OPINION
23/01/2020 12:15 EST | Actualisé 23/01/2020 19:53 EST

La semaine des coups montés en direct

Certains ont bien compris le concept, d'autres beaucoup moins...

TVA Sports
Le lutteur PCO était de passage sur le plateau de Dave Morissette cette semaine.

La sphère télévisuelle québécoise a été marquée par deux coups montés en début de semaine.

Le but d’une telle machination est évidemment de créer l’événement, de sortir une émission et ses artisans de leur zone de confort pour, paradoxalement, en tirer un bon coup de pub et ainsi espérer faire grimper les cotes d’écoute.

Du côté de La semaine des 4 Julie, le tout a été particulièrement bien exécuté par un Julien Lacroix au sommet de son art, qui a pris un malin plaisir à jouer l’invité ivre et désagréable au possible afin de tester les capacités de Julie Snyder à faire face aux imprévus et à garder le contrôle de son plateau.

Comme elle l’a indiqué à Hugo Dumas dans les pages de La Presse+, ce mercredi 22 janvier, l’animatrice savait que Lacroix comptait faire un coup d’éclat après avoir reçu sa plaque soulignant les 100 000 billets vendus de son premier one-man-show.

Le producteur Stéphane Laporte a confié pour sa part qu’il pensait à un tel coup depuis le 21 juillet dernier, soit deux mois jour pour jour après l’annonce du retour à l’animation de Julie Snyder. Durant ce superbe moment de malaise télévisuel, Laporte soufflait d’ailleurs dans l’oreillette de Snyder de poursuivre l’entrevue et de ne pas aller à la pause.


Mais un bon stunt doit être déstabilisant, mais court. Il ne faut pas mener le public en bateau trop longtemps.

Ce qui nous amène au cas de la petite prise de lutte que Pierre-Carl Ouellet, alias PCO, a fait subir à Dave Morissette dans le cadre de l’émission Dave Morissette en direct.

En effet, le lutteur et son gérant ont tellement été «offusqués» par le fait que l’animateur ait osé toucher à la ceinture de championnat qu’ils ont décidé de lui faire payer cher en l’écrasant sur une table.

Tout ce qui a précédé et suivi ce moment sentait le coup monté à plein nez. La table et les caméras idéalement placées pour cette manoeuvre, Dave Morissette qui prend le temps d’enlever son veston avant de s’approcher de la ceinture, le sourire complice de Ouellet, l’animateur qui plie les genoux d’un coup sec avant de se laisser placer mollement par le lutteur afin que ce dernier puisse exécuter sa prise.

Jusqu’ici, tout va bien.

Car pourquoi ne pas céder à la tentation de faire une petite démonstration de lutte nourrie au faux drame et à la testostérone lorsqu’on reçoit un professionnel de cette discipline? L’idée se tient.

Le problème, c’est que Québecor a ensuite voulu étirer la sauce en traitant ce moment de télévision, calqué sur les frasques d’Andy Kaufman dans les années 1980, comme s’il s’agissait d’une vraie nouvelle.

Jean-Charles Lajoie s’en est même mêlé après coup durant sa propre émission, mais son intervention était digne d’un mauvais gala de la WWE. Donc ça passe,  même si nous remarquons l’absence de guillemets lorsque TVA Sports parle de «l’agresseur» de Dave Morissette.

Mais Dave Morissette a aussi été interviewé par Mario Dumont sur les ondes de QUB Radio, affirmant qu’il n’était pas au courant de ce qui allait se produire, et que le personnage de Pierre-Carl Ouellet avait tout simplement dû prendre le dessus à cet instant précis.

Parce que rien de tel que de commencer l’année en se faisant potentiellement poursuivre pour voie de fait en direct à la télé.

Dumont en a même rajouté une couche en déclarant que si c’était planifié, alors les techniciens étaient tous d’excellents comédiens. Oui, surtout celui qui fait visiblement tout ce qu’il peut pour ne pas éclater de rire…

Et comme l’a souligné La clique du plateau, des spectateurs crédules ont rapidement exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux, comme certains individus envoyaient des vivres à Radio-Canada pour venir en aide à la pauvre Donalda des Pays d’en haut dans les années 1950.

Dans le jargon, c’est ce qu’on appelle un moyen dérapage.

Mais d’un autre côté, la lutte, c’est vrai… N’est-ce pas?

Mais bon, attendons de voir la suite. Ou pas...

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