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PQ: ce que vous avez raté pendant la course à la chefferie

Vous n'avez pas suivi la course? Pas de problème, on vous présente les principales propositions des candidats.
Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon connaîtront le résultat de la course à la chefferie vendredi soir.
Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon connaîtront le résultat de la course à la chefferie vendredi soir.

Vous trouvez que la course à la chefferie du Parti québécois a été longue? Vous n’avez pas tort. Mais en 2020, le temps, c’est relatif.

En raison de la pandémie de COVID-19, l’élection du successeur de Jean-François Lisée a été repoussée du 19 juin au 28 août, puis au 9 octobre.

La majorité de la course s’est donc déroulée cet été puisqu’elle a été suspendue du 28 mars au 5 juin. Bref, il se peut que vous en ayez manqué des bouts pour profiter de notre beau Québec après avoir passé un peu (trop) de temps à la maison durant le printemps.

Le HuffPost Québec s’est entretenu avec les quatre candidats au cours des dernières semaines. On vous présente leurs propositions sur trois enjeux: la souveraineté, la santé et l’éducation.

Faisons donc ce tour d’horizon, du plus au moins «pressé» côté référendum.

GUY NANTEL

Guy Nantel est devenu membre du PQ en février dernier.
Guy Nantel est devenu membre du PQ en février dernier.

Référendum: dans les deux premières années d’un premier mandat

Guy Nantel est le candidat qui propose un référendum le plus rapidement. L’humoriste devenu politicien voudrait élaborer une constitution lors d’une première année de mandat au gouvernement pour ensuite la proposer au référendum.

Pour arriver à convaincre les Québécois que l’option d’indépendance est la meilleure pour le Québec, il veut vulgariser le projet de souveraineté et expliquer les raisons historiques, culturelles, économiques et politiques derrière ce choix.

«Nous sommes un peuple qui n’est pas dans une situation de normalité. Soit que les peuples normalement se battent pour leur indépendance parce qu’ils sont pris en otage ou soit qu’ils sont indépendants. Mais un peuple qui veut être à moitié indépendant, ça n’existe nulle part ailleurs», a-t-il affirmé.

«L’idée n’est pas de considérer le Canada comme un pays ennemi.»

Nantel est ouvert à continuer de partager certaines choses avec le Canada, comme la monnaie, les chemins de fer et la poste. «Si le Canada est ouvert à discuter et à négocier, tout le monde l’est. L’idée n’est pas de considérer le Canada comme un pays ennemi. L’idée c’est qu’on soit deux peuples qui décident volontairement de s’associer et pas qu’un ait le dessus sur l’autre sur les plans juridique, politique et économique.»

Santé:

Guy Nantel propose une réforme régionale pour la prise des décisions en santé. Il créerait 150 territoires qui équivalent aux territoires des CLSC actuels et qui auraient chacun leur propre conseil d’administration «autonome et indépendant». «La livraison de service va se faire par les communautés plutôt que par le ministère», a-t-il expliqué.

Il veut aussi étendre les pouvoirs de certains corps médicaux. «On demande aux médecins quels pouvoirs ils veulent avoir et ensuite on donne les miettes aux autres. Je ne suis pas sûr que ce soit la façon la plus rentable de désengorger le système», a-t-il estimé.

Éducation:

Guy Nantel veut instaurer un système de gratuité scolaire de la maternelle jusqu’au premier cycle de l’université. Si le Québec devient un pays, il compte financer cette mesure avec les sommes d’impôts que les Québécois envoient au fédéral.

Nantel veut aussi valoriser la profession d’enseignant en augmentant les salaires. Selon lui, le problème de la pénurie, c’est le manque d’investissement. «Quand il y aura l’argent, les gens iront se former pour occuper ces postes», fait-il valoir.


PAUL ST-PIERRE PLAMONDON

Paul St-Pierre Plamondon a proposé pendant la course de «démondialiser» le Québec.
Paul St-Pierre Plamondon a proposé pendant la course de «démondialiser» le Québec.

Référendum: au cours d’un premier mandat

Paul St-Pierre Plamondon, qui en est à sa deuxième tentative pour se faire élire comme chef du PQ, croit que l’idée d’indépendance va revenir en force au cours des prochaines années.

Dès son élection comme chef, il propose de lancer un incubateur de recherche pour être «capable de répondre aux questions économiques» qu’entraînerait la souveraineté du Québec, un aspect essentiel selon lui. «Si on n’est pas capable de la mettre en valeur, on se tire dans le pied. Il faut convaincre la population de la validité de notre projet», a-t-il expliqué.

«On ne présente pas assez l’indépendance en fonction des sous.»

L’avocat de formation a déjà prévu ses actions pour les 100 premiers jours de son gouvernement s’il est élu au pouvoir. Il voudrait entre autres créer un ministère dédié à l’indépendance, multiplier les présences diplomatiques à l’étranger et avoir l’équivalent d’une commission Bélanger-Campeau 2.0. Il préparerait aussi un budget de l’an 1 suivant l’indépendance pour que les «conséquences financières soient comprises de la population». «On ne présente pas assez l’indépendance en fonction des sous. C’est payant être aux commandes», a-t-il lancé.

Santé:

M. St-Pierre Plamondon affirme que la dernière réforme des libéraux était «mauvaise», mais il ne voudrait pas en imposer une autre aux Québécois.

Pour lui, l’un des gros problèmes du réseau de la santé est la rémunération à l’acte des médecins. Il propose d’ajuster le modèle de rémunération de ceux-ci, ce qui débloquerait de l’argent pour améliorer les conditions de travail des autres employés de la santé, notamment les infirmières.

Il propose aussi d’abolir le temps supplémentaire obligatoire, de mettre fin à l’incorporation des médecins et de créer un poste de «protecteur des aînés».

