller-retour quotidiennement des deux côtés de la frontière, sans devoir s’imposer une période de quarantaine.

À leur intention, le ministre des Transports, François Bonnardel, est à préparer un plan visant à leur fournir des «endroits sécuritaires», pour «ceux qui ont besoin, par exemple, d’aller aux toilettes”, a dit M. Legault.

«On va comprendre que les camionneurs ont ces besoins-là aussi», a tenu à préciser le premier ministre.

Il rappelle que le Québec a besoin de nourriture en provenance des États-Unis, même si cela représente un risque accru de propager le virus.

Aux propriétaires d’immeubles locatifs, le premier ministre demande de se montrer compréhensifs dans les circonstances, en acceptant que le versement du chèque prévu le 1er avril soit reporté.

Traversiers

La Société des traversiers du Québec (STQ) réduit sensiblement ses opérations dans l’ensemble de ses traverses, dès mercredi.

Certains parcours ne seront offerts qu’aux heures de pointe.

De plus, le service de la traverse Québec-Lévis sera exclusivement piétonnier jusqu’à nouvel ordre, indique la STQ.

À VOIR AUSSI: COVID-19: attention au vapotage et au tabagisme