NOUVELLES
01/03/2020 10:39 EST | Actualisé 01/03/2020 14:25 EST

Coronavirus au Japon: Diane et Bernard Ménard pourront enfin rentrer au Canada

Leur fille, Chantal Ménard, a indiqué avoir reçu la confirmation très tôt dimanche matin indiquant que le médecin allait signer la décharge de l’hôpital pour sa mère après deux tests négatifs au coronavirus.

Facebook/Diane Ménard
Diane et Bernard Ménard

Après deux quarantaines au Japon depuis une croisière sur le Diamond Princess, les Québécois Bernard et Diane Ménard pourront enfin rentrer au Canada, a laissé savoir leur fille Chantal Ménard.

En entrevue à La Presse canadienne, celle-ci a indiqué avoir reçu la confirmation très tôt dimanche matin indiquant que le médecin allait signer la décharge de l’hôpital pour sa mère après deux tests négatifs au coronavirus.

«Ma mère avait eu un premier test négatif hier, mais on avait décidé de garder ça en famille puisqu’il fallait attendre un deuxième résultat négatif. Puis ce matin à 6 h 00, j’ai eu la bonne nouvelle que le deuxième test est revenu négatif. Le médecin a donc signé l’autorisation pour leur sortie», a raconté Mme Ménard visiblement soulagée après 26 jours de travail acharné auprès des services consulaires et de multiples sorties dans les médias.

Son père est aussi guéri, a-t-elle indiqué soulignant que «les deux ne sont plus porteurs (du virus)».

«C’est la nuit pour eux en ce moment, donc quand ils vont se réveiller, ils vont être transportés à l’hôtel pour une journée ou deux, soit le temps d’organiser le vol pour le retour.»

Il était encore incertain à bord de quelle compagnie aérienne Diane Ménard, âgée de 72 ans, et son conjoint Bernard Ménard, âgé de 75 ans, allaient pouvoir voyager. Chantal Ménard s’attendait toutefois à ce que le couple de Gatineau puisse revenir à bord d’un vol international à l’aéroport Montréal-Trudeau.

«Ma soeur Isabelle va s’occuper des derniers détails avec l’ambassade ce soir, mais ils reviendraient cette semaine. Je les attends avant vendredi», soulignant aussi que ses parents étaient bien accompagnés par des représentants de la Croix-Rouge canadienne et des services consulaires canadiens.

Une troisième quarantaine au Canada?

Encore dans l’attente face aux prochaines procédures à suivre, la famille Ménard ne serait toutefois pas surprise si une autre période d’isolement était imposée au couple de Gatinois à leur retour au pays.

«Ils vont respecter ce qu’ils doivent faire, mais on s’attend à ce qu’ils doivent faire une quarantaine à la maison puisqu’ils ont déjà été soumis à deux quarantaines là-bas (au Japon) et que tout est négatif.»

«C’est sûr qu’on va aller les voir à la maison pour les regarder à travers la fenêtre (rires). On va s’installer sur le patio dehors et on va se faire un toast simultané (rires). On est très content parce qu’à un moment donné on avait perdu espoir, mais il ne faut jamais perdre espoir.»

On pourrait donc penser qu’une page d’histoire va se tourner pour la famille Ménard, mais ce n’est pas encore le cas pour Chantal Ménard, une mère de famille qui a dû travailler de chez elle depuis le 4 février à travers toutes ses démarches entre le Canada et le Japon. Elle soutient qu’elle n’aura la tête tranquille que lorsque tous les autres Canadiens pris au Japon pourront enfin être rapatriés.

«Une partie de mon coeur est restée avec tous les Québécois et les Canadiens qui sont restés là-bas. J’espère que ça leur envoie un message d’espoir.

Je sais que Flavie travaille fort pour Manon Trudel (sa soeur) et son conjoint Julien Bergeron. Je suis là pour eux et pour tous les autres. Il ne faut pas lâcher. Nos Canadiens, il faut les ramener le plus vite possible.»

Les Québécois solidaires

Pendant l’entrevue, on peut comprendre que Chantal Ménard passe par toute une gamme d’émotions. La voix fatiguée, mais avec un esprit combatif, elle ne cache pas avoir eu très peur de perdre ses parents - sa mère souffrant de diabète, d’anémie et d’hypertension et son père étant déjà en rémission de cancer. Ces émotions ont cependant cédé la place au soulagement et aux rires, mais aussi à une grande reconnaissance.

«J’aimerais remercier tout le Québec en entier! Si vous saviez tous les messages de compassion que j’ai reçus de gens que je ne connais même pas. J’ai vraiment senti que tout le monde était avec nous là-dedans, comme si c’était leurs propres parents et ça me touche beaucoup.»

En attendant de pouvoir éventuellement les serrer dans leurs bras, le couple Ménard aura bien des histoires à raconter. Si Bernard et Diane Ménard sont des habitués des voyages en croisière dans le monde, leur dernier périple en Asie sera sans doute le plus mémorable pour des raisons évidentes.

«On ne parlait pas du virus à ce moment-là lorsqu’ils ont décidé de faire cette croisière en décembre. Ils sont partis le 4 janvier. Ils ont passé un mois en Asie et ils devaient revenir le 4 février (...) On ne les a pas vus depuis les Fêtes! On a hâte», conclut Chantal Ménard.

À VOIR AUSSI: Dix conseils face au coronavirus