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21/03/2020 07:23 EDT

Coronavirus: La frontière canado-américaine officiellement fermée aux migrants

Trudeau a assuré que son gouvernement poursuit ses efforts auprès de lignes aériennes pour ramener les Canadiens coincés à l’étranger.

ASSOCIATED PRESS

La frontière canado-américaine est maintenant fermée pour tout voyage non essentiel, y compris aux migrants qui traversent au chemin Roxham. L’interdiction est officiellement entrée en vigueur sur le coup de minuit.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi matin qu’à partir de minuit, les migrants seraient remis entre les mains des autorités américaines et ne pourront pas entrer au Canada.

La veille, pourtant, Ottawa avait annoncé que les demandeurs d’asile seraient logés par le gouvernement fédéral pour la période de 14 jours d’isolement demandée à tous les voyageurs, évitant ainsi une querelle avec Québec qui ne voulait pas assurer leur logement.

«Ça faisait plusieurs années qu’on était en discussions avec les Américains pour trouver une mesure comme celle-ci. On a pu se mettre d’accord sur ce processus, de façon temporaire, liée à cette crise de la COVID-19», a dit M. Trudeau pour expliquer ce changement soudain.

Une heure plus tard, son ministre de la Sécurité publique confirmait, en conférence de presse à Ottawa, que l’entente avec les États-Unis est «temporaire».

Elle sera maintenue seulement «aussi longtemps que les restrictions sur les voyages non essentiels sont en place», a déclaré Bill Blair. La vice-première ministre Chrystia Freeland a fait savoir que 90 migrants, au Canada depuis moins de 14 jours, sont maintenant pris en charge par Ottawa pour assurer leur logement en isolement.

Pour ce qui est de la fermeture de la frontière à tout voyage non essentiel, les ministres ont dû répéter que les travailleurs temporaires étrangers et les étrangers qui ont des visas d’étudiant ou de travailleur sont considérés comme se prêtant à des voyages essentiels. Ils peuvent donc traverser les frontières.

On a rapporté quelques cafouillis aux aéroports.

«Pour ce qui est de l’incertitude aux frontières à propos des règles, je crois que nous devons tous avoir un peu de patience. (...) Ceci est une période exceptionnelle», a plaidé la vice-première ministre Chrystia Freeland.

Les rapatriements

M. Trudeau a assuré que son gouvernement poursuit ses efforts auprès de lignes aériennes pour ramener les Canadiens coincés à l’étranger. «Un premier vol pourrait partir du Maroc en fin de semaine», a-t-il annoncé.

En début soirée, Air Canada a d’ailleurs confirmé qu’un de ses appareils ramènera samedi des Canadiens depuis le Maroc, en collaboration avec Affaires mondiales Canada.

Un gros-porteur d’une capacité de 450 places sera affecté à ce vol Casablanca-Montréal.

Vendredi à l’aube, des Canadiens qui ont pu débarquer à Marseille d’un autre bateau de croisière infecté, le Costa Luminosa, avaient atterri à Atlanta. Ils sont 70 et rentrent au pays «sur des vols commerciaux», a fait savoir le bureau du ministre Champagne.

Au retour, «on va leur demander, comme les autres voyageurs, de s’isoler pendant 14 jours», a-t-on indiqué. Et «oui», on juge prudent de ne pas leur imposer une quarantaine.

Le dernier groupe de passagers d’un bateau de croisière à avoir été rapatrié — les 228 Canadiens à bord du Grand Princess — est en quarantaine à Trenton depuis le 10 mars. On compte maintenant 12 personnes atteintes de la COVID-19 dans ce groupe, qui avait été rapatrié dans un avion affrété par Ottawa, ce qui a assuré une quarantaine stricte de 14 jours.

À l’heure où on impose le confinement dans différents pays, le premier ministre Trudeau dit qu’il n’en est pas question pour le Canada. Mais là encore, «rien n’est exclu», a répété le premier ministre avant de féliciter les Canadiens qui pratiquent de plus en plus la distanciation sociale.

M. Trudeau continue de travailler de sa résidence puisque sa conjointe a contracté le virus.

Nombre de cas

Le nouveau coronavirus a emporté un 13e Canadien.

Cette personne, hospitalisée au Japon, était du voyage du Diamond Princess, le navire de croisière qui a été coincé le mois dernier alors que les cas d’infections se multipliaient à bord.

«C’est avec profonde tristesse que nous apprenons le décès d’un Canadien au Japon, suite à des complications liées à la COVID-19», a écrit le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, sur son compte Twitter vendredi matin.

Le bureau du ministre n’a donné aucun détail sur l’identité de cette plus récente victime canadienne de la COVID-19. On a simplement indiqué qu’il reste cinq Canadiens hospitalisés au Japon. Ils ont été plus de 50 à être recueillis par les hôpitaux japonais.

En fin de journée, la Colombie-Britannique a rapporté 77 nouveaux cas de la COVID-19, ce qui a porté le bilan à 348 cas dans la province et à 1085 cas dans l’ensemble du pays.

Le ministre de la Santé, Adrian Dix, a précisé que 22 patients sont aux soins intensifs et que la province ne ménagera aucun effort pour s’assurer qu’elle dispose de l’équipement nécessaire pour protéger les travailleurs de la santé et les autres travailleurs essentiels.

De son côté, l’Ontario a annoncé qu’il en était à 318 cas, dont deux morts. Il y a maintenant au Québec 139 cas, en comptant Mariette Tremblay, la dame âgée décédée à Lavaltrie.

Le Manitoba a déclaré à son tour l’état d’urgence.

Vendredi, on ajoutait deux cas de plus chez les Canadiens mis en quarantaine à la base militaire de Trenton depuis leur rapatriement d’un navire de croisière qui longeait la côte californienne. Douze d’entre eux sont maintenant malades.

Par ailleurs, le ministre Champagne met fin à son isolement volontaire. Il a reçu un résultat de test négatif pour le nouveau coronavirus.

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