Éducation:

Paul St-Pierre Plamondon ne penche pas vers la gratuité scolaire, mais plutôt vers un système accessible à tous avec notamment l’augmentation des bourses au niveau universitaire.

Le plus gros enjeu en éducation est selon lui le système à trois vitesse qui crée un «problème sérieux de discrimination et de justice sociale». Il propose donc de diminuer le financement public des écoles privées, d’améliorer les conditions de travail des enseignants et d’augmenter le budget pour la rénovation des écoles puisque les «investissements actuels [de la CAQ] ne sont pas suffisants».


SYLVAIN GAUDREAULT

Sylvain Gaudreault est député à l'Assemblée nationale depuis 2007.
Sylvain Gaudreault est député à l'Assemblée nationale depuis 2007.

Référendum: au cours d’un premier mandat

Pour Sylvain Gaudreault, la date exacte du référendum n’est pas importante bien qu’il ait confirmé qu’il tiendrait un référendum au cours d’un premier mandat. «Je ne veux pas faire un débat de date, je suis là pour gagner. [...] Ma responsabilité c’est de se préparer et de gagner. Pas de fixer la date», a déclaré le seul des quatre candidats à présentement détenir un siège à l’Assemblée nationale.

Le député de Jonquière veut arriver à l’élection provinciale de 2022 avec des réponses à offrir aux Québécois sur les questions entourant l’indépendance du Québec. Il propose donc de mettre sur pied neuf comités (citoyenneté, relations avec les peuples autochtones, finances et économie, monnaie, services gouvernementaux, continuité des lois, territoire, relations internationales) pour planifier la transition vers un pays. Ces comités seraient mis sur pied tout de suite après son élection comme chef du PQ.

Il dit vouloir s’inspirer de Jacques Parizeau pour une préparation de l’indépendance «stricte et rigoureuse».

Santé:

À court terme pour la gestion de la pandémie, Sylvain Gaudreault propose plus de décentralisation pour que la prise de décision soit faite localement et régionalement. À plus long terme, il suggère deux éléments: la prévention et l’interdisciplinarité.

«Le patient doit être au coeur du système et chaque professionnel de la santé a un rôle à jouer.»

«Le patient doit être au coeur du système et chaque professionnel de la santé a un rôle à jouer. Il faut que le patient lui-même soit un acteur de sa propre santé», a-t-il convenu.

Il ne veut toutefois pas rejouer dans les structures existantes, mais effectuer des changements au niveau de la pratique et des actions sur le terrain.

Éducation:

Sylvain Gaudreault vise la gratuité scolaire jusqu’à l’université et voudrait l’implanter au cours d’un premier mandat au gouvernement.

Il déplore un système à «trois vitesses» au secondaire, soit le privé qui est «subventionné et qui fait de la sélection», le public composé «d’écoles particulières» qui parfois impose des frais accessoires et «qui fait de la sélection» et le «régulier» pour les élèves qui ne sont pas dans les deux premiers.

«C’est un échec de la Révolution tranquille qui voulait un système d’éducation accessible à tous avec l’égalité des chances et la mixité dans les classes sociales. Nous avons dévié de cet objectif. Il faut mettre fin à ça et donner une chance de réussite égale à tous les enfants», a-t-il expliqué.


FRÉDÉRIC BASTIEN

Frédéric Bastien est professeur d'histoire au Collège Dawson.
Frédéric Bastien est professeur d'histoire au Collège Dawson.

Référendum: au cours d’un deuxième mandat

Frédéric Bastien est le seul candidat qui ne propose pas un référendum lors d’un premier mandat. «Insister sur le référendum, ce n’est pas la bonne façon. C’est déconnecté de la population», a insisté le professeur d’histoire.

Sa stratégie: il veut forcer une négociation constitutionnelle avec Ottawa grâce à un vote d’une motion à l’Assemblée nationale. Selon lui, une négociation constitutionnelle est toujours bonne pour le nationalisme. «Quand on parle de constitution, que le Québec fasse des gains constitutionnels ou non, il y a une certitude: l’appui à la souveraineté monte», a-t-il souligné.

«Je crois en la pédagogie par l’action.»

«C’est une mesure forte, concrète et pragmatique. Ce n’est pas du “placotage” ou de la création de comités où on va expliquer la souveraineté. [...] Je crois en la pédagogie par l’action», a-t-il convenu.

Il propose ensuite de régler les questions entourant la transition durant un deuxième mandat et de présenter un référendum.

Santé:

M. Bastien estime que le Québec paie le prix des «années libérales» dans le réseau de la santé et qu’il faut décentraliser. Mais il propose de le faire à l’intérieur des structures existantes pour éviter de faire une autre réforme.

«Il faut donner plus de pouvoir aux paliers proches du terrain», a-t-il suggéré.

Pour ce qui est de la gestion de la pandémie, il déplore que le gouvernement n’ait pas présenté de plans à moyen et long terme en attendant un vaccin.

Éducation:

Frédéric Bastien ne croit pas qu’il est réaliste en ce moment pour le Québec d’implanter un système de gratuité scolaire en raison du déficit.

Le candidat indique qu’il veut mettre fin au «nivellement par le bas» et aux réformes pédagogiques où l’on traite «les élèves comme des cobayes». «Il faut valoriser l’effort et l’excellence, surtout dans le réseau public. Il faut lui donner les moyens et plus d’autonomie pour que [les écoles publiques] puissent offrir des programmes d’excellence comme dans les écoles privées», a-t-il proposé.

Pour aider les gens dans les quartiers défavorisés, il fait valoir que les élèves doivent avoir accès à des programmes qui ressemblent à ceux du privé. Il veut donc donner plus de moyens aux écoles publiques pour y arriver.

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